Schäuble veut interdire le trading automatique à haute fréquence

Les divers messages que le marché nous envoyait autrefois sont désormais lourdement distordus à mesure que les machines prennent de plus en plus de place dans le processus.

Les divers messages que le marché nous envoyait autrefois sont désormais lourdement distordus à mesure que les machines prennent de plus en plus de place dans le processus.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume Uni.

En m’écartant un peu des nouvelles européennes habituelles, je note que Schäuble, le ministre allemand des Finances, espère soumettre ce mois-ci un projet de loi pour réguler le trading à haute fréquences.

À moins que vous me contredisiez, c’est sûrement la première fois qu’une telle tentative est faite – même si lUE avance aussi sur cette question – et reflète la gravité que ce problème a atteint. Cette analyse publiée par la School of Accountancy de Singapour met à plat ces problèmes, sous le titre « Le côté sombre du trading ». On peut en trouver un résumé plus succinct ici, dans le Time Magazine du mois dernier.

Il y a vraiment peu d’articles à en faire état dans la presse britannique cependant, et il faut remonter à avril 2010 pour découvrir dans le Failygraph que cette pratique fut placée sous l’œil vigilant du Comité européen des régulateurs de marché de valeurs mobilières (CESR).

Cependant, avec jusqu’à 70% des activités de trading accomplies automatiquement par ordinateur sur certains marchés, cette pratique a un énorme effet de distorsion sur la façon dont fonctionnent les marchés et les signaux que ceux-ci envoient.

Malgré cela, dans les analyses de marché, on peut toujours lire quotidiennement des commentateurs évoquer dans le même respect certains indices de valeurs et la signification de leurs mouvements.

Mais le commentateur moyen est cependant conscient que, dans l’ensemble, ces valeurs retracent seulement l’activité d’algorithmes informatiques, dont le seul but est de gagner de l’argent, d’une façon très différente des opérations de marché traditionnelles.

Attribuer alors la moindre « intelligence » à ce processus, tout comme tirer des conclusions politiques à partir des « sentiments » des marchés, me semble plus qu’un peu erroné. Les divers messages que le marché nous envoyait autrefois sont désormais lourdement distordus à mesure que les machines prennent de plus en plus de place dans le processus, laissant les être humains à la marge.

Thatcher, comme d’autres, aurait pu dire que vous ne pouvez pas aller contre les marchés, mais les marchés d’aujourd’hui sont très différents. Les modèles de trading d’aujourd’hui ont leurs dangers, et l’utilisation de données en tant qu’outils économiques – et politiques – n’est pas fiable.

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Sur le web.
Traduction : YB pour Contrepoints.