Libérons la monnaie

Comment libérer la monnaie et revenir à ce qu’elle a toujours été ?

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Pièces Euro (Crédits : 24oranges.nl, Creative Commons)

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Libérons la monnaie

Publié le 16 février 2013
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Comment libérer la monnaie et revenir à ce qu’elle a toujours été ?

Un article du Parti Libertarien Belge.

La monnaie. La littérature économique sur le sujet est abondante. Privilège de l’Etat, beaucoup d’entre nous ont oublié que la frappe de la monnaie et l’émission de billets avaient été avant le 20e siècle en certains endroits un processus privé entre les agents économiques, un moyen d’échange adossé à un puissant référent : l’or. Ce métal précieux, avec l’argent, était communément accepté comme moyen d’échange en raison de sa rareté relative, sa malléabilité, sa fractionnabilité, sa réserve de confiance, sa transférabilité et sa pérennité. Il fallait trouver un moyen d’échange exprimant une échelle de valeurs, un instrument de réserve et une marque de confiance.

La monnaie n’est que l’excroissance naturelle de la propriété privée. C’est un instrument de réserve à toute production personnelle. Ce n’est donc pas le fait du Prince, le fruit de l’action gouvernementale ou le produit de la banque centrale mais la résultante de l’activité économique entre les acteurs privés. Ces derniers, animés par des volontés pacifiques et non coercitives, sont prêts à placer de manière volontaire leur confiance dans un instrument commun. L’Etat s’est emparé de cette fonction qu’est l’émission de monnaie. La raison est double: sous prétexte de garantir la confiance dans la monnaie et de protéger ses sujets contre les faussaires, les gouvernants ont vu dans ce moyen d’échange un formidable instrument d’exercice du pouvoir et de financement de leur autorité. La monnaie, ainsi nationalisée, devenait unique et n’avait cours légal que sous le sceau du pouvoir étatique. Ce dernier pouvait en manipuler le stock, la pureté, la finesse et même la forme quand bon lui semblait, ou plus exactement quand il y avait une armée à lever ou une révolte à mater. On comprend vite dans cette optique que, de la pacification des échanges via le commerce et la coopération sociale, nous passons à une logique guerrière d’agression et de violation des droits naturels de l’individu que sont la liberté, la propriété privée, la sûreté et la résistance à l’oppression dans la responsabilité individuelle.

Derrière les guerres et conflits sur les cent dernières années, il y a un besoin de financement et l’effort ne peut s’accomplir que dans la confiscation de la propriété privée, entre autres via la manipulation de la monnaie par les belligérants. D’instrument de financement, le système monétaire, en tant que bras armé du gouvernement, est aussi un système fiscal puissant puisque l’inflation, c-à-d l’érosion de votre carnet d’épargne et de votre bon d’Etat, est un impôt qui ne dit son nom. L’inflation favorise le débiteur au détriment du créancier avec pour effet pernicieux de faire payer la facture aux créanciers en bout de chaîne, à savoir les petits épargnants et les retraités de la classe moyenne paupérisée.

Depuis que la Federal Reserve américaine a drastiquement baissé les taux d’intérêt en 1995 et que les politiques monétaires subséquentes des banques centrales sont devenues agressivement expansionnistes, le stock monétaire mondial a augmenté de manière exponentielle pour, à quantité plus ou moins constante de projets rentables suivant les périodes, générer des bulles spéculatives (boom) finissant toujours par éclater (bust) et entraînant une paralysie des agents économiques tout en mettant en exergue le risque systémique (effet domino) lié à une monnaie unique nationale ou supranationale sans référent or. Notre ère est caractérisée par l’omnipotence des banquiers centraux qui entre augmentation du stock de monnaie et manipulation de la courbe des taux d’intérêt, ont empêché les agents économiques que nous sommes d’avoir des référents solides et des signaux clairs afin d’ajuster nos choix d’investissement et de consommation tout en assurant le maintien et l’approvisionnement d’un matelas d’épargne destiné à générer des nouveaux investissements et donc créer des emplois dans nos économies domestiques. Au contraire, le chômage et la pauvreté ont été crescendo.

Comment sortir de cette spirale destructrice et liberticide? Le Parti Libertarien proposer la libération de la monnaie. Ceci reviendra à opérer un système bancaire où les agents économiques, vous et nous, confieront leur nouvelle monnaie émise sous référent or suivant échange des anciens billets et pièces par une agence indépendante spécialement créée par l’Etat via l’apport du stock d’or de la banque centrale. Ces nouveaux billets et pièces pourront entrer dans le système bancaire et de paiements pour les transactions commerciales et financières où le risque systémique sera fortement réduit, voire nul, car toute émission aura sa couverture or.

Le gouvernement sera limité dans ses politiques budgétaires et ses appétits fiscaux, tout en étant soumis à des impératifs de respect en matière de déficit. Ses relations extérieures avec les autres Etats se feront d’abord dans une logique pacifique, la violence n’étant justifiée qu’en cas d’agression de l’extérieur et de violation de l’intégrité de son territoire. La banque centrale pourra dès lors être privatisée sans conséquence pour l’emploi dans un libre marché où elle pourra faire la preuve de sa bonne politique commerciale et de sa bonne gouvernance. L’inflation sera sous contrôle et les banques se feront concurrence en matière de taux d’intérêt, ces derniers étant un prix devant être fixé par le principe de libre concurrence entre les prestataires selon la loi de l’offre et de la demande. Les banquiers, libérés mais redevenus pleinement responsables de la bonne conduite de leurs affaires via une législation ad hoc, s’affronteront dans un environnement monétaire assaini. A ce sujet, les bank runs (les clients se précipitent à la banque pour retirer leurs dépôts provoquant l’illiquidité immédiate de l’établissement) seront fortement limités, les banques plaçant dans le marché les fonds déposés sur des durées conformes à la durée des dépôts. N’oublions pas que ce modèle bancaire et monétaire prévalait tout au long du 19e siècle et même au 18e siècle en Europe de l’Ouest.

La monnaie est un bien trop délicat pour en confier la gestion à un organisme public dans lequel nous avons perdu toute confiance et qui est à la source même des déséquilibres et crises économiques actuelles. Libérons la monnaie. Nous devons nous la réapproprier et la remettre à notre propre service, ce qui n’est que l’expression légitime des nos droits naturels.

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  • En gros c’est revenir à la situation d’avant Bretton Woods sauf que ce n’est plus l’état qui provoquera l’hyper inflation mais les gens

    • connaissant les gens autour de moi, et leur sempiternel  » mais ils n’augmentent pas les retraites !!  » et sachant que dans mon millieu, les retraités gagnent tous plus que les jeunes qui travaillent, l’hyper inflation risque d’arriver beaucoup plus vite avec les gens qu’avec l’etat !

    • Une situation d’hyperinflation pour une monnaie est peu crédible en régime de concurrence monétaire, car le prix des monnaies inflationnistes en quantité tend vers zéro. Quant aux monnaies déflationnistes, si elle peuvent faire illusion auprès d’épargnants peu subtils, elles disparaîtront aussi, faute d’usage possible.

      L’erreur de l’auteur est de croire qu’un stock d’or (ou n’importe quel autre bien physique) puisse servir de monnaie, ou même de simple garantie. Quelle idée absurde de vouloir absolument garantir son épargne ! Si on veut bien admettre que toute forme d’épargne comporte un risque, alors on comprend que toute épargne garantie est nécessairement stérilisée, donc fondante. Nonobstant la bulle que nous pouvons actuellement observer sur l’or, ce qui fait l’étalon d’une monnaie en concurrence, ce n’est pas un éventuel stock de richesses détenues mais le flux potentiel de création de richesses des détenteurs de la monnaie. Tant que les quantités émises correspondent à ce flux, la monnaie n’est pas inflationniste (ni déflationniste).

      Si on veut bien laisser jouer la concurrence, si les Etats renoncent enfin aux manipulations économiques et monétaires à l’origine de toutes les crises, les monnaies inflationnistes ou déflationnistes, délaissées, finiront par disparaître au profit des monnaies dont les quantités (donc les prix) auront été stabilisées.

  • vous devriez vous renseigner sur la monnaie Bitcoin, je suis sûr que ça vous plaira.
    cette monnaie cumule les qualités de l’or et celles de l’argent liquide.

  • Personnellement j’ai du mal à être convaincu par BitCoin car malheureusement je n’ai pas les connaissances pour bien comprendre la mécanique de la cryptographie.

    La quantité de gens maîtrisant suffisamment ces concepts sont rares, même parmi les libéraux.

  •  » la violence n’etant justifiée qu’en cas d’agression exterieur et de violation de l’integrité de son territoire  »
    quel programme !! hitler ne devait pas avoir cela a son repertoire.
    sous la revolution, st just voulait inscrire dans la constitution, que la paix ne pourrait etre signée si une armée etrangère occupait une partie du territoire, un autre conventionnel lui avait immediatement demandé s’il avait  » signé un traité avec la victoire ?  »
    plus pres de nous , si de tel preceptes etaient la norme en france, il faudrait s’attendre a voir les islamistes d’ ACMI s’emparer d’ abidjan d’un jour a l’autre.

  • et bitcoincoin, c’est la monnaie des canards ? ( hehe …. )

  • Je serais intéressé par vos sources. Parce que pour le coups, quand on écoute différents historiens de la monnaie, la monnaie a en faite était d’abord un instrument politique (la première banque centrale étant une mine d’or que détenait un prince), et qu’elle a toujours été un instrument de l’État (système Talic, Mandat…). Au contraire, faire de la monnaie un bien privé est quelque chose de très récent avec l’idée d’une banque centrale indépendante, d’autant que la banque centrale n’est pas que le seul vecteur de création monétaire mais les banques privées sont déjà les principaux créateurs de monnaie par les effets leviers.

    • Le problème, c’est que les banques créent la même monnaie, par délégation de la BC. Certaines profitent de l’effet de solidarité qu’une monnaie unique impose à tous pour faire n’importe quoi, notamment financer des dettes publiques qui ne créent aucune richesse. Il ne s’agit donc pas d’une création monétaire privée à proprement parler. Quant à l’effet de levier, il est inhérent à la création monétaire : ce n’est pas le problème.

    • La première Banque Centrale a été créée en 1694 en Angleterre à la suite de la prise de pouvoir par Guillaume d’Orange. Avant, les gens faisaient comment ?
      Ils échangeaient de biens contre d’autres biens et la monnaie, dont la valeur était définie par rapport à l’or, avait une valeur relativement stable puisqu’elle suivait la production de ce métal.
      Les Etats se sont approprié le privilège d’émission pour mieux pervertir cet instrument qui n’est absolument pas un devoir régalien de l’Etat.
      Source : la vérité sur la monnaie de P.Salin.
      Source : Etat, qu’as-tu fait de notre monnaie ? de M. Rothbar

  • Drole de manière pour faire encore plus de déficit. Les asiatiques sont friant de matières premières à bas coût, même avec une tête de clovis 1er ou de nul cesar!

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