L’Europe sera libérale ou ne sera pas

Rien, en Europe, ne peut en principe se faire sans une intervention équilibrée de la France et de l’Allemagne, mais la France ne joue pas le jeu.

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L’Europe sera libérale ou ne sera pas

Publié le 28 avril 2013
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Rien, en Europe, ne peut en principe se faire sans une intervention équilibrée de la France et de l’Allemagne, mais la France ne joue pas le jeu.

Par Philippe Robert.

Rien, en Europe, ne peut en principe se faire sans une intervention équilibrée de la France et de l’Allemagne. En effet, nul ne peut sérieusement contester que sans l’apport inestimable de ces deux nations fondatrices, l’Union européenne n’aurait aucune véritable consistance.

Et c’est bien là que le bât blesse dès lors que l’une d’entre elles, pour de mauvaises raisons difficilement justifiables et, finalement, carrément inavouables, se désolidarise par dépit de l’attelage commun en faisant porter à l’autre la responsabilité de son propre fiasco. Cette grande nation rebelle, c’est… la France ! Ce n’est d’ailleurs pas un scoop tant, depuis le 25 mars 1957 date de la signature du traité de Rome, la France a toujours voulu jouer « perso » avec, le plus souvent, un mépris affiché pour toute véritable avancée libérale. Par surcroît, la France est une nation très particulière qui se croit investie d’une mission d’un caractère universel depuis qu’elle a eu le génie révolutionnaire de se draper dans les plis tricolores de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Mais aujourd’hui la France socialiste, héritière d’un passé dont elle a autant à rougir que la fausse droite battue de peu en 2012, fait montre d’une incroyable incompétence qu’elle s’empresse, paniquée, de mettre sur le dos de l’Allemagne d’Angela Merkel érigée en bouc émissaire. Il s’agit là d’une folle tentative de diversion qui peut, à l’échelle de l’Europe, se révéler d’une extrême gravité : car on ne brise pas aussi aisément une solidarité de fait, fût-elle même considérée comme un boulet permanent, sans s’exposer à subir inutilement les affres de l’opprobre.

Néanmoins, il est un fait que plus le temps passe, plus les vices cachés d’une construction européenne biaisée, de plus en proie depuis 2008 à un grand chambardement structurel incontrôlé, se font jour au point que se pose avec acuité la question de sa poursuite en l’état.

J’ai un grand respect pour l’Europe. Pour résumer mon point de vue en quelques phrases, je dirais que je souhaite une Europe fondée sur l’inter-gouvernementalisme, ou, en d’autres termes, sur un minimum de supranationalisme. Je veux une Europe qui serait fondée sur la coopération rationnelle et amicale d’États égaux et souverains. Je ne veux pas d’une patrie artificiellement organisée pour tous les Européens.

Ainsi parlait le 29 avril 2010 à Berlin l’ancien président de la République tchèque, Vaclav Klaus, lors d’une visite officielle au Walter Hallstein Institute de droit constitutionnel européen, Université Humboldt, à rebours de l’actuelle mauvaise pente européiste.

Plus que jamais, il devient donc urgent de s’interroger sur l’ardente nécessité de bâtir, à l’opposé du dogme européiste, une Europe des libertés s’appuyant sur des nations égales (en droit) interagissant souverainement au sein d’un espace commun bien délimité.

Il serait hautement préjudiciable de tenter de supprimer la nationalité et de concentrer le pouvoir au centre d’un conglomérat européen (…) L’Europe sera plus forte si elle compte précisément en son sein la France en tant que France, l’Espagne en tant qu’Espagne, la Grande-Bretagne en tant que Grande-Bretagne, chacune avec ses coutumes, traditions et particularités. Ce serait de la folie que d’essayer de les faire entrer dans une sorte de portrait-robot européen. [1]

La musique est un art universel intelligible à tous sans pour autant que l’idée de l’enfermer dans un carcan politiquement correct s’empare, à la notable exception des régimes totalitaires, du premier esprit venu (encore qu’il paraisse légitime de penser que Pierre Boulez, en France même, ait éprouvé un puissant penchant pour une telle aberration). Ainsi, « L’art est probablement l’un des domaines où la diversité des peuples s’est manifestée de la façon la plus favorable (…) Si la « nation » fut par certains aspects une prison intellectuelle, une cause de guerres et de malheurs, l’art des siècles passés s’est également nourri de ces traditions croisées au nom desquelles Mozart se réclamait « musicien allemand », Moussorgsky « russe », tandis que Ravel déclarait : « Moi, le plus internationaliste des hommes, je suis fort nationaliste en art. En art seulement. » [2]

On a donc tout à fait le droit, pour des raisons à mon sens le plus souvent irrationnelles, de ne pas porter la Dame de fer dans son cœur ; de même est-il possible que certains considèrent que les prises de position de l’ancien président tchèque Vaclav Klaus relèvent plus de la psychiatrie que du bon sens après 40 ans de servitude communiste. Mais quoi de plus authentique et de plus sincère que la musique ?


Notes :

  1. Margaret Thatcher dans son fameux discours prononcé le 20 septembre 1988 à Bruges.
  2. Benoît Duteurtre : Requiem pour une avant-garde, Les Belles Lettres, 2006.
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  • L’article est intéressant, parce que spécifiquement français !

    Aucun belge, luxembourgeois, hollandais ou autre ne pense perdre sa nationalité en adhérant au club européen, que du contraire !

    • c’est normal, car la belgique, le luxembourg, et dans une moindre mesure, la hollande, ne sont pas réellement des nations, mais des accidents de l’histoire.

  • la france a perdu tous espoir de diriger l’europe en 1812. mais les francais ne peuvent se faire a cette idée. la victoire de 1918, n’etait qu’une ilusion, et l’echafaudage branlant du traité de versaille fut a l’origine du deuxieme conflit mondial.
    aujourd’hui, mème en aglomerant la wallonie et la suisse romande ( et monaco ) la france ne pourrait pretendre a la direction de l’europe.
    personne dans la classe politique francaise ne pourra faire les reformes qui pourraient permettre a la france d’exporter en mark allemand.
    alors que faire ? scinder l’europe en deux ( europe du sud – europe du nord ) ou en trois ( europe de l’est en plus ) accepter que l’europe soit dirigée par le monde germano-scandinave ? c’est la quadrature du cercle. les peuples du nords, n’accepteront pas longtemp de donner leur argent a des gens qui ne parlent pas la mème langue qu’eux, et qui de surcroit, n’on pas besoin de se chauffer l’hiver.
    il ne faut pas oublier que la reforme protestante a eu lieu parce que l’argent allemand sortait du pays pour financer du vent ( les indulgences ) et le train de vie de la curie romaine.

  • Avant tout le commerce et la finance – extrait u livre  » la face cachée du mondialisme  » page 126

     » La politique européenne est élaborée par la Commission en étroite collaboration, en réalité sous la supervision, de l’European Round Table, ce puissant lobby. Il est associé à toutes les grandes décisions en matière économique, financière, sociale, ou environnementale, alors qu’il n’a aucune place légitime pour le faire. Dès l’origine, la construction européenne ne se limitait qu’à un espace marchand dans lequel les intérêts des grandes entreprises avaient priorité sur tout autre objectif. Aujourd’hui, espérer voir se profiler une véritable citoyenneté européenne, un fonctionnement plus démocratique des institutions, une convergence sociale et fiscale qui équivaudrait à la convergence financière et économique ne serait que pure utopie. Depuis 20 ans, c’est l’unilatéralité du commerce et de la finance au profit exclusif des intérêts de grandes entreprises qui prédomine toute approche d’intérêt général.

    Les ouvertures de progrès à d’autres domaines, incluant le souci des citoyens – salariés – consommateurs – sont toujours reportées à une date ultérieure. Certes, l’harmonisation financière et commerciale entre les pays est dûment établie, mais au détriment du budget intérieur des États eux-mêmes, conséquemment de la proportion grandissante des citoyens les plus fragiles. De même qu’aucune harmonisation équivalente de la fiscalité, des salaires, et des charges sociales ne profite au grand public. C’est la voie ouverte au dumping fiscal et social pour favoriser les délocalisations. Un réservoir de main-d’œuvre à bon marché s’offre aux actionnaires avides. Il provient des pays baltes et d’Europe de l’Est qui ont été récemment intégrés dans l’Union »…

  • Et la bretagne en tant que bretagne. La corse en tant que corse…

  • Et les rois mages … se sont cassés !!!

  • Vous ne pouvez pas avoir le libéralisme et l’Europe des Nations. Pour avoir le libéralisme, il faut une Europe confédérale, avec des postes élus, un parlement, et une subsidiarité forte. Vous croyez que sans l’UE nous aurions encore les règles de concurrences ? il faut que les gens commencent à mettre sur le papier l’Europe qu’ils aimeraient ! C’est bien d’en parler mais je n’ai vu aucun croquis des institutions, aucune constitution.. où sont les projets concrets ?

  • Les commentaires sont fermés.

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