Bévues de notre président surmené

En visite à Tokyo, François Hollande a confondu les Japonais avec les Chinois.

En visite à Tokyo, François Hollande a confondu les Japonais avec les Chinois.

Un billet d’humeur de Fang Shuo, depuis la Chine.

Les prestations présidentielles de ces dernières semaines ne sont guère convaincantes. Signalons deux faits qui seraient amusants si… Bref, ça parle de soi même.

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Le 7 juin 2013, un certain M. Hollande, en visite officielle au Japon, et s’adressant en présence de l’Empereur (en français fort heureusement) à un auditoire attentif et poli comme savent l’être nos délicieux amis japonais, déclare :

Je rappelle que le Japon a été frappé, comme la France, lors des attentats en Algérie, et  j’ai exprimé-euh les condoléances du peuple français à l’égard du peuple chinois.


Hollande confond « peuple japonais » et « peuple… par lemondefr

Hum. Si si, il l’a dit. Après tout c’est vrai, le Japon et la Chine, arrêtons de chipoter mesquinement, c’est grosso-modo la même chose. En tout cas, vu de la rue de Solférino, qui est tout de même le vrai centre du monde. Ou de la rue du Faubourg Saint-Honoré, si vous préférez.

Et qu’on ne me dise pas que cela n’a pas d’importance, que l’erreur est humaine, et donc française aussi. Certes ! Elle ne passe malheureusement pas inaperçue pour autant : c’est mon camarade de classe polonais hilare, qui m’a appris la consternante nouvelle ce matin en cours de mandarin. Et comme le relate un célèbre blog français du Monde.frThe Guardian, organe de presse britannique, a lui aussi noté la bévue et se permet de rappeler :

La première règle en visite officielle à l’étranger est généralement de savoir dans quel pays on se trouve.

En effet, nous ne sommes pas exactement dans la situation où les relations entre les deux pays ici confondus seraient particulièrement complexes. Voire un tantinet tendues. Un brin conflictuelles. Après cette saillie détonante, on peut se demander si Senkaku, cela évoque à Hollande autre chose qu’un « bon mot » dont il est, là aussi, paraît-il, coutumier. L’Élysée évoque un « surmenage » coupable. Bien. Nous ne saurions que trop conseiller à son locataire de prendre des vacances, aussi longues que possibles. Et avec tout son gouvernement. Tant pour son bien que pour celui du pays, et de ses habitants.

Ce qui est plus grave, c’est qu’il y avait déjà (au moins) un précédent :

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En septembre dernier, le 27 précisément, dans l’après-midi, ce n’est qu’à la fin d’un entretien de plus d’une heure avec le PDG du groupe métallurigue Arcelor-Mittal, que le président-surmené a réalisé qu’il ne s’adressait pas à M. Mittal fils (38 ans), comme il le croyait, mais bien au père (62 ans) !

« Best regards to your father » aurait-il glissé à son interlocuteur à la fin de l’entretien, d’après BFMTV. Celui-ci lui aurait alors rétorqué : « c’est moi, le père ».

Ici, The Guardian pourrait souligner (avec une certaine espièglerie) que généralement, avant d’insulter des milliardaires dont les entreprises emploient des milliers de personnes en France, on se renseigne un minimum sur leurs états de service. Oui, insulter : car il faut bien le rappeler, M. Montebourg s’était permis à l’époque de considérer à voix haute que la famille Mittal « n’était plus la bienvenue en France ». Propos qui, étonnamment, avaient trouvé plus d’échos dans la presse nationale que dans celle du surmené de service.

En résumé, ceux qui ont élu cet homme pour présider notre charmante république de plus en plus bananière, et dont on sait dorénavant que la première et même la seule motivation était d’éliminer le précédent tenant du titre, devraient commencer à s’inquiéter : avec ses prouesses en tout genre, c’est un véritable boulevard que M. Hollande ouvre à Nicolas Sarkozy pour l’élection de 2017. Si toutefois la chose France existe encore à ce moment-là.


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