L’impôt est-il là pour punir ?

69% des partisans du Labour Party voudraient un taux d’imposition à 50% sur les hauts revenus, même si ça ne rapportait pas d’argent.

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Impôts (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

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L’impôt est-il là pour punir ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 février 2014
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Par Daniel Hannan, depuis le Royaume-Uni.

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Méditez sur le graphique ci-dessous. 69% des partisans du Labour Party voudraient un taux d’imposition à 50% sur les hauts revenus, même si ça ne rapportait pas d’argent.

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Bien sûr, ils contesteraient la supposition. Ils insisteraient sur le fait que cela rapporterait de l’argent. Et, ils le croiraient un peu. C’est la nature humaine de partir du résultat que l’on souhaite, puis de le rationaliser avec ce qui ressemble à des données concrètes. Je pense que leur rationalisation serait fausse évidemment – une fois que les conséquences sur les comportements face à l’impôt sont présentes, cela représente une perte nette sur les recettes – mais je pourrais avoir un biais dans l’autre sens.

Quoi qu’il en soit, mes articles ne sont pas des articles de statistiques – même si j’en ai déjà posté un sur le sujet. Non, ce sont des articles sur l’état d’esprit des gens qui voient l’impôt, non pas comme une nécessité désagréable, mais comme un moyen de punir les autres.

L’envie est une maladie ignoble, mais elle semble avoir une base évolutionniste et biologique. Le dosage varie énormément d’un individu à l’autre, mais même les nourrissons font souvent preuve de l’idée que s’ils ne peuvent avoir quelque chose, personne ne doit l’avoir. S’ils en avaient le vocabulaire, ils expliqueraient cela par des « raisons morales », comme les 69% des partisans du Labour Party. Peu d’enfants en bas âge et peu d’électeurs travaillistes admettent ouvertement être guidés par un esprit de vengeance.

La plupart des positions politiques sont l’expression d’une tendance profondément enracinée. Par exemple, nous avons l’instinct de prendre soin des faibles, et aussi l’instinct d’encourager la réciprocité. Notre système de protection sociale résulte d’un mélange entre ces deux tendances. De même, la ligne actuelle sur l’expulsion des criminels étrangers n’a pas grand chose à voir avec leur nombre ou la nature de leurs crimes, mais notre instinct humain et universel de l’hospitalité et de ses abus. Nous ne devrions pas être surpris quand les gens qui souffrent d’envie l’élèvent en idéal politique et l’appellent « justice sociale ».

J’admets qu’il existe des avantages aux sociétés homogènes des pays nordiques. De grosses inégalités de richesse peuvent conduire à des niveaux de stress plus élevés, une augmentation du taux de criminalité et un engagement social plus faible (étrangement, les gens en faveur de ces arguments pour l’homogénéité économique l’étendent rarement au multiculturalisme, mais c’est une autre histoire).

Le procès contre l’égalité imposée par l’État n’est pas que la diminution de l’écart des richesses soit une mauvaise chose en soi. C’est qu’il a un coût disproportionné en matière de prospérité disparue et de libertés perdues.

Les impôts sur la fortune rendent les sociétés plus égalitaires, mais elles les rendent aussi moins prospères. Nous pouvons pousser les ploutocrates à envoyer leur argent à l’étranger. Nous pouvons chasser les fonds d’investissement vers Singapour ou la Suisse. Nous pouvons, plus prosaïquement, forcer les entrepreneurs à passer plus de temps avec leurs comptables et moins à créer des emplois. Nous pouvons encourager de loin les formes les plus courantes d’évasion fiscale : travailler moins et partir à la retraite plus tôt. Tout cela rendrait notre pays plus égalitaire. Tout cela le rendrait plus pauvre.

Lors de la dernière apparition de Margaret Thatcher au Parlement en tant que Premier Ministre, Simon Hugues lui demanda si elle était fière qu’en dépit de ses succès certains, les inégalités s’étaient creusées pendant son mandat de onze ans. Elle répondit magistralement :

« Le député nous dit qu’il préfèrerait que les pauvres soient plus pauvres, à condition que les riches soient moins riches. »

En effet. Et voilà l’ironie de la chose. Nous avons devant nous une étude de cas précise de ce que Simon Hugues et 69% du Labour Party veulent. À la suite de la crise de 2008, les inégalités ont diminué. Les salaires des villes ont plongé, les salaires moyens ont légèrement baissé, les avantages en nature ont stagné. En d’autres termes, les 69% ont eu ce qu’ils voulaient : la Grande-Bretagne est devenue plus pauvre et plus égalitaire. Pourtant, ce sont aussi eux qui ont protesté le plus. Il est impossible de faire plaisir à certaines personnes.


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  •  » l’impot est il là pour punir ?  »

    un tiques ne  » punit  » pas son hote, il lui suce le sang…

  • Le socialisme; même à la britanique est une religion: ceux qui sont plus favorisés que d’autres par la chance, le travail, le génie, sont mauvais. Donc il faut les punir!
    Et, bien sûr, on espère que cela sera profitable.
    Nietzsche avait déjà bien vu ce fait: les socialistes sont les dévots de l’envie.

  • Concernant les sociétés égalitaires nordiques, je mettrai un gros bémol dessus, que vous oubliez, et qui a mon sens est primordial: la taille de ces pays.
    Tous sont des pays a faible démographie. Aucun ne dépasse les 10M d’habitants, et des quatre (Suède, Norvège, Finlande, Danemark), celui qui aujourd’hui est le moins bien est aussi le plus peuplé (la Suède).

    C’est logique. La Norvège par exemple à beaucoup de ressources naturelles et peu de population, ce qui assure sans efforts des revenus confortables à sa population. Et même les autres, ils n’ont nul besoin d’une économie diversifiée et forte, avec quelques secteurs dominants, celà suffit à faire tourner la machine. Comme le Luxembourg, qui vit quasiment sur son seul secteur bancaire: 400 000 habitants…

    Mais comment importer un tel modèle dans des pays de plus 60M d’habitants comme l’Angleterre, la France ou l’Allemagne? On n’a pas comme la Norvège des ressources qui assurent des rentes paisibles à la population, et même si c’était le cas, on a 13 fois plus d’habitants a nourrir….

    J’attends plutot de voir l’exemple d’un pays qui fonctionne ainsi, tout en ayant une certaine taille. Et pour pimenter le tout, ayant peu de ressources naturelles, comme nous ou l’Angleterre….

  • Le problème est qu’en général politiques et medias n’expliquent pas ( car ils ne comprennent pas?) aux citoyens les mécanismes de création de richesse. Certains ( socialistes en particulier) pensent que la richesse existe et qu’il faut se la partager, alors que la richesse ne peut être produite que par des individus motivés . La spoliation des individus détruit dans le temps la richesse et donne la tentation aux états de prendre et de redistribuer encore plus! Tout cela part d’une erreur de raisonnement et d’une incompréhension du fonctionnement de la nature humaine. Plus d’impôts implique plus de chômage et plus de misère.

  • Avant de s’inquiéter des impôts, la bonne question à se poser c’est : les revenus de chacun sont-ils mérités ? D’où proviennent-ils ? Du saint esprit ? Une fois qu’on aborde ces questions essentielles, la question de l’impôt s’impose d’elle-même. Car en effet, rien ne permet de justifier certains revenus. Plus globalement, rien ne permet d’affirmer que chacun est rémunéré à sa juste valeur. La question qui suit est donc comment se fait a rémunération. La réponse est à la fois simple et complexe. Simple dans son expression : la rémunération et la répartition primaire des revenus provient de rapports sociaus et culturels, complexe car ces processus le sont. Quoi qu’il en soit cela montre que puisque les revenus primaires sont le fruits de processus sociaux, rien n’empêche que des processus sociaux corrigent ces répartition primaire. D’où l’impôt qui s’impose ainsi de l’ui-même.

    • oui, le seul truc c’est qu’il y a une répartition des richesses qui avantages les plus riches, normal c’est souvent eux qui décident …

      l’impôt ne les punit pas, il « corrige » juste un peu pour que tout le monde puisse vivre correctement …

      • pouvez vous nous expliquer en quoi consiste exactement  » vivre correctement  » ?

        • Je réponds même si cela ne s’adresse pas à moi directement. Vivre correctement peut s’entendre de mutliples façons. On peut s’en tenir à une conception minimale : avoir de quoi se nourrir (ainsi que sa famille) pour ne pas mourir de faim avoir de quoi se vêtir, se loger pour ne pas mourir de froid, avoir de quoi de soigner pour ne pas mourir de la maladie, par exemple. On peut aussi le concevoir de manière plus subjective c’est-à-dire « vivre correctement » signifie ce qu’il est socialement convenu d’appeler « vivre correctement ». Autrement dit, c’est la culture, la société dans laquelle on vit qui définit ce que veut dire « vivre correctement ». Une autre définition peut-être a mi-chemin entre les deux conceptions précédentes provient d’A. Sen qui parle de « capablilités » c’est-à-dire l’ensemble des actions possibles en fonction des ressources auxquelles on a accès, on peut voir cela comme la liberté de choisir sa vie. Ainsi vivre correctement se définirait à partir d’un seuil de capabilités. Mais ce seuil ne pourrait se définir là encore que de manière sociale et culturelle.

      • Votre phrase est compréhensible de eux manières :
        1. La répartition à l’année N avantage les plus riches de l’année N. Ce qui est en somme quasiment une tautologie.
        2. La répartition à l’année N avantage les plus riches de l’année N-1. Ce qui est plus intéressant car met en évidence l’effet saint-Mathieu,, le creusement des inégalités, la concentration des richesses, peu importe le terme qu’on lui donne.
        Je serai de votre avis, l’impôt ne punit pas, employer ce lexique montre d’ailleurs qu’on est loin de l’analyse objective mais qu’au contraire on est dans l’idéologie .

  • Les commentaires sont fermés.

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