Les impôts aux États-Unis historiquement bas, vrai ou faux ?

Barack Obama souhaite augmenter les impôts américains en arguant de leur faiblesse historique. Vraiment ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les impôts aux États-Unis historiquement bas, vrai ou faux ?

Publié le 5 février 2013
- A +

Barack Obama souhaite augmenter les impôts américains en arguant de leur faiblesse historique. Vraiment ?

Par Romain Lullo.

Face à la « falaise budgétaire », Barack Obama et l’administration démocrate plaident pour une augmentation de la pression fiscale fédérale justifiée par des revenus fiscaux en pourcentage du PIB historiquement bas. En ce sens il est suivi par de nombreux économistes.

En effet, les chiffres donnent raison à Barack Obama et les revenus fiscaux en proportion du PIB sont bien à un plus bas historique, aux alentours de 25%.

Néanmoins ce raisonnement pèche par une erreur méthodologique grossière. En effet le Produit Intérieur Brut inclut la composante des dépenses étatiques. Or l’État n’a pas de ressources si ce n’est l’impôt et l’endettement, il ne supporte quasiment aucune charge fiscale. De plus toute consommation étatique aux entreprises privées est intégrée dans la production finale de la composante privée. Par conséquent si la composante « dépenses publiques » du PIB s’accroît relativement plus vite que la composante « privée » les recettes fiscales en pourcentage du PIB vont mécaniquement baisser sans que la charge fiscale supportée par le secteur productif ne diminue.

Ainsi il convient d’analyser les recettes fiscales en pourcentage du PIB privé.

Le dernier plus bas historique remonte à 2003 avec seulement 26% du PIB de recettes fiscales, année où la Jobs and Growth Tax Relief Reconciliation Act (JGTRRA, la fameux « cadeau fiscal » de Bush) est votée. Remarquons la remontée spectaculaire des recettes fiscales qui suivit, illustration éloquente de la courbe de Laffer. Si nous comparons ce dernier plus bas historique avec la situation actuelle nous pouvons remarquer une forte résistance du revenu fiscal en pourcentage du PIB privé qui a presque rejoint son niveau historique de 45%. En revanche les recettes fiscales en pourcentage du PIB se sont effondrées et peinent à dépasser leur dernier plus bas historique de 2003.

C’est l’augmentation sensible des dépenses publiques qui explique la baisse du revenu fiscal en pourcentage du PIB. La contribution fiscale effective du secteur marchand a quasiment rejoint son dernier plus haut de 2007, il n’existe aucun « manque à gagner ». Les républicains ont donc bien raison de vouloir agir sur les dépenses et non sur les recettes.

Voir les commentaires (10)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (10)
  • Très intéressant. Les mêmes graphiques pour la France et les pays européens seraient très intéressant !

    En France, avec nos 54% de prélèvements et nos 45% de PIB public, cela doit être impressionnant de voir que les recettes fiscales en % du PIB privé explose les plafonds !

  • Je peux bien évidemment le faire. Il faudrait voir si cela intéresse la rédaction….

    • Romain: « Je peux bien évidemment le faire. Il faudrait voir si cela intéresse la rédaction…. »

      Le lectorat en tout cas !
      Et quel argument ça ferait pour convaincre des non-libéraux.

  • Tout ça me désespère. Évidement on le sait tous déjà. Les USA changent. Et pour moi, je ne vois rien qui pourra bloquer cette tendance à la hausse de l’accroissement de la taille de l’État. La résultante de tout cela sera une perte de croissance, des bulles, encore des bulles et du chaumage. Ces économistes écervelés, pourris keynésiens n’attendent que ça. Une bonne grosse guerre à la con pour dire : « regardez ça marche ! On a réussi à refoutre une aussi grosse merde qu’en 39-45 ! ».

  • Je viens de finir de compiler les données pour la France et si je prends le PIB privé au sens strict en 2010 on est à 98,51% de recettes fiscales en pourcentage du PIB privé ! Néanmoins il faut relativiser car l’Etat français a une contribution fiscale qui n’est pas négligeable (entreprises publiques, secteur de la santé publique…) contrairement à l’Etat US. Si on enlève la contribution fiscale de la sphère publique pour 2010 on est a 48,8%.

  • Pour ceux qui m’ont demandé les mêmes données pour la France.
    Un article sur l’évolution de la situation macro de la France durant les 20 dernières années et les perspectives possibles suivra.
    http://blackstormglobal.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=76&action=edit&message=6&postpost=v2

    • Oh mon dieu 100% ! Ne faut-il pas intégré d’autre paramètre, les dépenses publiques sont bien connecté au chiffre d’Affaire privé, on doit pouvoir complexifié le modèle.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
immobilier droit de succession
7
Sauvegarder cet article

Les droits de succession ont fait récemment l’objet d’une attention particulière de la part des politiciens.

Certains d’entre eux sont favorables à une augmentation des taux de droits de succession. C'est particulièrement désirable pour ceux qui sont de manière générale en faveur des politiques d’égalisation (qui justifient par exemple les taux d’impôts progressifs). Ils estiment par exemple qu’il n’est pas juste que certains reçoivent un capital de succession, contrairement à d’autres personnes.

 

Des droits de success... Poursuivre la lecture

L'inflation s'est accélérée en juillet pour atteindre 6,1 % sur un an, selon l'Insee.

 

L’inflation est de retour

C’est une erreur de penser que ce que l’on appelle communément « inflation » se résume simplement à l’augmentation des prix à la consommation.

L’inflation ne doit pas se définir comme une augmentation des prix à la consommation, mais comme une augmentation de la masse monétaire. L’augmentation des prix à la consommation n’est que l’un des symptômes de l’inflation, tout comme l’est l’augme... Poursuivre la lecture

impôts de production bruno le maire
9
Sauvegarder cet article

Mardi 26 juillet 2022, l’Assemblée nationale n’a pas pu trouver un accord pour voter la Loi de finance rectificative. En clair, un texte qui avalise que la loi de finance initiale a dérapé et que donc le déficit sera revu à la hausse. La Loi pouvoir d’achat ayant été votée par les députés, l’adoption de la PLFR bute sur le dossier de la renationalisation d’EDF (une bricole à 9,7 milliards d'euros qui viendra s’ajouter à un océan de dettes de 2900 milliards).

« Débats interminables », « pure politique politicienne », s’agace le ministre... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles