L’État vous aime. Il veut votre bien. Quitte à vous tuer.

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Deux petites histoires illustrent une morale simple : plus on donne de pouvoir à l’État, plus il en prend jusqu’à ce que ce soit trop.

Aujourd’hui, détachons nous l’instant d’un billet de la politique politicienne franco-française. Nous aurons l’occasion d’y revenir, la semaine prochaine, au vu de l’avalanche continue de mesures débilissimes que le gouvernement nous inflige sur un rythme de championnats olympiques. Je vous propose de découvrir deux petites histoires de l’étranger qui illustrent comiquement ou tragiquement ces dérives lamentables que des hommes font subir à d’autres simplement parce qu’on leur en a donné le pouvoir.

Bien sûr, en France, on a une idée assez précise de ce que le trafic d’influence, l’abus d’autorité ou le détournement de pouvoir à des fins ou des lubies personnelles peuvent donner ; il suffit d’aller remuer quelques secondes les petites nouvelles locales pour se rendre compte que le moindre anus frétillant opérant dans une administration quelconque peut se réveiller un beau matin et vous coller – par exemple – une demande de cotisation de 222.252€ pour s’assurer d’une réaction de votre part. Je n’exagère pas ; c’est en France, c’est l’URSSAF et c’est ici.

Mais même si la France se comporte réellement comme un phare du monde moderne en matière de débilité bureaucratique, il ne faut pas oublier que chaque organisation étatique, chaque institution de par le monde va tenter, à son niveau, de relever le défi.

Le Royaume-Uni actuel est bien placé. Je passe rapidement sur la santé publique, véritable ode vibrante à l’incompétence bureaucratique, pour me concentrer sur le cas assez symptomatique de la petite famille composée par Charlie Hague et Megan Williams, âgés tous les deux de 25 ans, et de leur bébé Eli, d’un an, qui ont eu la curieuse idée de construire leur maison, depuis les fondations jusqu’au toit, en utilisant exclusivement des matériaux naturels. Le résultat est à l’évidence très différent de ce qu’on trouve ailleurs, mais pour peu qu’on aime le style, on ne peut s’empêcher d’admirer le résultat.

round house

Manifestement, des gens qui se débrouillent par eux-mêmes et prennent des initiatives et leurs responsabilités, c’était assez agaçant pour quelques fonctionnaires locaux, à commencer par un certain Iwan Lloyd, qui a bien gagné son salaire puisqu’après une procédure lancée contre le jeune couple et son enfant, il aura réussi à leur imposer la destruction de leur maison. En effet, cette maison, si elle a bien été construite sur un terrain leur appartenant (à Glandwr, dans le Comté de North Pembrokeshire), elle l’a été sans permis préalable. Notez au passage que cette maison était passée inaperçue tant elle était loin d’autres habitations et des voies de passage.

Pas de permission de construire sur votre propre terrain ? Alors vous détruisez. C’est simple, c’est magique, c’est la loi, et c’est parfaitement inique puisqu’en l’occurrence, c’est sur leur terrain, que ça ne gêne personne à l’exception, bien sûr, de Iwan Lloyd qui n’existerait pas sans le pouvoir qui lui fut conféré, et qui a certainement éprouvé un vague plaisir à l’exercer ainsi.

Nous avons ici l’exemple d’un couple qui résout, seul et sans déranger personne, son problème de logement. Heureusement que l’État est intervenu ! Si tout le monde faisait ça, bientôt, les gens n’auraient plus besoin de lui pour résoudre les problèmes qu’il nous crée !

J’ai parlé, en introduction, de deux histoires ; la seconde (qui n’est pas récente, mais qui mérite qu’on en reparle) concerne un cycliste à New-York et son aventure démontre encore à qui ne le comprendrait pas trop bien que non, les Etats-Unis ne sont pas l’espèce de caricature libéralo-libertaire où tout se règle au mieux à coups de flingue, au pire avec des avocats, dans une absence de règles et de lois jugée revigorante par ces turbolibéraux un peu niais.

En réalité, la ville est même connue pour ses nombreuses taxes, lois et règlements assez farfelus qui se sont empilés aux cours des années. Et ici, nous allons parler des pistes cyclables. Ça tombe bien, c’est très facilement transposable à toutes les grandes métropoles modernes qui frétillent d’aise à l’idée de barbouiller leurs voies de circulation de bandes blanches et de pictogrammes rigolos, tout en diminuant la taille des voies de circulation pour les voitures ; cette méthode participe d’un double but, machiavélique : rendre la circulation des voitures de plus en plus compliquée, en réduisant les débits, en accroissant les embouteillages afin de rediriger les méchants individualistes fous du volant vers les transports en commun. Et de l’autre, permettre au maire de claironner à ses administrés qu’il a multiplié les facilités pour les cyclistes et que sa ville est donc plus verte, plus familiale et plus éco-friendly, bisous.

Bon, certes, c’est un échec : d’une part, les gens ne peuvent tout simplement pas tous passer par les transports en commun, qui, de toute façon, subissent eux aussi les embouteillages. Et d’autre part, les voies cyclables ne sont pas toujours aussi sécurisée qu’il le faudrait. Pire, elles sont souvent dangereuses.

C’est d’ailleurs l’expérience faite par Casey Neistat, un cycliste un peu extrême puisqu’il prend son vélo même quand il pleut des gouttes d’eau humide sur sa tête, le fou. Obligé de slalomer et pas toujours sur la dite piste, il s’est fait attraper par un policier qui l’a donc verbalisé pour n’avoir pas roulé comme il le fallait, c’est-à-dire bien dans sa petite partie.

Le monsieur a débordé. Le monsieur n’a pas pédalé comme il fallait, et le monsieur s’est pris une prune.

Certes, c’est un cycliste, engeance difficilement supportable pour tout automobiliste qui se respecte, et la prune de 50$ était donc méritée de par la simple existence du bidule à roue entre ses jambes. Na. Mais tout de même, il faut reconnaître que l’argumentation du pédaleur masochiste tient la route. Je vous la présente ici, en vidéo :

Eh oui : si vous offrez une piste cyclable, il faut encore qu’elle soit praticable. Et si elle ne l’est pas, il revient à la police de sanctionner non pas ceux qui s’adaptent, mais ceux qui, finalement, forcent les autres à des comportements illégaux.

Mais comme dans le cas précédent, le pouvoir qui est conféré aux policiers ne sert évidemment pas à rétablir la justice. Ici, comme en France avec les radars, il s’agit surtout de collecter des fonds pour les bonnes œuvres locales. Le cycliste, dans ce cas, est simplement « fair game »…

Je le redis : ces deux histoires ne sont pas, à proprement parler, ni récentes, ni uniques, ni même forcément représentatives des pays dont elles proviennent. Mais elles montrent toutes les deux la même chose, cette vérité indépassable que nous vérifions actuellement en France, tous les jours et d’autant plus que le pays s’enfonce mollement dans la médiocrité et le n’importe quoi : plus vous donnez de pouvoir à l’État, plus il en prend.

Et un État qui est assez puissant pour tout vous donner l’est aussi pour tout vous reprendre.

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