L’Union européenne et la Suisse ont autant besoin de l’une que de l’autre

Selon Cohn-Bendit, les Suisses reviendront à genoux devant l’Union européenne. Vraiment ?

Par Francis Richard, depuis la Suisse.

Daniel Cohn-Bendit dans ses gesticulations.
Daniel Cohn-Bendit dans ses gesticulations.

Avant-hier, au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit a dit que les Suisses reviendraient à genoux devant l’Union européenne, après le vote du 9 février 2014 contre l’immigration massive. Comme je fais partie des quelque 49,7% de Suisses qui ont voté contre cette initiative étatiste, je suis d’autant plus à l’aise pour dire que cela ne sera pas le cas.

Pourquoi les Suisses le feraient-ils ? Parce que les exportations de la Suisse vers l’Union européenne représentent 65% de ses exportations (en fait 68,3% en 2009). Ridicule. C’est là la magie des chiffres macro-économiques. On voit les grandes masses, on ne voit pas les échanges individuels. Or ce sont les échanges individuels qui font les échanges globaux…

Mais, allons juste un moment sur le terrain de Daniel Cohn-Bendit, converti récent à la libre circulation des personnes, et qui comme tous les néophytes veulent montrer qu’ils sont les plus zélés…

Daniel Cohn-Bendit sait-il que la Suisse, avec 9,20% des échanges, est le troisième partenaire commercial de l’Union européenne après les États-Unis (20,50%) et la Chine (10,90%) ? Sait-il que la Suisse, avec 7,10% des échanges, est le quatrième partenaire commercial de l’Union européenne pour les marchandises après les États-Unis (15,90%), la Chine (13,00%) et la Russie (7,90%)? En 2009, l’Union européenne a exporté davantage de marchandises vers la Suisse (88,6 milliards €) qu’elle n’en a importé d’elle (73,8 milliards €)… Sait-il que la Suisse, avec 12,80% des échanges, est le deuxième partenaire commercial de l’Union européenne pour les services après les États-Unis (28,40%) ?

Alors, bien sûr, l’Union européenne, oublieuse de ses propres intérêts, peut très bien se faire l’illustration de la morale du fabuliste, selon laquelle la loi du plus fort est toujours la meilleure. Ce faisant, ne devrait-elle pas se méfier de l’effet boomerang que cela pourrait bien produire de la part des petits pays qui la composent ?

D’autant qu’en mai prochain ont lieu les élections au Parlement européen…


Sur le web.

Les chiffres de cet article relatifs aux échanges entre l’UE et la Suisse proviennent du site europa.eu.