S’opposer à l’idée de logement social à Paris ?

Logement social (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

1,3% de logement social dans le 7e arrondissement de Paris, oui, et alors ?

Par le Parisien libéral.

imgscan contrepoints 2013-2502 logement socialIl nous font rire, ces élus de l’UMP qui s’opposent sur le fait de savoir s’ils sont contre le logement social ou pour la préservation du patrimoine. D’ailleurs, le Parti Communiste a beau jeu de pointer ces contradictions entre Rachida Dati et Jean-François Legaret, ce dont les concernés se défendent.

1,3% de logement social dans le 7e arrondissement de Paris, oui, et alors ?

Pointer cet élément est triplement ridicule !

  • D’une part, la façon dont la ville de Paris offre du logement social est idiote. Comme construire, c’est compliqué, la ville de Paris achète des appartements existants, au prix du marché, puis colle l’étiquette logement social dessus. Qui peut trouver juste le fait que non seulement le coût d’opportunité de tout cet argent utilisé à acheter des logements est énorme et que, d’autre part, ce système crée une injustice qui consiste à taxer les uns pour aider les autres à se loger ?
  • D’autre part, pourquoi la ville de Paris considère-t-elle le taux de HLM par arrondissement alors que la fiscalité parisienne, elle, est au niveau de la ville et non pas par arrondissement ? Pourquoi pointer le nombre de HLM dans le 7e arrondissement et non pas au niveau de l’ensemble de Paris ? On nous parle de mixité sociale par arrondissement, mais dans ce cas, pourquoi pas par rue ou même par immeuble ? On devrait pouvoir s’assurer du fait que dans chaque immeuble, on soit certain qu’il y ait 10% d’ISF, 50% de classes moyennes et 30% de pauvres, si on voulait vraiment faire de la mixité sociale. En quoi l’arrondissement est-il la bonne échelle pour mesurer la mixité sociale ?
  • Enfin, en quoi le fait que des Parisiens aient des difficultés pour se loger devrait-il intéresser les élus de la ville de Paris ? Un Parisien, c’est quelqu’un qui habite à Paris. S’il ne le peut pas, alors il habite ailleurs et devient autre chose, sans que cela ne change rien aux qualités propres de cette personne. Par nature, Paris attirera toujours des nouveaux venus, qu’ils soient SDF d’Europe de l’est, immigrés illégaux africains, riches qataris ou touristes américains à la recherche d’un pied à terre. Faut-il que tous ces gens gagnent un droit au logement dès qu’ils mettent le pied à Paris, en dehors de celui que leurs moyens et leur bail avec un propriétaire leur donnent ? Autrement dit, en dehors même de la philosophie du droit au logement (et les lois qui en découlent), faut-il accorder un droit au logement basé sur la présence dans une ville ? Le mécanisme de marché n’est-il pas le moins mauvais pour assurer cette fonction ?

La loi est la loi, donc si la loi dit qu’il faut 20, 30 ou 60% de logement social, alors il faut le faire, en attendant de changer la loi. En 10 ans de pouvoir, la droite s’est montrée incapable de supprimer la loi SRU. Normal, puisque Legaret nous dit que le groupe UMP-PA est favorable à la production de logements sociaux, à Paris notamment, au lieu de dire que, vu la rareté, seul le marché doit donner un prix aux logements, à Paris comme ailleurs. Impossible pour l’UMP de dire cela, puisqu’on sait que les membres de ce parti bénéficient de ce système injuste financé par les contribuables, pour favoriser leurs propres amis et clientèle.

Si l’UMP est d’accord avec le PS, sur ce sujet des HLM comme sur d’autres, pourquoi en mars prochain voter pour les listes socialistes de droite menées par NKM alors que l’original, les socialistes de gauche d’Anne Hidalgo, sont au moins francs dans leurs intentions et leur idéologie ?

Les électeurs, on peut toujours les bercer d’illusion en parlant d’égalité des chances, de mixité sociale et de droit au logement, mais ils ne sont pas dupes. Ils savent que la mixité sociale, ils n’en veulent pas trop, même s’ils sont de gauche et habitants de quartiers bobos. Quant au droit au logement dans une région, l’Île de France, où 60% des habitants sont, sur le critère du revenu, éligibles aux HLM, c’est illusoire, à moins de soviétiser complètement le secteur de l’immobilier, c’est-à-dire allouer de force les logements de façon à ce que chacun ait le même nombre de mètres carrés.

En résumé, face à une gauche qui promet 30% de logements sociaux à Paris d’ici 10 ans (d’ailleurs, pourquoi 30% et pas 100%, après tout ?), la droite et les centristes feraient mieux de se différencier en réaffirmant qu’habiter dans une ville où une offre peut attirer 40 ou 50 clients potentiels a un coût. Ce coût pourrait être atténué si on jouait un peu plus la carte du Grand Paris. Il ne devrait pas être une tare et un handicap d’habiter au delà du périph.


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