La finance anonyme est une catastrophe

La finance contemporaine est devenue un commerce de « produits financiers », elle oublie la relation humaine entre créancier et débiteur qui fait de l’entreprise autre chose qu’une machine à cash.

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La finance anonyme est une catastrophe

Publié le 20 avril 2014
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La finance contemporaine est devenue un commerce de « produits financiers », elle oublie la relation humaine entre créancier et débiteur et l’affectio societatis qui fait de l’entreprise autre chose qu’une machine à cash. Cette évolution s’est révélée être catastrophique. Le relationnel doit réinvestir la finance.

Par Jacques Bichot.

finance entrepriseJacques de Larosière a été, entre autres responsabilités, directeur du trésor, directeur général du FMI, et gouverneur de la Banque de France : peu d’hommes ont une expérience équivalente de la finance et de son rôle dans l’économie. Quand il écrit dans Les Échos du 2 avril que « la relance de la titrisation en Europe devient urgente », sa recommandation a du poids. Elle contribue à justifier une façon de faire consistant à transformer des relations financières en produits financiers, c’est-à-dire à faire des engagements entre agents des sortes d’objets que l’on peut acheter et vendre sur des marchés.

Or, cette chosification des relations financières a joué, et continue à jouer, un rôle déterminant dans les malheurs qui s’abattent depuis trois décennies sur les économies des pays développés et ipso facto sur leurs populations. En raisonnant systématiquement en termes de « produits financiers » et en adoptant les pratiques qui correspondent à ce concept, nous nous sommes tiré une balle dans le pied. Ce qui suit va, sinon le démontrer – cela nécessiterait de longs développements – du moins poser le problème, en espérant que des praticiens et des « sages » comme Jacques de Larosière se mettront à y réfléchir.

Tout financement est une relation entre deux entités. Quand ce financement est très volatile, comme un dépôt à vue dans une banque, le titulaire du compte n’est pas souvent un prêteur conscient et volontaire, mais néanmoins il ne devrait pas oublier que son débiteur peut faire faillite, et de ce fait il ne serait pas mal venu qu’il s’intéresse un peu à ce que fait sa banque grâce au crédit qu’il lui accorde. Cet intérêt porté à son débiteur s’accroîtra logiquement s’il possède sur lui des créances plus stables, prenant la forme de comptes d’épargne, de comptes à terme, de bons ou obligations. Et s’il envisage d’emprunter, ce sera une raison de plus pour raisonner en partenaire de cette firme avec laquelle il réalise une pluralité d’opérations. Tout cela est vrai que le client de la banque soit une entreprise ou un particulier.

Nous avons là une finance personnalisée, c’est-à-dire que les créances ne sont pas des « actifs financiers », des biens assimilables à des objets de valeur, des substituts de métaux précieux ; il s’agit de relations nominatives entre deux agents. Le métier d’un banquier est précisément d’entretenir avec son client, débiteur ou créditeur, une relation suivie comportant des échanges d’informations, des opérations multiples de remboursement et d’emprunt. Les créances de la banque ou sur la banque ne sont pas à proprement parler des « actifs financiers », terme qui suggère l’anonymat, mais des relations de coopération destinées à être profitables aux deux parties.

Ce que l’on appelle, fort improprement, la « désintermédiation » est le remplacement de ces relations personnalisées par des relations anonymes qui deviennent des biens négociables. Le vocabulaire est trompeur, car généralement un intermédiaire existe entre l’agent qui est au point de départ du financement et celui qui en bénéficie ; par exemple, un OPCVM ou un fonds de pension s’intercale entre le ménage qui épargne et l’entreprise ou l’administration qui a émis des actions ou des obligations. Le fonds détient ces titres et l’épargnant détient des parts du fonds.

Dans cette finance indirecte, le financeur ultime (épargnant, travailleur préparant sa retraite par capitalisation, etc.) ne sait pas quels agents bénéficient de son épargne : il possède simplement une part d’un portefeuille d’actifs financiers, des biens abstraits d’où la dimension humaine a été évacuée. Il n’est pas intéressé par les agents qu’il finance à travers le fonds : créances et titres de propriété sont pour lui des actifs impersonnels gérés par le fonds au mieux de ses intérêts – du moins est-ce ce qui lui a été promis et qu’il espère.

Cette manière de voir les choses va se retrouver chez les gestionnaires du fonds : chez eux, pas d’affectio societatis pour les entreprises dont ils ont fait acheter les actions par le fonds, pas de sentiment de citoyenneté à l’égard des États dont le fonds détient des obligations. Il n’importe même pas que les sociétés et les pays financés soient bien gérés et destinés à rester ou devenir prospères : la seule chose qui compte est de réaliser des gains se comparant honorablement à ceux des autres fonds, que ce soit en percevant dividendes et intérêts ou en engrangeant des plus-values de cession ou en pratiquant des opérations sur produits dérivés (qui permettent le cas échéant de tirer profit de la baisse d’un titre). Les titres ne constituent qu’une matière première qu’ils travaillent pour que le fonds en retire un revenu, dont eux-mêmes bénéficieront sous forme de primes.

Dans ces conditions, le portefeuille du fonds peut aussi bien comporter des actifs plutôt assuranciels ou spéculatifs, particulièrement des produits dérivés, qui sont à tort mélangés dans les statistiques avec les créances et les titres de propriété. Les hedge funds se spécialisent dans la constitution de tels portefeuilles, mais il n’est plus guère de fonds qui n’incorpore, souvent par effet de mode, un certain pourcentage de produits dérivés.

La finance est ainsi devenue un univers abstrait où il est de moins en moins question de réalités économiques et humaines telles que des infrastructures, des bâtiments, des outils de production, des moyens de transport, des circuits de distribution, des brevets, des savoir-faire, et des équipes. Destiné à organiser la production et la consommation, l’outil monétaire et financier s’est développé d’une façon qui l’éloigne de sa fonction véritable. Les « produits financiers » négociables sur des marchés ont remplacé les relations financières entre agents qui permettent de coordonner leurs actions.

Pretty Woman

Les chrétiens ont, pour désigner ce phénomène, une expression assez heureuse : ils disent que l’argent, au lieu de rester serviteur, devient le maître. L’argent serviteur, c’est la finance qui relie des personnes, des entreprises et des administrations pour leur permettre une action souplement coordonnée. L’argent maître, c’est celui qui fait lui-même des petits, au lieu de faciliter la production de biens réels et de liens entre les hommes. Garry Marshall, dans son film Pretty Woman, où il conclut que l’argent est fait pour permettre à un entrepreneur de construire « de bons gros bateaux » plutôt que pour réaliser des profits sans rapport avec la réalité, est peut-être le meilleur adaptateur cinématographique de la doctrine thomiste de l’argent ! À moins que ce ne soit a contrario Carol Reed et Graham Green, avec The Third Man, où du haut de la grande roue de Vienne un trafiquant de pénicilline frelatée explique que ces fourmis (les hommes) que l’on aperçoit en bas ne comptent guère : quelle importance si l’on en écrase quelques-unes ?

Quoi qu’il en soit, c’est le Richard Gere d’avant sa conversion par Julia Roberts qui triomphe aujourd’hui. Il suffit d’ouvrir une revue destinée à guider les épargnants ou une publicité cherchant à les appâter pour se rendre compte à quel point la réalité sous-jacente est perdue de vue. Le mot « sous-jacent » est d’ailleurs éclairant : une entreprise, un État, un stock de pétrole ou de blé, un bien immobilier, n’est plus que le sous-jacent d’un produit financier dont seul compte l’espérance de rendement et la volatilité.

La titrisation des crédits bancaires sert surtout à cette transformation de crédits relationnels, entre de vrais ménages ou de vraies entreprises, et de vraies banques, en des titres désincarnés – des « produits financiers ». Les refinancements nécessaires pourraient s’effectuer sans recourir à cette technique déshumanisante qui a conduit à la tragique affaire des subprimes : les prêts interbancaires sont faits pour cela, et les banques centrales ont montré leur capacité à emprunter massivement aux établissements ayant des excédents de ressources clientèle pour prêter tout aussi massivement à ceux qui en manquent lorsque les banques, cessant d’avoir confiance les unes dans les autres, rechignent à se prêter directement les unes aux autres.

Et surtout, nous devrions prendre des dispositions pour développer la détention directe d’actions et d’obligations par les ménages. Il n’est pas sain que la quasi-totalité du financement des États par les ménages transite par l’assurance vie, et que les petits porteurs d’actions se raréfient. La finance est devenue une ploutocratie technocratique ; il serait bon qu’elle évolue dans le sens de la démocratie.


Publié initialement par Le Cercle-Les Échos.

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  • Mouais. Je ne suis pas convaincu non. Ce que je vois, c’est qu’il y a des pays où ça marche, et d’autres où ça ne marche pas. Or, la vilaine finance de la mort qui tue, à vrai dire, elle est partout. Si elle était la cause, les effets devraient être les mêmes partout. D’ailleurs c’est même plutot l’inverse qui se passe, les pays les plus financiers sont souvent ceux qui connaissent le moins de chômage…

    Personnellement, j’ai une famille. Et chez nous, la cellule familiale a bien résisté aux nombreuses attaques des gouvernements. De fait, je n’ai pas besoin que mon banquier ou mon patron fasse preuve de sentimentalisme à mon égard. Je m’en fous. Ce besoin d’aller rechercher un peu d’affection chez un banquier ou un supérieur hiérarchique montre surtout un manque d’affection par ailleurs.

    D’autre part:
    « La finance est ainsi devenue un univers abstrait où il est de moins en moins question de réalités économiques et humaines telles que des infrastructures, des bâtiments, des outils de production, des moyens de transport, des circuits de distribution, des brevets, des savoir-faire, et des équipes.  »

    Ici se révèle simplement votre méconnaissance du système actuelle, ni plus ni moins. Il n’y a rien d’abstrait là dedans. Même moi, qui ne possède pas de portefeuille d’action, qui suis « extérieur » à ce monde, je crois pouvoir dire que je le comprend. Peut être parce que, même si je ne le pratique pas, j’ai pris la peine et le temps de me renseigner sur les choses. Et quand on le fait, on se rend compte que ce qui paraissait abstrait devient en vérité clair.
    D’ailleurs quand vous dites que la finance ne tient plus compte des réalités économiques, humaines, des investissements etc, vous êtes très loin du compte. Il suffit de voir le nombre de PDG de grandes boites qui se font virer comme des malpropres (et le méritent) car justement, ils ont voulu serrer à fond le budget dépenses, pour présenter des chiffres plaisants aux actionnaires, qui eux y voient en réalité une absence d’investissement et donc de croissance future. La boite où travail mon beau frere est dans ce cas. C’est un multi-nationale, très connue, donc je tairais le nom. Le PDG change tout le temps. Et a chaque ils se font virer pour la même raison: ils virent des salariés, refusent d’acheter du matériel pour qu’ils puissent travailler et n’investissent donc jamais. Le tout pour présenter des comptes avec de gros excédents en fin d’année et verser de gros dividendes, pensant ainsi plaire aux « financiers ». Mais le problème, c’est que ce sont des gens comme vous, qui se méprennent sur la finance et ne connaissent pas réellement ce monde, d’où l’incomprehension, et ils se font sanctionner systématiquement. Croire que les financiers n’attendent que des dividendes sans faire attention au futur et donc aux investissements est une énorme erreur qui a couté leur place à nombre de mauvais PDG.

    L’incompréhension trop fréquente des dirigeants d’entreprise vis à vis de la finance n’est pas du fait de cette dernière, c’est leur aveuglement qui leur porte préjudice.

    • En effet, je ne crois pas que le problème réside dans l’anonymat, mais dans ceux qui utilisent ce système anonyme en croyant qu’il est autre chose que ce qu’il est. L’anonymat garantit que les facteurs non pertinents seront gommés, il ne garantit pas un fonctionnement automatique sans que soit nécessaire l’intervention des parties prenantes humaines aux extrémités de la chaîne.

      Si certains se font escroquer par des bonimenteurs dans les foires, ce ne sont pas les foires qu’il faut interdire, ni obliger à tout traiter de particulier à particulier, ce sont les croquants qu’il faut instruire, former, et inciter à définir leurs souhaits et besoins et à analyser les offres. Les intermédiaires sont utiles, indispensables même, les problèmes surviennent quand on oublie que ce sont des intermédiaires et qu’ils ne sont qu’une partie de la chaîne.

  • les marchés financiers ne seront JAMAIS à la portée du premier venu ou particulier. C’est une illusion et ce texte est un encouragement à la faillite personnelle.

    Est-ce que moi-même je me permets de m’improviser électricien auprès de la concurrence du jour au lendemain ? Je me ferais annihiler très vite. c’est exactement la même chose en finance.

    Les marchés sont l’affaire d’experts et jouer contre eux est impossible sans devenir soi-même expert comme dans tout marché. Sinon les dits marchés ne seraient pas optimums et ne garderaient pas les meilleurs des meilleurs.

  • « Jacques de Larosière a été, entre autres responsabilités, directeur du trésor, directeur général du FMI, et gouverneur de la Banque de France : peu d’hommes ont une expérience équivalente de la finance et de son rôle dans l’économie. »

    il a beaucoup moins d’expérience que quelqu’un qui a financé quelque chose avec son propre argent !

    • Il a effectivement une expérience dans le dévoiement de la finance et sa « régulation » (toujours en retard d’une ou deux guerres), ce monsieur, pas dans sa pratique, encore moins sa pratique véritable.

  • Dans le dernier paragraphe, un point intéressant.
    Quand je vais a la banque, on me propose des placements complexes qui rapportent peu et sont très taxés, ou d’autres placements apparemment rentables et en plus exonérés de taxes. On se dit « génial je le prends » et c’est la que les problèmes commencent.
    Quand l’état offre un rabais fiscal sur les assurances vies, tout en imposant ses réglés aux institutions financières c’est une forme de dictature. On n’est plus libre de choisir nos placements.

    Pour le reste l’article témoigne, selon moi, d’un sérieux manque de connaissance du monde la finance.

  • Moui.

    Mais en fait pas du tout.

    La finance est une activité commerciale comme un autre, mais le commerce qui est fait est le commerce de l’argent, enfin des ressources financières. Comme pour toute activité de commerce, il y a un marché ou des marchés, sur lesquels une offre et une demande se rencontrent. Une offre de financement qui vient des ménages, et qui correspond au produit du travail excédent les besoins et ou désirs de consommation immédiate. Cet argent est donc apporté pour permettre un lissage de cette consommation, les ménages renoncent à l’utiliser pour un temps en échange de la possibilité de consommer plus, plus tard.
    En face, d’autres agents économiques, regroupés sous forme d’entreprises et d’Etats. Ces agents eux ont des besoins de financement immédiats et pensent pouvoir en tirer des ressources plus tard. L’offre de fonds rencontre alors la demande de fonds, sur des maturités différentes (les horizons où ménages veulent déporter leur consommation, et où les entreprises estiment que leurs investissement payeront).
    Ce marché est rendu plus complexe (mais quel marché ne l’est pas, sinon ceux fictifs des néo-classiques et autres keynésiens) par le fait que les projets de entreprises sont plus ou moins risqués et que les ménages pour une part de leur épargne sont près à supporter plus de risques pour avoir une possibilité de consommation accrue à l’avenir.

    Ce marché peut prendre deux formes de base : le prêt (instruments dits de taux) et l’investissement direct (l’achat d’actions des entreprises). Cependant, sur ce marché, comme sur d’autres, il peut être nécessaire de s’assurer pour éviter de mauvaises surprises à un certain horizon, ou au contraire on peut vouloir prendre des risques plus importants pour profiter de son anticipation (que l’on juge meilleure que celle d’autrui). Rien de bien spécial, rien que ne nécessite une forme d’affectio societatis, de même que je n’ai pas à aimer Google pour consommer leurs biens et services. Cependant les assureurs traditionnels n’arrivent pas à offrir des produits corrects car ils ont une maitrise des outils financier plus faible que celle des banques (enfin, pas toujours). Les banques jouent donc le rôle d’assureur et offrent des « instruments dérivés » qui correspondent aux polices classiques. Parfois ils ont l’air très complexes, mais ça reste de l’assurance : un transfert de risque et une mutualisation de ce dernier au moyen d’une entreprise centralisant les expositions d’autrui.

    Il y a même des « ‘réassureurs ». Mais ces derniers ne sont pas en concurrence entre eux, au contraire ils se sont arrogé un monopole et se posent en « régulateurs » des banques : ce sont les banques centrales. Étant juges et parties et agissant pour le compte de l’État qui est également juge et partie (rappelons qu’il est un des demandeurs les plus importants sur le marché des fonds), il y a collusion, conflit d’intérêt, distorsion de la concurrence, et au final introduction d’un « risque systémique » renforcé par des barrières à l’entrée qui prétendent le juguler.

    Rien de « vilain » dans le système financier. Rien d’anonyme (en tout cas de plus anonyme que sur n’importe quel autre marché). Rien de spécifique, non rien de rien.

    L’argent est un bien comme un autre (faut lire Hayek ou Rothbard plutôt que le Monde pour comprendre ça, mais quand on est docteur en mathématiques et en économie ça doit être possible… Moi qui ne le suis qu’en mathématiques, et appliquées qui plus est, j’y arrive bien). Quiconque prétend le contraire fait le jeu du Léviathan et des malheurs qu’il apporte avec lui.

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