La fin d’une désastreuse expérience morale

Nous avons besoin d’une élite morale qui prêche et mène par l’exemple, qui sait dominer ses appétits. Sinon la Crise ne fait que commencer.

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John Von Neumann.

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La fin d’une désastreuse expérience morale

Publié le 18 août 2012
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Nous avons besoin d’une élite morale qui prêche et mène par l’exemple, qui sait dominer ses appétits. Sinon la Crise ne fait que commencer.

Par Lord Sacks, Chief Rabbi de la Communauté Israélite en Grande-Bretagne.
Publié en collaboration avec l’Institut des libertés.

Les scandales bancaires à répétition, les faux prix que des banques ont introduit dans leurs contrats, les démissions en catastrophe de tel ou tel haut dirigeant dans le monde des affaires auront sans doute quelque chose de bon s’ils nous permettent de prendre conscience d’une réalité toute simple que nous essayons tous de ne pas voir depuis des décennies.

La Morale existe.

Je ne veux pas parler ici des lois, des réglementations, des autorités de contrôle, des commissions d’enquête, des tribunaux, des amendes, des sanctions, mais beaucoup plus simplement de la Morale individuelle : cette petite voix qui nous dit de ne pas faire quelque chose quand bien même elle serait à notre avantage, quand bien même elle serait légale et quand bien même la probabilité que nous soyons découverts soit extrêmement faible. Tout simplement parce que c’est mal, parce que c’est déshonorant, parce que cela casse la confiance que nous devons avoir les uns dans les autres.

En fait, nous arrivons à la fin d’une grande expérience sociale qui a commencé dans les années 60 et qui est en train d’échouer lamentablement. Elle consistait à essayer de vivre en société sans un code moral commun librement assumé par chacun. Dans les années 60, tout commença avec la moralité individuelle telle qu’elle s’appliquait depuis toujours dans la vie privée.

Dans les années 80, on s’essaya à appliquer ce changement au monde des affaires. Ce fut l’âge de la croyance en la toute puissance du marché. Adam Smith n’avait-il pas montré de façon fort convaincante que ce même marché par l’intermédiaire de la fameuse main invisible transformait la recherche de l’avantage individuel en progrès collectif ? Adam Smith, cependant, ne dit jamais nulle part que la cupidité était une qualité mais bien d’autres se recommandant de lui se crurent autorisés à le dire.

Compte tenu de l’état lamentable dans lequel se trouvent nos économies, il est légitime de se poser quelques questions sur le bien fondé de ce glissement intellectuel… En fait, sans grande publicité, une découverte avait été faite au début des années 50 qui remettait en cause ce point central de la théorie d’Adam Smith.

John Von Neumann.

L’inventeur de ce nouveau concept fut un des hommes les plus brillants de tous les temps, John Von Neumann. Mathématicien physicien, il était le fils d’un banquier et avait souvent entendu son père discuter de son métier pendant les diners familiaux. Cela suffit à Von Neumann pour comprendre que la façon dont son père prenait ses décisions n’avait rien à voir avec la théorie économique classique. Nul calcul abstrait de pertes ou de profits n’avait lieu. Une décision se révélait bonne ou mauvaise selon la façon dont les autres l’interprétaient, et cela ne pouvait être anticipé. Pour aider les gens à prendre des décisions dans un monde incertain, Neumann inventa une nouvelle discipline qui prit le nom de théorie des jeux. Ceci donna naissance au fameux puzzle intellectuel appelé « le dilemme du prisonnier », qui montrait que deux agents (ou plus) agissant rationnellement pouvaient produire des résultats qui seraient mauvais pour eux individuellement ou collectivement. Cela revenait à dynamiter la théorie de la main invisible, en prouvant qu’il existait des situations qui ne pouvaient être traitées par la main invisible. Newman fit pour la théorie économique classique ce qu’Einstein fit pour la physique.

D’après Neumann, la variable clef était la confiance (TRUST).

Dans une société de confiance, l’économie de marché fonctionne à la satisfaction générale. Dans le cas contraire, tout s’écroule. Le choix est simple. Soit nous sommes dans une économie fondée sur la confiance soit nous sommes dans une économie du risque. Dans le premier cas, chacun peut agir en sachant que les autres vont prendre des décisions visant à protéger les intérêts de leurs mandataires. Dans l’autre, tout dépend de la structure des lois, des réglementations, des autorités de contrôle, des punitions et châtiments, des amendes… Les coûts de transaction deviennent extrêmement élevés et empêchent peu à peu toutes les initiatives. De plus, les gros malins trouveront toujours une façon de tourner lois et règlements à leur profit. Sans confiance, la recherche de l’intérêt individuel l’emportera toujours sur les réglementations, même les plus élaborées, et à la longue le système s’effondrera de lui-même.

Mais la plupart des gens ne sont-ils pas honnêtes ? Pas vraiment, selon une étude publiée par Dan Ariely dans un livre récent (The Honest truth abut dishonesty). Le principal résultat de cette étude semble être que chacun d’entre nous est prêt à tricher, voler, mentir pour peu que la possibilité se présente. Nous ne sommes cependant pas prêts à admettre que tel est le cas. Quand nous en avons l’opportunité, nous aimons tous tricher, en nous convainquant cependant que nous ne trichons pas et que tout le monde ferait pareil dans la même situation. Nous  avançons masqués derrière la croyance que dans le fond nous sommes honnêtes et que nous sommes parfaitement honorables. L’auteur donne l’exemple du jeune Jacques rentrant de l’école où il a été puni pour avoir volé un stylo-bille et qui se fait engueuler par son père qui lui dit « mais enfin pourquoi as-tu volé ce stylo ? J’aurais pu t’en ramener dix du bureau ». Chacun d’entre nous est prêt à oublier ses manquements tout en notant avec soin ceux des autres.

D’après les auteurs de l’étude, plus la distance est grande entre l’acte et sa conséquence, plus il y a de zones d’ombre sur les responsabilités et plus il y a d’écart financier entre la  mauvaise décision et ses conséquences financières importantes, et plus nous avons tendance à nous auto-justifier. Si nous sommes soumis à de très fortes pressions, nous aurons tendance à céder. De même si nous pouvons nous convaincre que nous faisons tout cela dans l’intérêt général, comme la malhonnêteté est contagieuse, si nous voyons quelqu’un dans l’organisation se laisser aller et en être récompensé, la tentation devient alors irrésistible, surtout si chacun peut se convaincre qu’il fait ce qu’il ne doit pas faire pour des raisons altruistes ou humanitaires.

Comment changer une culture ? Il faut dépasser les codes et les règlements. Ce qui compte, toujours d’après cette étude, c’est non pas le code régissant les conduites, mais le rappel constant des raisons pour lesquelles il a été introduit tant nous avons une capacité tout à fait remarquable à interpréter les règles, à notre avantage bien entendu. Il faut  donc gérer les hommes selon l’esprit et non selon la lettre. Car la rentabilité dans certaines activités de la Finance ou de l’économie est devenue telle que les imaginations se donnent libre cours dans la recherche de l’intérêt personnel et la société de confiance de ce fait disparaît, ce qui est le vrai drame.

Certes, nous avons besoin de lois et de règlements. Nous avons surtout besoin d’individus placés au sommet qui prêchent par l’exemple, savent dominer leurs appétits et mènent par l’exemple. Faute de quoi, la Crise ne fait que commencer.

—-
Sur le web. Article original publié le 07.07.2012 dans The Times. Librement traduit par Charles Gave.

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  • Très beau texte, qui explique ce que l’on se sait pas ou ce que l’on ne veut pas savoir…

  • « Certes, nous avons besoin de lois et de règlements. Nous avons surtout besoin d’individus placés au sommet qui prêchent par l’exemple, savent dominer leurs appétits et mènent par l’exemple. Faute de quoi, la Crise ne fait que commencer. »

    Le mythe du sauveur… Bref, c’est foutu d’avance.

    • Il s’agit plus d’une reprise du dicton: « charité bien ordonnée commence par soi même ». Si ceux qui régulent faisaient l’effort d’être un peu moral ce serait un premier pas.

  • Belle expression de ce que tout le monde a pu constater avec le même questionnement à la fin :

    Comment sortir ou les sortir (les dirigeants et actionnaires) de cette ornière de la cupidité.

    Ceci dit, ce texte, par sa franchise, est une belle plaidoirie anti-libérale !

    C’est peut-être l’explication du peu de commentaires sur ce remarquable texte et merci à contrepoints pour la liberté d’expression ainsi affichée.

    • Citoyen, avons-nous lu le même texte ? Ce que j’ai lu, c’est notamment un appel à la responsabilité, et la vraie liberté ne peut se concevoir qu’avec la responsabilité qui va avec. Je n’ai vraiment pas senti quoi que ce soit de spécialement anti-libéral dans ce texte.

      • Tout à fair d’accord avec vous Benjamin Guyot

        • Si le libéralisme c’est donner carte blanche à toute entreprise, et que les bénéficiaires de cette liberté non aucunes morale ou éthique, on peut en deviner le ou les résultats.

          Strawman

          C’est en ce sens que l’article met à mal le libéralisme.

          • L’auteur de cette intrusion dans un commentaire ne respecte pas la première des libertés.

            epic fail

            Et ainsi se discrédite de fait, surtout si il se définit comme défenseur des libertés individuelles.

    • @ Dark Vador
      Bien vu, le coté obscure est bien le sujet !

    • @Dark Vador

      Après analyse croisée des techniques et des expressions, je connais qu’un intervenant qui maîtrise les insertions d’images et fait souvent réference à l’homme de paille.

      Maintenant que je pense l’avoir démasqué, je peux le saluer sans animosité.

  • On ne va pas aller loin si la seule solution pour sortir de la crise est de mettre à la tête du gouvernement das gens qui ne sont pas des humains.

    Sur cette planète, tout ce qu’on a à disposition pour gouverner se sont des êtres humains. Ce qu’il nous faut c’est un système qui les empêche de faire trop de connerie, et qui les force à assumer celle qu’il font tout de même.

    En d’autres termes, le libéralisme.

  • Bon par ou commencer…
    Le mythe de la théorie des jeux? non cette fausse démonstration à été maintes fois torpillé. Poubelle
    Le mythe de la moralité perdu? non, jamais la morale n’a été le fondement d’aucune société. Je dis bien la Morale celle qui contrainte chacun être humain à agir de la même manière. Cela à toujours été au mieux un frein au développement et le plus souvent conduit à la dégénérescence des société. Non la seule morale qui vaille c’est celle des individus, celle qu’il choisissent de suivre librement.
    Le mythe du sauveur, du berger qui guide son peuple? non déjà tenter mainte fois et a toujours échoué lamentablement.
    Reste la « main invisible ». l’auteur la « dégomme » d’un revers de main alors que cette fameuse main n’a jamais été expérimenté, jamais. Depuis toujours un petit nombre d’individus (qui se nomme gouvernants) s’ingénient à empêcher cette « main » de fonctionner. pourquoi? parce que cette « main » ne les satisfait pas, elle ne leur permettrait pas d’obtenir facilement et le pouvoir et les richesses que la domination des autres leur accordent. Ils faudrait qu’il soient créatif, performant et encore n’obtiendraient ils que la reconnaissance volontaire des personnes auprès desquelles ils oeuvreraient. Ils ne pourrait jamais prétendre au contrôle de population toute entière, à la joie de la toute puissance réelle ou factice.
    L’auteur à raison par contre de souligner que les règles et réglementation tatillonnent ne mène à rien car à travers la complexité toutes les dérives sont possible. Le puissante trouve dans cette complexité le moyen de dominer le faible et L’état réalise ainsi sont fantasme : organiser la moindre micro parcelle de la société, transformer celle ci en magnifique machine que les politicien imaginent contrôler au plus près, le rêve constructiviste absolu. C’est le plus grave danger qui nous menace, car c’est une course sans fin vers une idéal inatteignable et destructeur qui nous conduira à l’esclavage le plus abjecte jamais inventé, l’esclavage volontaire d’une société dans laquelle les individus ne seront plus que des rouages anonymes et programmés. Il est donc grand temps de détruire cette tour de Babel administrative qui nous conduit lentement mais surement à notre perte. il est plus que temps de revenir aux règles fondamentalement qui sont simples, claires et comprises par tous. Ces règles sont connus depuis longtemps et défendu par les libéraux depuis aussi longtemps également. Les voici :
    – Liberté
    – respect de la propriétés
    – responsabilité

    il n’est nulle besoin d’ajouter quoi que ce soit, pas de morale bizarre ou exotique venant d’on ne sait ou (le morale chrétienne est par exemple parfaitement en phase avec ces principes). Personne ne remettra en cause la pertinence de ces principes sauf ceux qui bénéficient actuellement de leur violation constante : gouvernant, fonctionnaires et leurs complices (grande entreprises, banques, syndicats, lobbyistes de tous poiles, intellectuels dévoyés…) Mais le peuple lui à tout à gagner à l’application de ces règles juste et simple : sa liberté (enfin) et sa prospérité une fois débarrassé des parasites qui le saigne depuis des millénaires.

    • Laurent, permettez-moi de vous contredire, au moins pour ce qui est du « mythe de la moralité perdue ». Vous écrivez « jamais la morale n’a été le fondement d’aucune société », ce qui me semble radicalement faux. Si chacun ne suit que sa propre morale purement subjective, qu’est-ce qui empêche mon voisin d’étrangler sa femme au nom de sa morale ?

      Bien entendu, le contenu de la morale varie un peu selon des personnes. Toutefois, les morales qui ont été retenues par l’histoire ont toutes un noyau commun, qui correspond à ce que Hayek aurait qualifié de règles sélectionnées par l’évolution culturelle ; ou encore à la part objective et rationnellement démontrable de la morale, selon un point de vue plus aristotélicien.

      On peut aller plus loin, et voir dans ce noyau de morale universelle et objectivable l’ébauche ou la base du droit naturel. Une société qui pense la morale comme purement privée est une société qui n’a en fait pas de morale. Et une telle société est en opposition frontale avec l’idée même de droit naturel. Accessoirement, c’est une société qui ne va pas tarder à être balayée par les vents de l’Histoire.

      Comme je le disais plus haut à Citoyen, au coeur de cette moralité naturelle, on trouve l’idée de la responsabilité (individuelle). Je crois qu’il faut lire cet appel à la moralisation des élites (et je constate avec plaisir que Sacks met dans le même sac politiciens corrupteurs et managers corrompus) comme un rappel que, sans la prise de conscience que la responsabilité est une chose morale et bonne en soi, alors cette société ira de convulsion en convulsion, et finira fort mal.

      • « Si chacun ne suit que sa propre morale purement subjective, qu’est-ce qui empêche mon voisin d’étrangler sa femme au nom de sa morale ? »

        Le droit, peut-être?

    • « Reste la « main invisible ». l’auteur la « dégomme » d’un revers de main alors que cette fameuse main n’a jamais été expérimenté, jamais. »

      Le socialisme scientifique n’avait « jamais été expérimenté, jamais » avant que Lénine et Staline s’y essaient.

      Parfois il faut se méfier de ce qui n’a « jamais été expérimenté, jamais. »

      Ou alors d’abord, on fait des essais sur des animaux avant…

      • Asseeeez ! Friedman me fait mourir de rire.

        L’écriture est le phénomène historique le plus lié à la politique et aux puissants qui soit.

        Les mines de charbon issues de la mine sont régies par l’économie des matières premières, les plus sujettes aux ententes et aux trust.

        Les forêts issues du bois, n’en parlons pas, c’est le truc le plus réglementé au monde.

        Essayez autre chose pour me convaincre….

        • Vous devriez cesser de rire et commencer à réfléchir. Décidément vous avez bien choisis votre pseudo.

        • Répondez sur le fond, et ensuite revenez m’empécher de poursuivre mes ricanements.

        • Il n’y a pas de fond.

          Friedman explique que la fabrication d’un crayon mobilise une quantité importante de travailleurs et de ressources répartis sur une très large zone géographiques sans qu’un organisme planificateur soit nécessaire.

          Ce à quoi vous répondez que Friedman vous fait rire parce que certains de ces intervenants sont réunis en trusts.

          Outre le fait que vous n’expliquez jamais en quoi le fait que des entreprises se réunissent en trusts est mauvais, et dans quelles conditions, ni quels sont les mécanismes qui finissent par faire tomber les trusts (la concurrence) ou qui favorisent leur maintient (l’action étatique, subventions, normes, lois sur mesure…). Outre aussi le fait que vous n’expliquiez jamais non plus comment la réglementation agit sur ce système, vous êtes clairement très loin à coté du sujet.

          Je veux bien répondre sur le fond, mais seulement si vous l’abordez.

        • Ah mais si Gogol a des difficultés de lecture, on peut lui conseiller aussi de regarder la vidéo sur CP-TV avec plein de belles images animées pour mieux comprendre, et, cette fois-ci, Friedman en voix off.
          http://www.contrepoints.org/webtv-contrepoints/

    • « Reste la « main invisible ». l’auteur la « dégomme » d’un revers de main alors que cette fameuse main n’a jamais été expérimenté, jamais.  »

      Des phénomènes d’auto-organisation, on peut en observer tous les jours.
      Tiens, même à la plage : http://www.contrepoints.org/2012/08/14/93674-la-main-invisible-de-la-plage

  • Dans une démocratie,
    La différence entre une oligarchie de Politiciens et une oligarchie de dirigeants du privé, c’est le bulletin de vote.
    Qui, dans le 1er cas, te permet de sanctionner, alors que dans le second tu es totalement impuissant.

    • Une oligarchie de dirigeants du privé ça n’existe pas s’il n’y a pas une oligarchie politique pour les soutenir.

      La différence entre une oligarchie de Politiciens et une oligarchie de dirigeants du privé, c’est que la seconde est impossible sans la première.

      • Exacte ! d’un point de vue sémantique, mais faux dans l’esprit.

      • « La différence entre une oligarchie de Politiciens et une oligarchie de dirigeants du privé, c’est que la seconde est impossible sans la première. ».

        Vous dites n’importe quoi. C’est l’inverse total : il n’y a pas d’oligarchie politique sans une oligarchie de puissances d’argent pour les soutenir. CF MM. Koch, Adelson et Big Finance aux US, qui trustent le pouvoir et font des parlementaires leurs joujoux.

        • Une oligarchie politique se finance majoritairement par l’impôt. C’est aussi elle qui a la capacité de créer et contrôler une oligarchie de dirigeant d’entreprise, notamment en les protégeant de la concurrence, ou en les soutenant financièrement, dans un système de copinage.

          Seul le pouvoir politique a les moyens forcer les gens à payer, car il a, seul, l’usage légal de la violence.

          Ouvrez les yeux.

          • Seuls les grands pouvoirs économiques ont la capacité de forcer les politiques à « forcer les gens à payer »…. Et d’acheter l’usage légal de la violence.

            Les de Wendel se sont offert une guerre en Europe. Le lobby militaro industriel (décrié par Eisenhower) s’offre régulièrement des guerres aux US.

            Ouvrez les yeux (et branchez votre cerveau dessus car sinon ça ne sert à rien).

          • Et ben voyons. Et c’est les grand groupes économiques qui dirigent les armées, la police, la justice… Peut-être?

            Et il est bien connu que le fisc appartient à Dassault, bien sûr.

            J’en ai connu de gens qui refusaient de regarder la réalité en face, mais vous, vous lui tournez carrément le dos. La réalité ce n’est pas vos fantasmes, le pouvoir est bel et bien entre les mains du gouvernement, pas du privé, qui n’est qu’un outil entre les mains du gouvernement.

            Il n’y a qu’à voir à quelle vitesse les très grandes oligopoles coulent dés lors que le gouvernement cesse d’arroser.

            Votre cerveau ne vous sert à rien si vous refusez de vous en servir, Gogol 1er.

            Les lobbys ne sont que des groupes chargés de négocier avec des membres du gouvernement, là ou se trouve vraiment le pouvoir! Si ce n’était pas le cas, Nos grands groupes feraient leurs affaires dans leur coin et ne s’emmerderaient pas à négocier et à acheter des clown sans aucun pouvoir.

          • « Et c’est les grand groupes économiques qui dirigent les armées, la police, la justice… Peut-être? »

            Vous êtes candide ou vous le faites exprès ?

            Bien entendu que police et justice sont susceptibles d’être possédés par les grands groupes. Souvent ceci dit, ils n’en ont pas besoin.

            Dans le monde dit développé, l’industrie financière, objet de cet article, a trouvé encore mieux que contrôler police et justice : faire voter exactement les lois qu’elle souhaitait pour légaliser leurs délits.

            Comment? En finançant les campagnes des élus, qui leur mangent dans la main.

          • Qui leur mange dans la main au point que PSA risque bien de bouffer la grenouille grâce à l’action de Montebourg?

            Ignorez-vous que la plupart des présidents de grands groupes du CAC40 sont nommés par des membres de l’état? Ignorez-vous que l’état peut faire passer n’importe quelle loi pour faire tomber n’importe quel grand groupe, alors que l’inverse est impossible?

            « Bien entendu que police et justice sont susceptibles d’être possédés par les grands groupes.  »

            Et comment, je vous prie? Je veux dire sans se retrouver hors la loi ou provoquer une guerre civile?

            Expliquez-moi donc comment Mr Dassault pourrait se retrouver à la tête de l’armée Française, à part en se faisant élire président?

    • montrez moi un exemple d’oligarchie de dirigeant (strictement) privé passé ou présente…

      • Les maîtres des forges et leurs descendants de l’UIMM… L’AFEP…
        Le trust des vitamines… Les 16 banques du Libor et Big Finance en général
        Les grands groupes du BTP… Big Pharma… La RIAA… Le MPAA…

        Comme disait Bastiat :  » deux, trois patrons déjeunent ensemble, font une coalition, personne n’en sait rien. »

        • Raté. Il y’a l’état derrière, qui arrose.

          • Vous êtes en plein déni.

            C’est l’Etat américain qui finance les super PACs ? la MPAA ? la RIAA ? la NRA ?

          • Ah bon, ces gens disposent d’un monopole? Pour commencer, qu’est-ce qu’ils vendent, selon vous?

            Un lobby n’est pas une oligopole, c’est un groupe de pression, qui ne peut exister que dans le cas où le système favorise la connivence entre pouvoir politique et acteurs économique. L’existence de ces lobbys est un signe de socialisme aux US, car dans le cas contraire, ils seraient inutiles.

            Vous mélangez tout joyeusement. Revenez discuter quand vous aurez mis de l’ordre dans vos idées.

    • Le bulletin de vote ne sers que de coup de sifflet pour un triste jeu de chaise musical

  • Ce constat part peut-être d’un bon sentiment, mais il est dangereux.
    Compter sur la morale des dirigeants nous mène au bord du gouffre, c’est de sanctions dont nous avons besoin pour contrôler l’avidité du monde de la finance.

    http://politiqueduchaos.blogspot.gr/

  • Ce constat part peut-être d’un bon sentiment, mais il est dangereux.
    Compter sur la morale des dirigeants nous mène au bord du gouffre, c’est de sanctions dont nous avons besoin pour contrôler l’avidité du monde de la finance.

    http://politiqueduchaos.blogspot.gr/

    • « l’avidité du monde de la finance »
      ?!?
      1/ C’est quoi l’avidité pour vous? À partir de quand considérez vous quelqu’un comme avide?
      2/ Pourquoi le monde de la finance serait il plus avide que votre monde?
      3/ En quoi l’avidité est mal en soi?
      4/ Quelqu’un qui cherche à sortir de la pauvreté ou à améliorer sa situation économique n’est-il pas avide?

      L’avidité ne mène pas forcément au mal. Elle peut mener au bien. Je ne sais pas d’oú vient l’idée que l’avidité c’est forcément mal. Peut-être de la religion. Ou de la jalousie des pauvres vis à vis des riches. Faut il être pauvre pour être bien? Faut il avoir honte des richesses que l’on a acquise par son travail?

    • « Ce constat part peut-être d’un bon sentiment… »

      un constat ne part pas d’un sentiment. un constat part des faits.

  • Mauvais article sur deux points essentiels : le mythe du sauveur et la main invisible. L’auteur n’a pas compris Adam Smith et la théorie des jeux n’entre nullement en conflit avec la main invisible. Je ne sais pas pourquoi certains s’évertuent à vouloir les opposer. En tout cas, cet article n’a pas franchement sa place sur un site libéral.

  • juste pour commenter lio et laurent et résister à la tentation de l’auteur qui reste prisonnier de son expertise religieuse
    merci à tous les débats sur le forum sont enrichissant en particulier
    l’auteur de cet article qui aborde un autre point de vue (mystique, moraliste), la réponse la plus libérale est pour moi celle de Laurent : rester aux fondamentaux (liberté, responsabilité, respect propriétés que je remplacerai par sécurité des individus, des propriétés et des échanges)
    l’intérêt de cet article réside dans notre capacité à en discuter pour progresser dans notre réflexion

    • @ Lio et Blakemore,

      Nous avons bien lu le même article, seuls nos angles de vues étaient différents, mais là c’était prévisible.

      • Cet article m’a semblé libéral dans le sens où l’auteur plaide pour une privatisation de la « morale » en soumettant les décisions et leurs conséquences à chaque individu (par opposition à une morale « publique » imposée par l’Etat au moyen de réglementations).
        Mais à une époque où l’individualisme est poussé à l’extrême avec pour corollaire l’abolition de quoi que ce soit de supérieur (ou transcendant), est-ce encore réaliste?
        Anciennement, j’ose espérer que l’homme avait le sens du sacrifice. En effet, ayant un Idéal qui le dépassait, il pouvait agir pas uniquement parce que l’analyse coût/bénéfice était positive mais parce qu’il croyait bien faire (ou qu’il voulait le Bien, pas toujours en accord avec ses propres intérêts).
        Aujourd’hui, ce n’est plus le cas : divorce, amis, famille, patrie, etc. Dès que la balance penche dans le négatif, le sacrifice est impossible (« on ne vit qu’une fois »). Pourquoi donc se faire du mal, rester avec une épouse que l’on aime plus vraiment, alors que la collègue au bureau est plutôt séduisante, pourquoi, si un jour nouvelle guerre il y a, prendre les armes et risquer sa vie alors qu’on pourrait bien fuir et sauver sa peau?
        Je crois constater que les principes du libéralisme économiques ont été appliqués au libéralisme culturel (cf. article à La Une).
        Est-ce réellement tenable?
        La religion n’a-t-elle pas un rôle à jouer?
        La morale sans dimension transcendantale (un colosse aux pieds d’argile je crois) peut-elle réellement tenir le coup?
        Qu’en dites-vous?

        • « En effet, ayant un Idéal qui le dépassait, il pouvait agir pas uniquement parce que l’analyse coût/bénéfice était positive mais parce qu’il croyait bien faire (ou qu’il voulait le Bien, pas toujours en accord avec ses propres intérêts). »

          L’homme agissait conformément à ses principes moraux, ce qui est encore vrai aujourd’hui. Cela ne veut pas dire que ses principes moraux doivent lui être imposer par une autorité qu’il n’a pas lui-même choisit.

          « Dès que la balance penche dans le négatif, le sacrifice est impossible (« on ne vit qu’une fois »). »

          C’est des conneries. Ce n’est pas parce que les hommes choisissent leur propre code qu’ils doivent nécessairement choisir l’exact inverse du votre, ou qu’ils vont devenir d’un seul coup immoral.

          Votre commentaire dénote deux choses:
          La première, c’est une vision complètement angéliste et fantasmée de l’homme ancien.
          La deuxième, c’est un manque de confiance total dans l’homme. (vous inférez quand même que l’homme est incapable de trouver lui-même sa propre morale, et qu’il faut qu’une autorité le fasse pour lui).

          « Pourquoi donc se faire du mal, rester avec une épouse que l’on aime plus vraiment, alors que la collègue au bureau est plutôt séduisante,  »

          J’ai connu des gens qui restaient avec une femme qu’ils n’aimaient plus vraiment. Le résultat est un gâchis sans nom. Les deux sont généralement malheureux, les enfants finissent par ramasser, c’est des situations sordides. Si votre morale impose ça, vous pouvez vous la garder.

          « pourquoi, si un jour nouvelle guerre il y a, prendre les armes et risquer sa vie alors qu’on pourrait bien fuir et sauver sa peau? »

          Parce que je ne suis pas un assassin? Parce que je ne veux pas aller au combat pour favoriser la carrière de trois politiciens? Parce que je pense que ma vie et celle de ceux qui m’entoure est plus importante que l’idée de nation pour laquelle on veut que je la donne?

          Il y’a des guerres dans lesquelles il peut être légitime d’aller se battre. Mais c’est à chacun de décider, et pas à l’état ou à une quelconque autorité centrale dont les dirigeants seront bien au chaud à étudier des cartes pendants que des gens seront en train de mourir au front.

          « La religion n’a-t-elle pas un rôle à jouer? »

          Sans doute, du moment qu’elle est librement acceptée, et qu’elle n’est pas imposée à ceux qui n’en veulent pas. Et qu’elle reste loin du pouvoir.

          « La morale sans dimension transcendantale (un colosse aux pieds d’argile je crois) peut-elle réellement tenir le coup? »

          Toute morale est transcendantale. Toute morale s’appuie sur des prémisses qui ne sont pas prouvées. La morale est dissociée de la religion. La religion peut prôner des règles morales, mais elle n’est pas la morale, elle n’a pas le monopole de la morale et encore moins le droit d’imposer la sienne.

          La question est: y’a t’il besoin de quelque chose de supérieur à l’individu pour qu’il se conduise moralement?

          J’ai confiance en l’homme, et je répond oui.
          Vous avez peur de l’homme et vous répondez non.

          • Cette confiance dans l’homme on peut en rêver quand on est confortablement installé du bon coté, préservé dans dans tous les cas des ses écarts.

            Ce qui n’est pas le cas quand ses propres besoins vitaux et ceux de ses proches en sont tributaires.

          • Je n’ai pas peur de l’homme, je crois qu’il est perfectible et qu’il peut avoir la volonté de tendre vers le Bien, mais j’ai du mal à croire que sa nature profonde soit naturellement bonne (il suffit de regarder l’histoire). Oui, je crois que la violence s’inscrit au plus profond de lui, et qu’avec beaucoup de sagesse il peut lutter contre ses passions destructrices.
            Je ne crois pas avoir une vision fantasmée de l’homme ancien (l’Homme a de tout temps commis toute une série d’atrocités, qu’elles soient de nature religieuse ou pas) ; de votre côté, ne pensez-vous pas avoir une vision fantasmée de l’Homme en général?
            Pour ce qui est de la morale (du moins celle que je conçois et celle que conçois, je pense, les pays dites occidentaux), même si vous l’écrivez avec un grand M, elle n’est, si on la prend au niveau mondial, que toute relative (les codes sont très différents d’un pays ou d’une culture à l’autre). Et dans le cas de l’Europe et de l’Amérique, je pense qu’il est aujourd’hui difficile de contester qu’elle soit chrétienne (ces principes, religieux à la base, ont été laïcisés).
            Pour ce qui est d’une élaboration d’une morale propre à chaque, je crois que cela créerait deux différents problèmes :
            – d’abord, comment concevoir de vivre ensemble si les règles de base (la morale donc) au niveau social, ne sont pas les mêmes pour tout le monde?
            – ensuite, si on accepte que chacun se « bricole » sa propre morale, cela en vient à relativiser tout principe, et dès lors, si tout les principes se valent, plus aucun n’a de valeur réelle (« le vol c’est mal » VS « le vol c’est mal sauf si le gain que retire le voleur est plus élevé que la perte subie par le volé » ; dans ce cas, le vol est tout à fait justifié).
            C’est un plaisir d’échanger avec vous.
            J’attends de vos nouvelles.

          • « Je ne crois pas avoir une vision fantasmée de l’homme ancien (l’Homme a de tout temps commis toute une série d’atrocités, qu’elles soient de nature religieuse ou pas) ; de votre côté, ne pensez-vous pas avoir une vision fantasmée de l’Homme en général? »

            Ma position est qu’on peut faire confiance à l’homme pour suivre ses propres intérêts. Par conséquent, mettre le destin de beaucoup entre les mains de très peu est nocif. Il faut que chacun est tout pouvoir sur lui-même dans les limites du droits.

            « (les codes sont très différents d’un pays ou d’une culture à l’autre). »

            J’irais même plus loin en disant que les codes moraux sont et doivent être propres à chacun. Cela ne veut pas dire qu’on ne puisse pas reconnaître l’église comme autorité morale, par contre, ça veut dire qu’on a aussi le droit de ne pas le faire.

            « – d’abord, comment concevoir de vivre ensemble si les règles de base (la morale donc) au niveau social, ne sont pas les mêmes pour tout le monde? »

            Si les règles de base ne sont pas les mêmes, c’est impossible. Mais il n’y a aucune raison que ces règles soient morales. C’est pour ça qu’il existe le droit. Ma position est que chacun est libre de suivre ses propres règles morales du moment qu’il respecte le droit. Je précise ici que je parle du vrai droit. C’est à dire le droit qui découle de la liberté de chacun (ce qui est ma prémisse), qui fait respectée celle-ci, et qui est antérieur à la loi. Ce qui veut dire que le droit ne dépend pas (ou ne devrait pas dépendre), selon moi, de la volonté du législateur.

            « – ensuite, si on accepte que chacun se « bricole » sa propre morale, cela en vient à relativiser tout principe, et dès lors, si tout les principes se valent, plus aucun n’a de valeur réelle (« le vol c’est mal » VS « le vol c’est mal sauf si le gain que retire le voleur est plus élevé que la perte subie par le volé » ; dans ce cas, le vol est tout à fait justifié). »

            Le cas du voleur doit être punit en tant qu’atteinte au droit, pas à la morale.

            Que chacun soit libre de suivre son propre code ne signifie pas que tous se valent. Au contraire, si chacun est libre de son choix, alors le débat redevient possible, ce qui n’est pas le cas si chacun est tenu de suivre les seules règles qu’aura décidé une autorité arbitraire.

            Mon propos n’est pas que tous les principes se valent, mais que chacun est libre d’accorder plus ou moins de valeur à l’un ou l’autre, et que c’est les gens qui, par leurs interactions, contribueront au développement de certains principes plutôt que d’autres.

            Tout cela dans les limites du droit.

            En gros, ce qui s’applique ailleurs s’applique aussi pour la morale. Je suis libre de suivre tout principe moral de mon choix, et d’agir en tout point comme je l’entend, tant que je n’entrave pas cette même liberté chez les autres. Et le corollaire: Les autres sont libres d’agir comme ils l’entendent et de suivre les principes moraux de leur choix, aussi longtemps qu’il n’entravent pas ma liberté d’en faire autant.
            Ce sont là les limites du droit. Il n’y a aucune raison qu’il n’encadre pas la morale de la même façon que tout le reste.

            Mettre l’autorité morale entre les mains de quelques uns, et en faire un monopole serait une idée extrêmement nocive. Ce ne sont pas des hommes normaux qui ont provoqués les pires tragédies de l’histoire, ce sont des hommes entre les mains desquels se trouvait bien trop de pouvoir.

            Je trouve également agréable d’échanger avec vous, Doo.

  • @doo

    Tout à fait d’accord sur la relativité de la morale dans un environnement mondialisé.
    Qu’on soit Américain, Européen, Africain, ou Asiatique, même avec une nature humaine initiale commune, la morale ayant des origines religieuses, historiques et philosophiques propres à chaque pays ou continents, les valeurs des uns et les priorités des autres seront forcément occasionnellement divergentes et incompréhensibles pour certains.

    Les sociétés n’ont elles pas progressées quand furent écrites les lois pour stopper l’arbitraire d’un ordre moral ?

    • @Fucius

      Effectivement, il est préférable et plus efficace de préciser les responsabilité que de règlementer.

      A partir d’une telle clarification (répartition des responsabilité), l’ordre s’établit de lui-même par la raison et l’intéret de chacun.

      A mon sens, plus la morale sera laîc et plus elle sera universelle et admissible par le plus grand nombre.
      Le role de la morale est à la fois évident et en même temps insaisissable comme l’est le rôle de la beauté.

  • Je dirais plutôt que nous avons besoin de restaurer la notion de responsabilité. Les règlements faits pour déresponsabiliser produisent généralement des incitatifs pervers.
    Bien des individus ont agi sciemment en dépit du bon sens, mais conformément à la règlementation qu’on leur imposait.
    Pourtant nos dirigeants s’obstinent dans cette voie…
    Voir aussi la passionnante conférence d’Yvan Blot sur l’irresponabilité (dailymotion).

    L’importance du « code moral commun librement assumé par chacun » est effectivement cruciale, non pas seulement pour le capitalisme mais pour toute société humaine. Chacune a eu le sien, dans une diversité considérable, qui montre bien quelle est l’état d’ignorance de ceux qui prétendent pouvoir s’en passer.
    Mais l’ont-ils vraiment cru ? On voulaient-ils seulement expulser l’autorité morale de l’Église pour la rattacher à l’État ? Soyons clairs : Dès lors que l’État était séparé de l’Église, il était évident que l’autorité morale de celle-ci serait détruite.
    Les hommes de pouvoir ne le partagent pas, sauf s’ils ne peuvent l’éviter.
    La destruction de l’autorité morale de l’Église est donc le principal but et le corollaire inévitable de la séparation de l’Église et de l’État. La déréliction morale qui s’est ensuivie était dès lors inévitable.
    L’État ayant été depuis mille ans exclu des considérations de morale restait inapte à la penser; ayant été exclu des considérations de portée universelle et éternelle (on l’appelait « Autorité temporelle ») croyait que tout est relatif.
    Soucieux de se hisser en position de pouvoir hégémonique, se prétendit supérieur aux religions mêmes – prétention absurde et ridicule puisque les religions prétendent toutes, par définition, comprendre l’absolu.
    Bref la déréliction de la morale qui permettait le libéralisme en Occident est le corollaire de la déchristianisation orchestrée par l’État, au mépris du peuple, pour s’arroger un pouvoir sans limite.
    L’un des sophismes les plus incroyables de l’histoire de l’humanité aura sans doute été qu’on pût soutenir que la séparation entre l’Église et l’État exige que celui-ci s’arroge la sphère de compétence de celle-là – afin bien sûr de pouvoir l’anéantir, et par la-même l’idée de séparation, puis que seul le christianisme l’exige. L’État-religion que nous avons aujourd’hui est évidemment incapable de fonder une morale vraie et donc d’enrayer le phénomène constaté dans cet article.

    La désastreuse expérience n’est pas finie.

    • Il est clair que la séparation de l’Eglise de l’Etat n’est au final que l’accaparation du pouvoir moral par celui-ci . Le problème, selon moi, vient du fait qu’alors que l’Eglise tendait vers un idéal absolu, universel et transcendant de la morale (la recherche du Bien), l’Etat, surtout dans la forme qu’il connaît aujourd’hui, n’a pour objectif que répondre à la « demande morale » de la population du moment, le caractère universel et spirituel est donc réduit à sa dimension purement temporelle.
      @Moi : c’est là je crois la différence essentielle entre la morale (universelle et intemporelle) et le droit (création humaine à un instant t pour répondre aux besoins du moment). Ce sacro-saint droit auquel vous faites allusion peut très bien, dans un régime démocratique moderne, cautioner la peine de mort, est-ce pour autant moral?
      On voit en ce moment clairement cette distinction dans l’affaire Michèle Martin : si référendum il devait y avoir (n’est-ce pas là l’incarnation ultime de la démocratie?), je ne suis pas sûr qu’elle ne finirait au bûcher (ou autre). Qu’en est-il de la morale? A-t-on le droit d’ôter la vie de quelqu’un, quoiqu’il ait fait?
      J pense que le droit est une création humaine et temporelle, alors que la morale est intemporelle.

      • Doo, vous avez mal lu ce que j’ai écris.

        « Je précise ici que je parle du vrai droit. C’est à dire le droit qui découle de la liberté de chacun (ce qui est ma prémisse), qui fait respectée celle-ci, et qui est antérieur à la loi. Ce qui veut dire que le droit ne dépend pas (ou ne devrait pas dépendre), selon moi, de la volonté du législateur. »

        Vous donnez à la morale le rôle du droit. Ce faisant, vous confondez droit et morale. Ce que vous dénoncez n’est que la perversion du droit par la loi qui survient dés lors qu’on considère que le droit découle de la loi plutôt que l’inverse. Ce n’est pas mon cas.

        Si vous considérez que le rôle de la morale est de maintenir les gens dans le droit chemin, alors je comprend mieux votre objection. Mais ce n’est pas le rôle de la morale, c’est celui du droit.

      • Pendant mille ans de christianisme en Occident, l’État a été dépossédé de la question morale. Son autorité était dite « temporelle », tandis que l’absolu (universel et éternel) tombait sous celle de l’Église. Entre les deux il y avait la société civile et un large espace de liberté.
        Bien entendu les hommes de pouvoir n’aiment pas le partager, et ils ont sur l’Église l’avantage de la force armée : Ils cherchèrent à la contrôler, en France en nommant les évêques; puis à la détruire totalement avec la laïcité.
        À mon avis la liberté n’est jamais mieux assurée que par un État officiellement chrétien, c’est-à-dire imposant le christianisme comme référence unique en matière d’absolu, et l’enseignement du catéchisme à titre de cours de morale; et une Église vraiment indépendante de lui.
        Cela peut sembler peut libéral, mais c’est pourtant sous l’empire de ces principes que le libéralisme a pris corps et a pu être le mieux approché dans les faits; et depuis qu’ils ont été balayés, on ne peut pas dire que le libéralisme ait prospéré.
        En fait, une société humaine doit s’appuyer sur des principes intangibles et absolus, ou au moins perçus comme tels. Voyez d’ailleurs avec quelle énergie les socialistes s’évertuent à édifier des principes absolus, comme si chaque génération devait encombrer la postérité de sa contribution à l’édifice. Je crois bien que le christianisme, avec sa morale, donne de l’absolu la vision la plus circonscrite et la plus intelligente.
        Je n’en dirais pas tant de l’islam avec sa charia… Car faute de fixer le christianisme comme référence absolue, voyez vers quoi nous glissons : La charia ou l’arbitraire désordonné des socialiste, aussi envahissants l’un que l’autre!
        Le libéralisme a toujours été indissociable du christianisme, et l’expérience morale désastreuse dont il est question est ici peut sans doute se résumer à cette conclusion :
        Non, l’athéisme ne protège pas le libéralisme (voir aussi Philippe Némo…) bien au contraire !

      • Sur la peine demort: En tant que partisan convaincu de la démocartie directe, à laquelle on oppose toujours cet argument, j’affirme qu’il faut bel et bien la rétablir, ou plus précisément la « désabolir ».

        L’autorité de l’État ne peut pas souffrir qu’on lui interdise sans nuance la peine de mort: Ses concurrents (mafias, truands, islamistes…) risqueraient de prendre le dessus sur lui.

        Cela rejoint la question de l’absolu, et de l’obsession socialiste pour nous en imposer perpétuellement de nouveaux. Que l’État puisse assumer au mieux ses fonctions régalienne sans avoir le droit de condamner à mort, ce n’est pas un absolu.
        Ce peut être vrai, mais temporairement. Il ne s’agit alors pas de l’abolitir, mais de modifier la loi pour restreindre son champ d’application, à néant si c’est pertinent.

        Je l’affirme: L’abolition de la peine de mort peut, et va certainement, faire plus de mal que la peine de mort. Qui veut faire l’ange fait la bête (Pascal). Des criminels endurcis vont récidiver, parfois depuis leur cellule de prison, et tuer ou faire tuer des hommes intègres.
        L’État va perdre sa légitimité régalienne et ses concurrents le supplanter dans l’esprits de bien des gens.

        Oui, si la démocratie directe était introduite, la peine de mort serait « désabolie ». Il faut néanmoins l’introduire.

        • La peine de mort n’est-elle pas contraire à l’Evangile?

          • Non, elle est requise pour asseoir l’autorité régalienne, comme la prison et toutes les autres mesures coercitives.
            Rien de tout cela n’est souhaitable selon la morale chrétienne, et il faut en user avec la plus grande retenue possible; mais aller au-delà de cette retenue, c’est faire plus de mal que de bien.
            La peine de mort doit donc être « désabolie » afin que le législateur puisse la réintroduire dès que les circonstances l’exigeront.

            Il est imporant de réfléchir aux rapports entre autorité morale et autorité régalienne, car elles ne sont pas indépendantes.
            La morale précède tout.
            L’autorité morale peut émettre des remontrances à l’autorité régalienne lorsqu’elle abuse de la coercition. Chacun sait les réserves catholiques au sujet de la peine de mort.
            Toutefois, bien plus importante que l’excès de coercition est l’objectif de la loi – ce qui est réprimé est plus important que comment on le réprime.

            Les Évangiles distinguent l’autorité régalienne de l’autorité religieuse, et ne dit absolument rien d’autre au sujet de la première.

            Quelle est la signification de ce partage, quels sont ces deux domaines ?
            Il suffit de considérer l’exemple de Jésus, ce sur quoi il s’exprima et ce sur quoi il s’abstint.
            Il enseigna la morale chrétienne, qui reste à ce jour le référentiel moral de l’occident (quoiqu’en voie de supplantation par celui de l’islam). Il ne contraint personne à quoi que ce soit.
            Enfin, il résista obstinément à toutes les incitations à exercer l’autorité régalienne, par Satan au désert puis, maintes fois, par ses disciples et suivants.

            Une autre raison de ne pas « absolutiser » le rejet de la peine de mort est qu’on ne peut pas humainement décréter l’absolu.
            Jésus a enseigné qu’Il est la Vérité, au sens de ce qui est absolu en matière anthropologique. Rien d’autre ne peut être absolu.
            Nous devons à ce principe rien moins que la démocratie, puisque personne ne peut chrétiennement affirmer détenir la Vérité hors de ce que Jésus a défini comme tel.

            Il faut noter que la non reconnaissance par l’État de l’autorité morale de l’Église signifie que l’État est maintenant lui-même l’autorité morale, puisque c’est lui-même qui décide de la morale dont il extrait les principes qui fondent la loi, qu’il impose en tant que détenteur de l’autorité régalienne.
            Comment y voir un progrès ?

  • Démocratie et Peine de mort ne font pas bon ménage, Socrate en a fait la démonstration il y a déjà bien longtemps.

    • De quelle manière, pouvez-vous approfondir?
      Sur le fond, si la majorité fait la loi, qu’est-ce qui l’emprêcherait d’autoriser la peine de mort? Ou la politique de l’enfant unique? Ou le sexe d’un adulte avec les enfants de plus de 12 ans? ou n’importe quel autre politique? Si c’est ce que le peuple désire… ?

      • Démocratie n’implique pas sagesse et raison.

        La démocratie n’est pas forcément le système de gouvernance idéal, car elle peut se transformer en tyrannie d’une majorité sur une minorité; ce n’est pas ce que reproche les libéraux à la majorité actuelle ?,

        • CITOYEN : « La démocratie n’est pas forcément le système de gouvernance idéal »
          ——————————-
          Non, sans blague ?!?
          Vous êtes du genre à comprendre vite quand on vous explique assez longtemps.

  • @ Fucius

    Dîtes, Fucius, vous avez une pensée personnelle? Car réciter comme vous le faîtes les Evangiles, ça ne fait pas très esprit libre…

    • Ce n’est pas parce qu’on cite l’Evangile, qui soit dit en passant est l’un des gênes de notre culture européenne, que l’on n’est pas libre…
      Drôle de conception de la Liberté…
      Comme si les seuls personnes libres étaient les auto-proclamés « libre-penseurs », défendant les Lumières de manière inconditionnelle contre les méchants religieux obscurantistes… Un peu caricatural mais tellement dans l’air du temps (depuis deux siècles).
      La plupart du temps en entendant parler de christianisme, les gens retiennent « guerres de religion et incquisition », comme si l’Homme, débarrassé de cet infâmie, aurait pu atteindre la paix et la sérénité (je crois que la violence est inscrite dans le coeur de l’Homme, le XXème siècle a d’ailleurs prouvé qu’il pouvait être odieux sans avoir besoin de Dieu).

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