Belgique : Pourquoi vous ne voterez pas pour le MR le 25 mai 2014

Entre le discours fiscal du MR et ses réalisations concrètes, il est un gouffre abyssal, révélateur de la gangrène socialiste ayant rattrapé les réformateurs. Belges surtaxés, voici pourquoi vous ne voterez pas pour le MR en mai 2014.

Par Oliver Rach, depuis Liège, Belgique.

Belges surtaxés, salut !

Vous serez appelés à voter le dimanche 25 mai 2014 en vue de trois élections, les européennes, les fédérales et les régionales. Vous aurez l’immense privilège d’apporter votre petite goutte d’eau au fleuve électoral qui traversera notre plat pays — et vous devrez donc veiller à ce que la pureté de votre vote ne se fasse guère souiller par les déjections des égouts, à savoir les suffrages accordés au PS. C’est d’ailleurs pourquoi vous ne voterez pas en faveur du MR en ce dimanche printanier.

Charles Michel recto verso

Rappelez-vous des dernières fédérales, en 2010. Vous n’étiez, certes, déjà plus guillerets. Depuis que l’équipe de Reynders trustait les maroquins ministériels, vous aviez compris que quelque chose clochait entre les vœux du parti réformateur et la réalité qu’il vous faisait subir : les points les plus intéressants de son programme ne s’invitaient jamais au sein des feuilles de route gouvernementales. Blasés, vous vous résigniez pourtant à encore accorder votre voix aux mêmes : après tout, répétiez-vous, ils étaient les seuls à pouvoir protéger vos intérêts contre les mains gluantes et envieuses du PS. Et puis, avec le MR, vous aviez la garantie d’avoir votre mot à dire : en votant pour un plus petit parti, vous risquiez de ne pas être représentés au Parlement, ajoutiez-vous. C’était une double erreur de raisonnement ; et vous ne la commettrez plus cette année.

En effet, désormais, vous savez que le MR vous gruge sans la moindre gêne. Vous rappelez-vous de ce qu’il affirmait dans son programme, à l’aube des élections de 2010, en matière de fiscalité ? « Notre pression fiscale reste trop élevée » (p. 75), constatait-il sans honte après onze années — oui, onze années — de pouvoir. Le MR proposait de « rendre du pouvoir d’achat au citoyen » (p. 77), de « supprimer les tranches d’imposition de 30% et de 45% » (p. 77), de supprimer « les droits de succession sur le logement principal entre époux » ou cohabitants (p. 78), de diminuer globalement les tarifs en matière de succession (p. 78), de supprimer la cotisation spéciale de la sécurité sociale (p. 78), de supprimer la redevance télévision (p. 78), d’abaisser le taux de taxation sur les très petites entreprises (p. 79), etc. « Le MR constitue le seul rempart crédible contre une hausse généralisée des impôts ! » (p. 75) mettait en garde le parti bleu : il était l’unique choix possible pour qu’Elio Di Rupo et ses sbires ne viennent sucer vos dernières gouttes de sang.

Back to the present. Vous voyez depuis quelques semaines le malingre Charles Michel rouler les mécaniques sur la thématique fiscale. Il vous montre ses biceps rachitiques et vous garantit qu’ils vous protègeront contre la mafia socialiste armée jusqu’aux dents. Lors de la prochaine législature, scande cet ersatz de Líder Máximo, il faudra un électrochoc fiscal ! Il faudra diminuer les impôts de 5 milliards d’euros ! Il faudra réduire l’impôt des sociétés et les droits de succession !

Au cours des prochaines semaines, vous l’entendrez encore, le fils de, s’en aller en guerre contre les vampires du PS — avec les trémolos dans la voix et la rage au ventre. Quel spectacle vous servira-t-il, ce clown triste, pour vous convaincre d’à nouveau voter pour lui ? Il fera le beau, dira toutes les paroles que vous voudrez entendre, dansera la distrayante Kazatchok comme un cosaque aviné, espérant qu’encore une fois vous aurez la sottise de lui accorder votre confiance. Il croassera avec toute sa morgue le chiffre de 5 milliards d’euros susmentionné — et chuchotera peut-être même à l’oreille des plus fervents adversaires de l’impôt que le PS estime à 20 milliards d’euros le coût de la future réforme fiscale Michel.

Charlot-le-saltimbanque et Elio-les-doigts-de-fée

Mais vous, Belges surtaxés, vous ne serez plus dupes, non. Vous n’ignorerez plus, en effet, au moment de vous prononcer dans l’isoloir que, entre ces beaux discours de 2010 et de 2014, il est une réalité que le fils Michel ne peut occulter. Le gouvernement fédéral Di Rupo, dont fait partie le MR, a en effet battu tous les records en matière de socialisme mortifère. Lisez plutôt ! Au cours des quatre dernières années (dont presque deux furent amputées, Dieu merci, par la crise institutionnelle), la fine équipe Di Rupo-Reynders a réussi la gageure d’augmenter les impôts de 18% (+ 7,7 milliards d’euros), les dépenses de 22% (+ 8,9 milliards d’euros) et le déficit de 11%. Les chiffres du ministère du Budget, pour le seul gouvernement fédéral, sont sans appel. Ils sont reproduits dans le tableau ci-dessous en millions d’euros.

 

2010

2011

2012

2013

2014

Voies et moyens

43.690

40.948

52.348

51.335

51.442

Dépenses primaires (hors intérêt de la dette)

39.836

43.819

49.541

48.809

49.057

Solde net à financer (accroissement de la dette)

8.635

12.183

9.352

10.071

9.615

 

Ainsi, Charles Michel, qui a activement participé à l’augmentation galopante des taxes et impôts sous le gouvernement Di Rupo, qui a collaboré traîtreusement à l’accroissement des charges fiscales de presque 8 milliards d’euros, qui est revenu sur la promesse réformatrice de 2010, ainsi, ce Charles Michel voudrait vous faire croire qu’il détricotera prochainement une partie de son travail encore chaud ? Vous n’êtes plus dupes ; vous ne vous ferez plus avoir par ce polichinelle qui se voulait Pinocchio. Lors des élections du 25 mai 2014, vous ne voterez plus pour son parti confiscatoire et socialiste. Vous le renverrez dans les catacombes infernales de l’insignifiance — aux côtés du cdH et d’Ecolo.

Lorsque l’on sait que la Belgique truste depuis de longues années le podium des pays les plus taxés de toute l’OCDE, lorsque l’on sait — donc — qu’il s’agit d’un des pays les plus socialistes au monde, l’on ne peut que pleurer devant l’incapacité du MR, se targuant d’être le seul parti adversaire des impôts, à inverser — ne fût-ce que faiblement — la courbe croissante des confiscations arbitraires que supportent les portefeuilles belges. L’on ne peut que regretter l’incapacité de ces pseudo-libéraux à empêcher le pays de s’empêtrer plus encore dans le bourbier socialiste.

salaire completVoyez ainsi, dans le tableau ci-contre, combien de prélèvements étatiques s’opèrent avant que vous, salarié surtaxé, ne puissiez disposer de 100 euros librement : Belgique, championne d’Europe ! Et pourtant, depuis quinze ans, le MR truste les maroquins ministériels au sein du gouvernement fédéral, au sein même — donc — de l’exécutif qui a toutes les cartes en main pour faire baisser les impôts ! À n’en pas douter, d’un point de vue fiscal, les promesses électorales du MR ne sont que des vœux pieux — ou des attrape-nigauds. Ce parti ne devient-il pas de plus en plus inutile ?

Belges surtaxés, vous vous plaignez du fait que, malgré les difficultés économiques du pays, plus de trente pourcents de francophones continuent à accorder leur voix au PS responsable. Le raisonnement qui sous-tend votre affirmation est très clair : l’électeur doit sanctionner les politiciens qui font mal leur boulot. Belges surtaxés, soyez conséquents avec vous-mêmes, regardez dans votre propre assiette, et ne votez donc plus pour le MR, ce parti qui, malgré ses belles promesses tout au long des quinze dernières années, a participé activement à l’accroissement significatif de la fiscalité en notre royaume. Si vous ne sanctionnez pas ses compromissions avec l’ennemi, il ne changera jamais de l’intérieur et le socialisme bleu perdurera.

« Mais comment voter ? » me demanderez-vous alors. Ce sera l’objet de mon billet de demain, Petit guide de stratégie électorale à l’attention des citoyens belges surtaxés.