La corruption en Chine

Un temps, le parti a considéré que la corruption était un moyen d’obtenir de la croissance sans avoir à abandonner le contrôle politique. Mais le nouveau régime en place va-t-il chercher à diminuer cette corruption ?

Un temps, le parti a considéré que la corruption en Chine était un moyen d’obtenir de la croissance sans avoir à abandonner le contrôle politique. Mais le nouveau régime en place va-t-il chercher à diminuer cette corruption ?

Un article de l’Institut des libertés.

Ce n’est peut être pas le scoop de la décennie mais des augmentations  massives de dépenses publiques peuvent faire tomber pas mal d’argent dans des poches non méritantes. Et pas simplement à Chicago ou à Marseille.

Prenons la Chine par exemple.

Le boom économique de 2008-2009 a indéniablement aidé les ventes de montres Rolex, de Petrus, de voitures de luxes italiennes etc. La corruption est plus que jamais un des soucis majeurs de l’homme de la rue chinois bien avant la baisse de l’inégalité salariale suivant un récent sondage. Les récentes retombées médiatiques des déboires autour du président sortant Xi Jingping et de ses pairs n’a pas forcément aidé.

Tout ceci nous amène à la question suivante : les nouveaux leaders vont-ils réussir à résoudre ce problème de corruption et si oui comment ?

Une courte histoire comparative nous aidera sûrement à résoudre cette question. Gardons en mémoire que la corruption chinoise n’est pas plus forte que celle de beaucoup de pays développés et même, d’une certaine façon tragique, a permis d’aider à construire le modèle d’accumulation du capital chinois.

Durant les récentes décennies, la Chine a permis de maintenir les actifs d’État tout en développant une productivité digne du secteur privé. Une des manières de mettre dans la balance cette antinomie fut de graisser certains rouages des managers privés, une façon de compenser la motivation sans privatiser. La résultante fut une explosion des infrastructures de croissance, et une certaine forme de tolérance dans les arrangements contractuels. Le parti considéra que la corruption était un moyen d’obtenir de la croissance sans avoir à abandonner le contrôle politique. Ce qui demeure à voir en revanche et si ce modèle peut survivre encore demain. Il est difficile de savoir si le boom économique de 2009 a fait naître un boom de la corruption obligeant ainsi le parti politique à s’atteler à cette tâche. De plus, les bénéfices réels de cette corruption ne sont plus forcément aussi évidents que cela. Graisser des pattes à peut-être aidé pendant la période de recherches de capitaux en Chine mais pourrait à ce stade de développement du pays, s’avérer contreproductif.

S’accaparer les richesses du pays en construisant des ponts, des routes ou des centrales nucléaires est une chose mais savoir allouer les ressources existantes de façon intelligente, c’est en général une des capacités du secteur privé. Un accident de train mortel a brutalement rappelé récemment cette triste réalité. Mais comment le nouveau régime en place va-t-il s’y prendre pour diminuer cette corruption ? Va t on assister à d’immenses purges et des procès médiatiques ? Va-t-on assister à d’immenses privatisations et rétrécissements du pouvoir de l’État. Probablement pas. Bo Xilai a été exclu du parti et va vraisemblablement être jugé, de plus cet effet de manche n’est vraisemblablement pas non plus ce que le parti communiste chinois souhaite. Nous allons en revanche sûrement entendre de nombreux discours sur la question mais beaucoup moins d’impulsion à se montrer actif en pratique Car la corruption en elle-même est en train de diminuer en raison des conditions financières et fiscales de plus en plus traditionnelles.

En tant qu’analystes de marchés, nous avions pensé à mettre en place un système d’analyse nommé « Index de corruption de la chine », et si cet exercice s’est révélé un peu casse-cou, on y voit cependant assez nettement qu’en 2009 à Hong Kong tous les producteurs de montres de luxes ont multiplié par trois leurs bénéfices, les montres de tout temps se révélant un superbe cadeau de « liaison » en Chine mais ce même indice baisse depuis peu. Nous sommes ici convaincus que le prochain dirigeant chinois va s’atteler à la diminution de la corruption grâce à la mise en place d’un système monétaire efficace relayé par une pression fiscale cohérente.

La raison doit aussi primer dans les investissement en Chine désormais.

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Sur le web. Source Gavekal, librement traduit de l’anglais par l’Institut des libertés.