Renaissance de l’Afrique : Quid du gouvernement local ?

Il est temps de sérieusement réfléchir au rôle du gouvernement local dans la renaissance de l’Afrique.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Renaissance de l’Afrique : Quid du gouvernement local ?

Publié le 31 mai 2013
- A +

Il est temps de sérieusement réfléchir au rôle du gouvernement local dans la renaissance de l’Afrique.

Par Chofor Che.
Un article de Libre Afrique.

Les discussions sur la renaissance de l’Afrique ont rejoint récemment le devant de la scène, en particulier de la part de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Alors que cette renaissance se produit, les pays d’Europe sont encore aux prises avec les effets de la crise économique mondiale.

En 2012, le FMI a révisé à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale en 2013 de 4,1% à 3,9%. Selon la mise à jour des Perspectives de l’économie mondiale du FMI, un rapport publié deux fois par an, « les risques baissiers continuent de peser, reflétant de manière importante les risques d’une action politique retardée ou insuffisante. »

L’échelon local de gouvernance en Afrique a un grand rôle à jouer dans la renaissance du continent, mais n’est pas encore administrativement et financièrement autonome. Les décisions qui pourraient être prises par les autorités comme les maires sont toujours prises par les États centraux.

L’échelon local de gouvernance en Afrique a pourtant une influence significative sur la qualité de vie des citoyens, d’autant qu’il est responsable de la fourniture de services essentiels comme l’assainissement, la santé et l’eau. Les « gouvernements locaux » en Afrique ont échoué dans la prestation de services dans le sillage de la crise mondiale essentiellement parce que, même s’ils détiennent sans doute le plus grand potentiel en termes d’efficacité, ils sont les plus éloignés de l’autorité centrale et de la communauté des bailleurs de fonds. La plupart des gouvernements locaux en Afrique, comme ceux du Cameroun, du Gabon, de la République centrafricaine et du Tchad doivent toujours devenir administrativement et financièrement autonomes. Il y a également peu ou pas de relations entre le gouvernement local et d’autres sphères de l’État dans ces pays. Les transferts financiers de l’État central vers les collectivités locales sont généralement retardés.

De nombreux États centraux en Afrique ont réduit les ressources matérielles et les transferts budgétaires aux collectivités locales. Diminuer les transferts des collectivités locales dans le cas d’un déficit budgétaire signifie la réduction de services essentiels comme les soins de santé et l’approvisionnement en eau. Au Swaziland, par exemple, l’approvisionnement en médicaments rétroviraux aux collectivités locales par l’État central a été réduit en conséquence de la crise financière mondiale, et ce d’autant que les donateurs ont réduit l’aide qu’ils accordaient à ce pays pour la lutte contre la pandémie du sida.

Il est temps de sérieusement réfléchir au rôle du gouvernement local dans la renaissance de l’Afrique. Un de ces moyens est le jumelage entre municipalités d’Afrique, et même entre elles et d’autres villes dans le monde. Ce, afin de renforcer la participation des collectivités locales aux questions traditionnellement réservées à l’État central, comme le commerce et les investissements internationaux. Cela entraînerait certainement la baisse des nombreuses barrières à l’échange qui existent entre pays africains.

En outre, il est important que les pouvoirs administratifs et financiers des collectivités locales en Afrique soient constitutionnalisés. De cette façon, les collectivités locales seront en mesure de prendre des décisions efficaces pour la population locale dans des domaines essentiels.

L’autonomie des collectivités locales ne signifie pas qu’il ne devrait y avoir aucune supervision de cette sphère de gouvernance, surtout par le gouvernement régional. Cet échelon local de gouvernance doit être surveillé, sans aucun abus de pouvoir.

Il est également nécessaire que les cadres du personnel municipal en particulier, comme les maires et les responsables municipaux soient bien formés et éduqués. L’État central, les gouvernements régionaux ainsi que d’autres partenaires tels que les universités, doivent unir leurs efforts pour former les fonctionnaires et les cadres municipaux.

Il est également nécessaire d’établir des relations intergouvernementales entre toutes les sphères de gouvernement dans les États africains. Si les différentes sphères de gouvernement au sein des États africains coopèrent, la renaissance du continent peut être réalisée rapidement, surtout que des idées sur la budgétisation, les prestations de services, ainsi que l’échange international peuvent être partagées largement.

La corruption est évidemment un problème : c’est un ver qui ronge le tissu économique du gouvernement local en Afrique. Il existe des mesures anti-corruption, notamment de nombreuses et longues législation sur le continent, mais le problème de la mise en œuvre effective reste le plus grand problème.

La renaissance de l’Afrique nécessite vraiment des efforts communs des différents niveaux de gouvernance, y compris le niveau local,  ainsi qu’un sérieux coup de pouce des marchés libres en Afrique et en Europe. Une action coordonnée avec les collectivités locales autonomes en Afrique ayant un rôle bien défini constitutionnellement peut accélérer la renaissance de l’Afrique.


Sur le web. Cet article a paru originellement en anglais.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
Chine
2
Sauvegarder cet article

La Chine se voit bientôt la première puissance économique mondiale et en avance dans de nombreux domaines. Elle semble même penser ne plus avoir besoin du reste du monde pour son développement. C’est probablement une erreur, comme l’a montré l’épisode maoïste.

 

Pourquoi la Chine choisit d’être seule ?

Dans mes derniers articles, j’évoquais les faiblesses à long terme de la Chine, principalement sa crise démographique ou la démotivation des jeunes qui, n’ayant pas connu la misère de leurs parents, rechignaient à travailler ... Poursuivre la lecture

Par Emmanuel Négrier[1. Directeur de recherche CNRS en science politique au CEPEL, Université de Montpellier, Université de Montpellier.] et Vincent Simoulin[2. Sociologue, Directeur du CERTOP (Centre d’Etude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir), Université Toulouse – Jean Jaurès.]. Un article de The Conversation

La vie offre parfois des compensations aussi improbables qu’inattendues. Les habitants de Gruissan, Lézignan-Corbières ou Narbonne peuvent en témoigner. Après avoir passé un demi-siècle en périphérie de la région Lang... Poursuivre la lecture

Par Romain Delisle. Un article de l'Iref-Europe

Créée par la loi du 3 janvier 1979, la dotation générale de fonctionnement (DGF) des collectivités territoriales a remplacé le versement représentatif de la taxe sur les salaires (VRTS) qui avait lui-même succédé à la taxe locale sur les ventes au détail, instaurée en 1955, perçue par les communes et supprimée du fait de la généralisation de la TVA.

Elle se compose de 12 dotations différentes et se décompose toujours sur un modèle de tronc commun ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles