Qui a tué le capitalisme?

Dans une méritocratie (ou un système capitaliste), écrit l’auteur que je paraphrase ici, quand les citoyens voient qu’on récompense l’effort et le mérite de façon constante et juste, les gens acceptent le système. Mais lorsqu’un système est corrompu, il encourage les gens à tricher. Le système devient alors plus injuste, et sombre rapidement dans un cercle vicieux.

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Qui a tué le capitalisme?

Publié le 4 juillet 2012
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Dans une méritocratie (ou un système capitaliste), écrit l’auteur que je paraphrase ici, quand les citoyens voient qu’on récompense l’effort et le mérite de façon constante et juste, les gens acceptent le système. Mais lorsqu’un système est corrompu, il encourage les gens à tricher. Le système devient alors plus injuste, et sombre rapidement dans un cercle vicieux.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

L’autre jour au restaurant, je discutais avec un ami. « Je me suis planté royalement », lui ai-je admis entre deux bouchées de poulet.

Je me suis toujours dit : quand des choix budgétaires difficiles vont s’imposer, quand on frappera le fameux mur, les gens décideront qu’assez, c’est assez! Qu’il faut cesser de vivre au-dessus de nos moyens, et retourner tranquillement vers un monde où le gouvernement fait moins de choses, mais les fait bien.

Or je vois le contraire depuis ce « printemps étudiant ». Au lieu de vouloir mettre l’État au régime, beaucoup préfèrent accuser la corruption, les riches et les entreprises qui ne paieraient pas assez d’impôts, Jean Charest…

Moins d’État? Plus de libre marché? Pas vu de pancarte avec ce slogan.

Torts irréparables

C’est en lisant A Capitalism for the People, dont je vous parlais la semaine dernière, que j’ai cliqué. La réaction des gens est tout à fait légitime. Et la raison devrait nous inquiéter : le parti libéral et ses copains (et d’autres politiciens, soyons honnêtes, dont certains maires), avec toutes les histoires de corruption qui flottent autour d’eux, sont en train de causer un tort irréparable à l’image du « capitalisme » au Québec.

Dans une méritocratie (ou un système capitaliste), écrit l’auteur que je paraphrase ici, quand les citoyens voient qu’on récompense l’effort et le mérite de façon constante et juste, les gens acceptent le système. Mais lorsqu’un système est corrompu, il encourage les gens à tricher. Le système devient alors plus injuste, et sombre rapidement dans un cercle vicieux. « Quand le caractère équitable des règles devient de plus en plus questionnable, et que les bénéfices du système sont distribués de façon trop inégale, le consensus pour une méritocratie de libre marché peut s’effondrer. Et y revenir, une fois ce point atteint, devient presque impossible. »

Il faut méditer la dernière phrase. Nous sommes sur cette pente dangereuse au Québec.

Essayez donc de convaincre les gens d’ouvrir la santé à la concurrence et au privé pour réduire les listes d’attente ou améliorer le service, quand on entend parler chaque jour de collusion, de surfacturation et de favoritisme.

Essayez de convaincre votre voisin qu’il faudrait un peu plus de libre marché dans notre système de garderies, quand on lit que des places sont octroyées selon la contribution que vous faites au parti libéral…

Essayez de vanter les mérites de la concurrence à votre beau-frère, quand on se fait répéter que les appels d’offres de contrats publics sont truqués.

Le cercle vicieux

Et au banc des accusés, on retrouve souvent le même coupable : ce bon vieux capitalisme.

Quand un gouvernement est petit, la meilleure façon de s’enrichir est de démarrer sa propre entreprise, écrit l’auteur. Mais plus gros est le gouvernement et plus nombreuses ses dépenses, plus il devient facile de s’enrichir en détournant l’argent public. Démarrer son entreprise est coûteux et risqué, alors qu’avec de bons contacts, obtenir une faveur ou un contrat du gouvernement est plus facile. Mais dans l’œil du public, plus nombreux sont les capitalistes qui s’enrichissent grâce à leurs contacts politiques, plus grande est la perception que le capitalisme est injuste et corrompu.

J’ajouterais : et toute réforme économique visant à insuffler plus de « libre marché » devient périlleuse pour un politicien.

Quelque chose me dit que nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dommages causés par la corruption du système et de la classe politique.

Sur le web

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  • Il convient d’expliquer sans relâche que ce ne sont pas la liberté ou le capitalisme qui produisent la corruption mais le socialisme de connivence à l’oeuvre dans les démocraties, ainsi qu’au sein de nombreuses économies émergentes comme l’Inde ou la Chine.

    Dans ces pays divers, qu’il prenne des formes douces ou violentes, le socialisme de connivence se fonde sur le mensonge que la liberté des uns qui ne peut s’envisager autrement que par la réduction de la liberté d’autrui.

    Le jeu pervers de la collectivisation entretient la jalousie et la convoitise, institutionnalise la prédation, favorise la violence sociale et corrompt toute la société : les individus, des étudiants aux retraités, les entreprises, des PME locales aux multinationales, le travail comme les capitaux, les marchés comme les institutions publiques.

    Tant qu’il ne sera pas compris que l’Etat ne peut pas être, par nature, un acteur économique, tant qu’il ne sera pas admis que l’Etat doit être réduit puis fermement confiné dans son rôle d’arbitrage, le socialisme de connivence continuera de produire ses effets délétères et les sociétés qui s’y adonnent seront condamnées à s’effondrer sous le poids de leurs institutions immorales.

    • Je suis d’accord avec vous.

      Le pire système est un capitalisme d’état avec un état protecteur-providence. C’est le fondement de la sociale-démocratie.
      C’est l’opposé même de l’état souverain, qui n’est là que pour faire respecter les droits fondamentaux des citoyens (Propriété, Justice, Liberté, Résistance à l’Oppression).

      Malheureusement, la Sociale-démocratie est une fausse démocratie. Elle est basée sur la rencontre de deux idéologies :
      – Celles des dirigeants : Les élites savent mieux que le peuple ce qui est bon pour lui. Donc seuls les élites doivent gouverner.
      – Celles d’une partie du peuple : Ceux qui veulent que l’état les aides, les protègent, les « sauves »… au lieu de ce prendre en main. Tous ceux pour qui leurs ennuis proviennent forcément des autres !!!

      Ces deux idéologies ont permis l’émergence de l’état-nounou, de l’état providence… Une fausse démocratie où le pouvoir a été retiré au peuple (il suffit de voir le scandale de la classe politico-médiatique quand N. SARKOZY c’est présenté comme candidat en 2007, lui qui n’était pas du sérail ENA – HEC – Polytech) par une « élite » bien pensante…

      • Il faut se garder d’utiliser des expressions telles que « capitalisme d’Etat », alors que le système dont on parle n’a rien à voir avec le capitalisme.

        Le capitalisme ne peut pas être « d’Etat ». Le socialisme, par définition, si. Lorsque les capitaux sont sous contrôle du secteur public, éliminant ainsi toute concurrence, il ne s’agit pas de capitalisme.

        L’expression « socialisme de connivence » définit correctement le mal auquel nous sommes confrontés.

    • Bah non justement, le problème c’est que l’État n’est plus considéré comme un simple acteur économique parmi d’autres, mais est considéré comme une entité supérieure inébranlable, une sorte de divinité qui peut et doit tout réguler, un substitut des dieux…

      Ne pas considérer l’État comme un acteur économique, c’est créer la distinction privé/public, un système redistributif et la surréglementation

      • Non. Nul ne peut être à la fois acteur du jeu et en charge d’en définir les règles à sa convenance. Si on admet que l’Etat est un acteur « normal » de l’économie, il n’y a tout simplement plus d’économie.

        • Eh bien justement, le « définir les règles » auquel vous faites allusion, fait partie de la vie économique et est une activité économique (le coeur de métier de l’État si j’ose dire).
          Ne pas considérer l’État comme un simple acteur économique, c’est forcément vouloir le placer au dessus.
          C’est-à-dire, ne plus vouloir d’une participation neutre à la vie économique et faire de l’État un outil d’injonction morale : donc ne plus considérer cette participation comme devant absolument être objective, impartiale, rationnelle, obéissant aux lois de la nature humaine et congruente.

          • Votre propos n’est pas bien clair : l’Etat acteur économique n’est jamais neutre. En outre, cela ne l’empêche pas d’imposer quand même sa « morale », comme on peut le constater quotidiennement.

          • @bubulle

            « cela ne l’empêche pas d’imposer quand même sa « morale », comme on peut le constater quotidiennement. »
            Parce que l’État français actuellement n’est pas voulu comme un État acteur économique cherchant la réalisation de son/ses activités économiques (fonctions régaliennes par exemple) de façon durable comme tout acteur économique, mais est voulu comme un État divinité paternaliste qui impose une morale.
            L’exemple le plus frappant est le fait qu’actuellement on cherche à sauver notre « modèle social » au lieu de s’interroger sur sa viabilité (ce que ferait une entreprise privée à propos de son business model si elle accumulait des pertes ou résultats anormaux…)…

            « l’Etat acteur économique n’est jamais neutre. »
            Bah logiquement, la neutralité s’impose lorsqu’on n’envisage pas d’imposer une morale…

  • Sans éthique (à l’opposée de la morale), pas de libéralisme…

  • Les commentaires sont fermés.

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