L’arme à 3 coups de Valls : le futur n’a qu’à bien se tenir !

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Le programme incohérent fixé par François Hollande à Manuel Valls sera vite abandonné.

Un billet d’humeur de Nicolas Nilsen.

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Vous le savez maintenant, depuis le temps qu’on vous le répète : après Ayrault — qui était un « gouvernement de débat » (et de blabla) — le Gouvernent Valls sera un gouvernement de combat ». On ne rigole plus et Hollande lui a fixé trois objectifs : (a) le « pacte de responsabilité ». Pan ! (b) le « pacte de solidarité » : Pan ! (c) Et le redressement des finances publiques : Pan ! Et ça va aller très vite : Pan ! Pan ! Pan ! Fini le fatalisme, la résignation ou la défiance ! Fini Ayrault Ran Plan Plan. Désormais c’est un Gouvernement de combat : Pan, Pan, Pan !

Ce fusil tirera malheureusement deux coups seulement, pas trois !

  • Premier coup : le « pacte de responsabilité » – Pan ! Fastoche et tout va se dérouler comme prévu. La communication est déjà en place : à droite, on accordera des petits susucres aux entreprises (qui diront que ce n’est pas assez pour redevenir compétitives), et à gauche on donnera les petits susucres des « contreparties ». Chacun aura donc son petit susucre et le lapin sorti du chapeau s’écroulera raide mort : Pan ! Peu importe le résultat tragique pour la France puisque l’essentiel du coup est uniquement de sauver la face de Hollande : il aura fait son « Pacte » et, même si ça ne marche pas, les médias seront sous le charme de cette belle ingéniosité étatique.
  • Deuxième coup : le « pacte de solidarité » – Pan ! Fastoche également. Là aussi toute la communication est prête : ce sera le blabla éternel sur « l’exigence de justice sociale, le renforcement du pouvoir d’achat, la réduction des prélèvements sur le travail »… Vous connaissez la petite musique du rituel républicain qui ressemble à ces vieux baromètres qu’on voyait dans les campagnes à l’époque : ou bien c’est le gros monsieur du mauvais temps qui sort avec son bâton, ou bien c’est la dame qui sort avec son parapluie… Là (vous savez que c’est l’homme du compromis) Hollande sort à la fois la bâton et le parapluie. Les Français adorent !
  • Troisième coup : le « redressement des finances publiques » – Wow, wow, wow ? Mais, Chef, c’est quoi ce truc que vous nous inventez là ? On ne peut pas tirer, sinon on se tire une balle dans le pied ! Le redressement des finances publiques ce n’est pas un lapin qu’on peut tirer à coup de communication gouvernementale ! Tirer ce serait réformer, ce serait faire des économies, diminuer les dépenses publiques, réduire le périmètre de l’État, ce serait s’attaquer à l’organisation de nos territoires, ce serait supprimer des régions (et on est si bien dans nos « Hôtels de région »), ou supprimer des préfectures ou des sous-préfectures (et nos beaux préfets alors ?)… Tirer ce coup ce serait s’attaquer à notre bel État ! réduire la dette… Donc, là, je vous le dis carrément : ce coup-là, désolé chef, mais on ne le tire pas !

D’ailleurs regardez, on a un autre modèle à vous proposer…

Fusil à deux coups

Vous voyez, deux coups seulement : (a) le pacte de responsabilité et (b) le pacte de solidarité. Même pas la peine de tirer le troisième coup sur les finances publiques ! D’ailleurs pourquoi s’emmerder avec ce truc de fous qui va nous mettre tout le monde à dos alors qu’il suffit d’envoyer Sapin à Bruxelles pour exiger des délais et mettre l’Europe à genoux… Tellement plus fastoche de mettre la poussière sous le tapis ! Et si les Français ne sont pas contents, on dissout, et ce sera la droite qui fera le sale boulot. Du temps libre pour faire du scooter. Cool non ? Allez chef, du courage : deux coups seulement !

Avec François Hollande, ce qui est bien — comme disait Edgard Faure — c’est que « l’immobilisme est en marche. Et rien ne pourra l’arrêter ».

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