Les croyance astrologiques peuvent avoir des conséquences dramatiques

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Il est toujours nécessaire de combattre les superstitions, même celles qui paraissent inoffensives.

Il est toujours nécessaire de combattre les superstitions, même celles qui paraissent inoffensives.

Par Anton Suwalki.

J’ai été souvent confronté à des objections quant à l’utilité de combattre les superstitions : pourquoi combattre des croyances somme toute inoffensives ? Après tout, les gens sont libres de croire ce qu’ils veulent.

Concernant la deuxième proposition, notons d’abord que cet argument émane surtout de ceux qui profitent de ces croyances. Ainsi, Élisabeth Tessier voyait dans ceux qui dénonçaient la mascarade de sa thèse de « sociologie » consacrée à l’astrologie des « talibans de la culture ». Il n’est nullement question d’interdire de croire. Nous savons parfaitement qu’éradiquer des superstitions ne se décrète pas.  Mais la liberté de croire des uns a pour contrepartie la liberté des autres d’essayer de les convaincre qu’ils se trompent. Et puisqu’il est question de liberté, nous pensons que la connaissance objective en apporte davantage que les croyances infondées. Connaître les vrais déterminismes de la nature peut permettre de s’en affranchir, tandis qu’on ne s’affranchit des faux déterminismes qu’en les identifiant comme tels.

La première proposition est quant à elle totalement fausse. Les superstitions ne sont pas, et loin s’en faut, le reliquat d’un folklore sans conséquences sur les comportements. Y compris dans des pays hautement développés où, malheureusement, la connaissance scientifique avance plus rapidement que ne reculent les croyances. On peut penser que certains lisent la rubrique astrologique de leur journal pour s’amuser, d’autres non. Des méthodes persistantes de recrutement occultes pourraient bien avoir des conséquences fâcheuses sur votre vie professionnelle. Et dans un pays comme le Japon, les technologies les plus avancées coexistent parfois avec des croyances d’un autre âge. Verra-t-on dans ce pays en 2026 un effondrement des naissances comme cela s’était passé en 1966 ?

Observons la pyramide des âges d’un pays : ses irrégularités les plus fortes sont en général les stigmates de désastres qui ont touché le pays, en particulier les guerres. La pyramide des âges du Japon porte bien les stigmates de ses guerres. Pourtant, une entaille profonde, correspondant à l’année de naissance 1966, a une toute autre cause :

Il se trouve que l’astrologie japonaise combine les douze signes de l’astrologie chinoise avec cinq signes basés sur les « éléments ». 1966 correspond à la combinaison « cheval et feu » qui se reproduit tous les 60 ans. Or, selon une croyance qui daterait du 17ème siècle, les femmes nées sous le signe du « cheval de feu » porteraient malheur à leurs maris.

C’est pourquoi on a enregistré si peu de naissances en 1966. Ceux qui l’ont pu ont différé la naissance ou ont fait une fausse déclaration. Cette année-là, le taux d’avortement a augmenté de 50%. Des recherches plus poussées permettraient éventuellement d’estimer combien parmi les femmes qui sont malgré tout nées et déclarées en 1966, furent condamnées au célibat et à une vie malheureuse.

Inoffensives, les superstitions, disiez-vous ?


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