Les lauréats des Gaspards des politiciens les plus antilibéraux

Les Gaspards de la politique (Crédits : L'Opinion, tous droits réservés)

Les lauréats des Gaspard d’or des politiques les plus antilibéraux ont été décernés pour la première fois hier à Paris par Génération Libre et L’Opinion.

Par Alexis Vintray.

Les Gaspards de la politiqueIl y a tant de saillies antilibérales et ultra-étatistes dans les discours politiques actuels qu’il est difficile de sélectionner les pires. C’est pourtant l’exercice que le think tank Génération Libre et le quotidien L’Opinion ont essayé avec succès hier pour la première fois à Paris, avec un jury réunissant Nicolas Beytout, Gaspard Koenigle sociologue Michel Maffesoli, Mathieu Laine, Augustin Paluel-Marmont ou Agnès Verdier-Molinié.

Grand lauréat de la soirée, le ministre de l’éducation, Vincent Peillon, pour sa phrase « Toute notre ambition consiste à regagner du temps public sur le temps privé ». Un « éloge de la nationalisation de nos vies, seule voie vers le bonheur suprême » comme l’analyse Rémi Godeau, rédacteur en chef de L’Opinion. Avec son autre citation « L’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches prérépublicaines », elle présente un portrait d’un ministre qui a « quelque chose d’effrayant » selon les mots de Michel Maffesoli à l’annonce des lauréats. On sera bien d’accord avec lui, même si, malheureusement, les propos de Vincent Peillon, « ultra-étatiste de l’année », sont loin d’être isolés.

Il est en effet accompagné de cinq autres lauréats, dans des catégories telles que autoritarisme, interventionnisme ou jacobinisme. Le ministre socialiste Victorin Lurel l’emporte dans la catégorie autoritarisme, avec un éloge du « dictateur Hugo Chavez » : « Chavez, c’est de Gaulle plus Léon Blum. Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez ». Les Vénézuéliens apprécieront, en particulier au vu du sombre bilan de l’autocrate.

Les récompenses sont également nombreuses à droite, avec un prix de l’interventionnisme remis par Hector Obalk à Laurent Wauquiez, pour qui le salut est dans le repli sur soi protectionniste : « Je suis très méfiant sur cette espèce de veau d’or qu’est le libre-échange, dont à chaque fois on nous explique que c’est la modernité et que ça crée des emplois »

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Il tient compagnie à Marine Le Pen, récompensée de la phrase la plus dirigiste (et absurde ?) : « Bienvenue dans le monde du poulet chloré, du bœuf aux hormones et de l’horreur ultralibérale ». Une phrase mélangeant tout dans un fourre-tout sans queue ni tête, au point que le jury, s’exprimant à travers Gaspard Koenig, a souhaité y « récompenser la poésie et l’art de la concision » pour faire tant de contresens en si peu de mots.

Arnaud Montebourg, lauréat attendu (et presque trop facile), reçoit le prix du jacobinisme, pour son refus du progrès et son éloge du conservatisme économique : lors de la conférence LeWeb, le ministre du redressement productif a réussi à déclarer, devant le gratin de la web-économie mondiale : « When innovation destroys system, we have to go slowly. Let’s protect those who do not accept changes ».

Enfin, c’est la sénatrice EELV Esther Benbassa qui reçoit le prix du paternalisme remis par Augustin Paluel Marmont pour sa vision des Français comme des enfants qui ne comprennent que la punition et la sanction : « dans un pays comme le nôtre, où la menace de la sanction est brandie très tôt dans l’existence d’un enfant et continue d’encadrer en toute occasion la vie des adultes, bref, dans le contexte français… »

Aucun des lauréats n’était là pour recevoir son prix, même si une Roselyne Bachelot, qui aurait probablement mérité un prix, s’est retrouvé quelques instants par erreur dans la cérémonie. Interrogés par Contrepoints, les responsables de la cérémonie entendaient malgré tout envoyer son prix à chacun des lauréats !

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