Ce que j’appelle oubli : Denis Podalydès au sommet

 

« Ce que le procureur a dit, c’est que l’on ne pouvait pas mourir comme ça, pour si peu ». Inspirée d’un fait divers sordide qui s’est déroulé à Lyon en 2009, cette pièce de théâtre de Laurent Mauvignier ne laisse pas indifférent, loin de là.

Il entre dans un supermarché, et boit une cannette de bière à l’intérieur. Quatre vigiles viennent à sa rencontre, l’emmènent dans une petite pièce tout près, et le tabassent à mort. Ce qui frappe autant que l’absurdité de cette mort sans raison, c’est le jeu d’acteur époustouflant de Denis Podalydès, décidément l’un des meilleurs acteurs/comédiens de ces 30 dernières années.

Il est seul sur scène, déclamant sans perdre un mot, sans hésitation ni syllabe mal articulée, une seule et longue phrase de 60 pages, telle qu’écrite dans le livre à l’origine de la pièce. Un jeu d’acteur pur, ou un pur jeu d’acteur, où tout repose sur l’intonation et le rythme de la voix, et un léger balancement du corps d’avant en arrière.

« Pas maintenant, pas comme ça ». Podalydès est aussi brillant que les personnages décrits sont affligeants de banalité. On devine la misère humaine et intellectuelle de ces hommes. Ils ne sont pas mauvais, pire, ils sont médiocres.

Les longs applaudissements sont mérités. Mais ne dureront pas, la pièce s’arrête le 19 mai. Pour les intéressés, courez-y, maintenant, comme ça.

 

Denis Podalydès, dans « ce que j’appelle oubli », mis en scène par Laurent Mauvignier.

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