La diplomatie du basket-ball

L’ancienne gloire du basket-ball américain Dennis Rodman va entraîner l’équipe nationale de la Corée du Nord.

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Dennis Rodman et Kim Jung-Un.

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La diplomatie du basket-ball

Publié le 11 septembre 2013
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L’ancienne gloire du basket-ball américain Dennis Rodman va entraîner l’équipe nationale de la Corée du Nord.

Par Alexandre C.

Dennis Rodman et Kim Jong-un.

C’est officiel, Dennis Rodman, ancienne gloire du basket-ball américain et trois fois champion NBA avec les célèbres Chicago Bulls de Michael Jordan [1], va entraîner l’équipe nationale de la Corée du Nord [2]. Dans le même temps, le nouveau sélectionneur annonçait que deux rencontres auraient lieu au début du mois de janvier entre des joueurs nord-coréens et américains [3].

Toutes proportions gardées, cela rappelle l’époque où la délégation américaine s’était rendue au Japon à l’occasion des championnats du monde de ping-pong en 1971. La rencontre entre les joueurs des deux nations – notamment une partie tardive entre Glenn Gowan et Zhuang Zedong qui se termina par le raccompagnement de l’Américain dans le car de la délégation chinoise et l’échange de cadeaux [4] – favorisa, à l’époque, un rapprochement entre les deux nations tant et si bien que les Américains furent invités quelques jours plus tard en Chine. Une première depuis 1949.

L’actuel leader du pays le plus fermé du monde, Kim Jong-un, serait, d’après les informations fragmentaires dont on dispose, un grand amateur de basket-ball et plus particulièrement du championnat nord-américain [5]. Autant dire que cette nouvelle pourrait peut-être détendre les relations entre les deux pays, dont on sait qu’elles ne sont pas au beau fixe après l’escalade de menaces dans la péninsule au cours des derniers mois, notamment avec l’arme nucléaire que semble détenir le régime de Pyongyang. Cette manière de procéder, peu orthodoxe, a pour but d’obtenir une certaine forme de reconnaissance de la part des Occidentaux et de Washington en particulier. Avant de poursuivre vers la nécessaire aide extérieure au pays pour survivre : sans elle, des millions de gens seraient condamnés à la famine [6].

En espérant que cette fois-ci encore, le gouvernement américain saura saisir l’opportunité d’améliorer ses relations avec la Corée du Nord, condition préalable à la chute du régime…


Sur le web.

Notes :

  1. Trois titres obtenus entre 1996 et 1998.
  2. L’information est consultable sur le site du journal Le Figaro à ce lien.
  3. Scottie Pippen et Karl Malone, anciens stars de la NBA, seraient attendus…
  4. Connue sous le nom de « Diplomatie du ping-pong« , elle déboucha sur la reconnaissance de la Chine communiste par le président Nixon en 1972.
  5. Il aurait découvert ce sport pendant ses études en Suisse.
  6. L’aide n’est d’ailleurs pas suffisante.
Voir les commentaires (6)

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Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • En 1971 vous avez sans doute voulu parler de la Chine et non du Japon, comme mentionné dans le texte.

  • Oui mais le texte est trompeur :
    « cela rappelle l’époque où la délégation américaine s’était rendue au Japon à l’occasion des championnats du monde de ping-pong en 1971. La rencontre entre les joueurs des deux nations […] »
    On a l’impression que « les deux nations » = les Etats-Unis et le Japon, alors qu’il s’agit en fait de la Chine, encore non mentionnée à ce point du texte.

  • C’est scandaleux ! On voit en arrière plan de l’image que la parité n’est pas du tout respectée !

  • La Corée du Nord est soutenue par la Chine. Cela permet à cette dernière de continuer à mettre une épine dans le pied des américains, japonais,… sans être en première ligne; il y a aussi dans certaines familles chinoises la photo du grand-père, qui s’est battu contre les américains du Nord pendant la guerre de Corée…
    Donc s’il y avait une certaine ouverture due au basket, inutile de dire qu’elle ne servirait à rien dans la perspective court terme, par ex. d’un rapprochement des deux Corées, d’une dépendance économique de Corée du Nord par les américains,… il ne faut pas rêver!
    Par contre c’est vrai que dans le long terme, on peut envisager cette perspective… car depuis Marco Polo et ses voyages chez le Grand Kahn, on sait que le commerce informel aide à se mieux comprendre.

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