L’UE resserre les restrictions économiques sur Israël

Israël

L’UE restreint de fait ses échanges économiques avec Israël aux frontières d’avant 1967.

L’UE restreint de fait ses échanges économiques avec Israël aux frontières d’avant 1967.

Par Daniel Hannan depuis Oxford, Royaume-Uni.

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Ça s’est peu remarqué, mais Bruxelles serre la vis à Israël. Dans ses dernières lignes directrices en date, l’UE restreint de fait ses échanges économiques avec Israël aux frontière d’avant 1967. Je dis « peu remarqué » parce que la décision n’a reçu presque aucune couverture médiatique en Europe ; mais le gouvernement israélien est suffisamment inquiet pour convoquer un conseil des ministres d’urgence. De la façon dont le voit Benjamin Netanyahu, l’UE cherche à porter préjudice au résultat final de tout accord israëlo-palestinien, en déclarant que tout Jérusalem Est et toute la Cisjordanie sont en dehors de cet État. Le Centre Simon Wiesenthal considère que cette règle, qui a pris effet le 19 juillet, est « un tremblement de terre ».

C’est une décision bizarre, même aux normes de Bruxelles. La résolution de la frontière est la clé de tout accord. En mettant les pieds dans le plat, l’UE risque de répéter l’erreur qu’elle a commise à Chypre et de lever toute incitation au dialogue direct. Personne ne s’attend sérieusement à ce qu’un accord puisse être atteint sur la base de la ligne de 1967 inchangée (ou bien, si vous y songez, la ligne de 1949 inchangée). En mettant cette idée sur la table, l’UE rend le compromis plus difficile.

Cependant, j’ai bien peur qu’il ne s’agisse pas réellement de paix ici. Il s’agit plutôt du penchant naturel de l’UE pour le conflit. J’ai déjà écrit par le passé sur cette tendance et ses raisons d’être, essentiellement le ressentiment que les euro-fédéralistes ne peuvent pas manquer d’avoir pour un État qui, de toute évidence, incarne le principe national.

Je ne suis pas un de ces commentateurs qui refusent systématiquement de critiquer l’État juif. Israël, comme tous les pays, peut se comporter de façon minable. Son attaque de 2010 contre un bateau sous pavillon turc dans les eaux internationales, par exemple, était mauvaise légalement, moralement et tactiquement. En même temps, nous devrions reconnaître que, dans un voisinage dangereux, Israël a réussi à rester une démocratie glorieusement vive en débats et en disputes.

Parce que c’est une démocratie, son gouvernement devra vendre tout accord auquel on aboutira à son électorat. Ça crée des contraintes sur ce pays, que l’UE ne comprend simplement pas. Ceci dit, étant donnée lattitude des eurocrates sur la démocratie à l’intérieur de leurs propres frontières, au moins, ils sont cohérents.


Sur le web – Traduction Contrepoints.