Belgique : quand l’administration s’apprête à exécuter 34 chiots

Chiot (Crédits : Kayhadrin licence Creative Commons)

Nouveau scandale : 34 chiots risquent d’être exécutés par l’administration en Belgique pour un tampon manquant.

Par Olivier Laurent, depuis la Belgique.

Chiot (Crédits : Kayhadrin licence Creative Commons)La réalité et les administrations n’ont jamais fait bon ménage, mais cette fois-ci cela tourne à des carnages à répétition en Belgique. Depuis samedi dernier, 34 chiots et environ autant de chats sont maintenus en quarantaine et sans nourriture sur une péniche ; il est interdit de s’en approcher. Ils vont être très probablement  tous « détruits ».

Une bénévole, Mieke, présidente de l’asbl De Poezenboot, s’est décidée depuis des années à sauver des chats et chiens de rue en Grèce. Elle va périodiquement en Grèce avec son véhicule. Elle y recueille des chats et des chiens abandonnés à leur sort dans les rues. Elle les fait vacciner et soigner par des vétérinaires. Elle se charge de toute la bureaucratie, obtention des passeports, certificats de vaccination, etc.

Une fois toute la paperasse remplie et les animaux soignés, elle remonte en Belgique et elle leur trouve des familles d’accueil. Admirable n’est-ce pas ? De toute évidence, pas pour tout le monde, en particulier pour l’administration belge : le système fonctionnait bien depuis des années, jusqu’à la semaine passée où cela se termine en un cauchemar dont seul l’État a le secret.

Lors d’un contrôle des passeports des animaux, un fonctionnaire particulièrement zélé a trouvé un des documents Trace, nécessaires à l’importation d’animaux en Europe, auquel il manquait un tampon pour un vaccin précis. Il a alors bloqué l’intégralité de la « cargaison » ainsi que tous les animaux du refuge qui se trouvent sur une péniche. Selon la représentante de l’association que nous avons jointe, le fonctionnaire interdit à quiconque de s’en approcher. Les animaux sont depuis samedi laissés à leur sort sans nourriture et probablement sans eau. On ne peut que remercier la providence pour les pluies ininterrompues cette semaine, sans lesquelles il est fort probable qu’à ce jour ils seraient tous morts de soif.

L’administration, déjà critiquée pour avoir fait exécuter un chien espagnol recueilli par une famille belge, a décidé de prendre les devants et a informé directement la presse. Selon l’association, elle a pris grand soin de masquer la réalité en jouant sur des conditionnels, expliquant que la dame se livrait « probablement » à un trafic illégal et qu’elle utilisait « probablement » des faux passeports.

Interrogé par le journal belge La Dernière Heurel’administration dresse toutefois un tableau différent : « Il est très difficile de savoir quel document correspond à quel chien, quel est leur âge, leur origine. On ne sait pas si les vaccinations ont été faites en Belgique ou en Grèce. En plus, le document Trace spécifiait qu’il s’agissait de 34… antilopes ! », selon le porte-parole Jan Eyckmans.

Les gens qui connaissent les pratiques de ce genre d’administration disent que ces animaux ont une expérience de vie de plus ou moins 48 heures. Dès que l’administration décide de les « détruire » il n’y a plus aucun recours légal possible. Autant dire qu’il ne reste que la pression populaire pour sauver ces petits êtres de la folie bureaucratique. Vous pouvez donc partager autant que vous le pouvez, informez vos amis et connaissance de la petite tragédie qui va très probablement se dérouler dans moins de 48 heures si personne ne réagit.

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