Joplin et Tuscaloosa, laissez-faire contre planisme après la tornade

Deux villes, deux tornades, deux parcours. Ou comment les faits nous montrent que le planisme n'est pas la solution mais un problème.
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Commerce à Joplin

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Joplin et Tuscaloosa, laissez-faire contre planisme après la tornade

Publié le 19 juin 2012
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Par le dahu libre.

Commerce à Joplin

Le 27 avril 2011, la ville de Tuscaloosa, dans l’Alabama, était frappée par une tornade dévastatrice : 2000 bâtiments détruits et 51 morts.

Quelques semaines plus tard, le 22 mai, c’était au tour de Joplin, dans le Missouri, d’être balayée par une deuxième tornade faisant 161 morts et détruisant 6000 bâtiments.

Dans les deux villes, on a vu des dizaines de milliers de bénévoles apporter leur aide pour reconstruire. Dans les deux villes, les universités et écoles se sont mobilisées pour aider les victimes à retrouver une vie normale. Dans les deux villes, les dons ont afflué via la Croix Rouge ou des associations spécialement créées pour l’occasion pour que les cicatrices se referment.

Les similitudes s’arrêtent là. Depuis ces deux catastrophes naturelles, un an s’est écoulé.

A Joplin, 429 commerces sur les 545 détruits ont réouvert ou sont en cours de réouverture.

A Tuscaloosa, sur les 116 commerces touchés, 64 ont réouvert où ont été autorisés à réouvrir leurs portes. Sur ces 64, 44 d’entre eux ont quitté la ville pour s’installer non loin, à Northport. Il en reste donc seulement 20 à Tuscaloosa.

La réaction naturelle de la municipalité de Joplin après la catastrophe a été de laisser la responsabilité de la reconstruction aux citoyens. Pas de plan mégalomane, pas de re-zonage, pas de grand projet d’urbanisme. « Les propriétaires décident de ce qui advient de leur propriété », dit Lynn Onstot, la chargée des relations publiques de la ville de Joplin. Un document d’orientation d’une vingtaine de pages est rédigé, mettant l’accent sur les droits de propriété et reposant sur la participation des premiers concernés, les habitants et entreprises. « Si vous voulez reconstruire vos maisons, nous ferons tout pour que cela puisse arriver » disait alors William Scearce, conseiller municipal. Les règles, permis et autres contraintes administratives ont été revus et partiellement levés afin de ralentir le moins possible les initiatives privées. Le conseil municipal s’est en quelque sorte « retiré des affaires » et dans certains cas, le permis de construire est même arrivé après la fin de la construction !

Tuscaloosa a choisi une autre approche. Après la tornade, les officiels ont lancé un site internet « Tuscaloosa Forward » pour aider la reconstruction et l’établissement de plans pour le futur et ont imposé un moratoire de 90 jours sur tous travaux de reconstruction (!). Les buts affichés ? « Créer courageusement un chef-d’œuvre » de « quartiers en bonne santé, sûrs, accessibles, connectés et durables », ou encore « préserver le caractère du quartier » d’une « disproportion entre locataires et propriétaires ». Le résultat ? Un épais document de 128 pages élaboré principalement par des consultants extérieurs à la ville. Au contraire de Joplin, de nouvelles réglementations ont fleuri ça et là, empêchant des propriétaires de faire ce qu’ils souhaitaient de leurs terrains et entraînant des refus pour un oui ou pour un non de projets de reconstruction. Désormais, en attendant que les derniers débris soient évacués 12 mois après la tempête, bon nombre de plans restent à approuver pendant que le conseil municipal espère … de généreuses subventions du gouvernement américain, sans lesquelles le plan « Tuscaloosa Forward » ne peut être mené à bien.

Joplin est largement reconstruite et revit. A Tuscaloosa, il reste encore des ruines non démolies, des parcelles vacantes et certains commerces attendent toujours que la version finale du plan soit approuvée pour avoir un permis de reconstruction.

Joplin a choisi la voie de l’initiative individuelle, pendant que les dirigeants de Tuscaloosa on cherché à faire de la ville un « monument ».

« L’activité la plus inutile, vide de sens et gaspilleuse de ressources : la construction de monuments publics »
Ayn Rand, La vertu d’égoïsme

Sources :
Wall Street Journal – Tornado Recovery: How Joplin Is Beating Tuscaloosa
The Crimson White – Joplin, Tuscaloosa share kindred spirit in recovery

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Voir les commentaires (13)

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  • Un article pour l’anthologie : concret, simple, court, et parfaitement illustratif
    Bravo
    C’est le genre d’article que les Trolls boudent et qui donc ne génère ni polémique ni flot de commentaire, mais ce n’est pas un défaut.

  • Mais qu’est ce qu’un troll ? Quelqu’un qui n’est pas d’accord avec ce qu’il lit ? Pas d’accord avec vous ? Et qui en plus ose le clamer ?

    J’admets que c’est d’une impertinence … Et tellement contraire avec les droits (et devoirs) de l’homme que de s’exprimer et d’argumenter …

    Pour ce qui est de l’article, une comparaison un an après les catastrophes paraît cohérente, mais demeure une échéance trop courte pour tirer une quelconque conclusion.

    Un suivi de cette affaire serait intéressant et nécessaire sur encore au moins une dizaine d’années. A ce moment, il est probable qu’une discussion puisse être ouverte sur l’efficacité ou non de telle ou telle méthode.

    Ensuite, il serait aussi utile de faire un véritable point sur les situations générales de ces deux villes avant les désastres.

    Tout ça pour dire qu’un argumentaire, ça se construit. Mais ça, c’est si on veut être convaincant.

    Oups, pardon d’avoir trollé. Mais c’est vrai que la meilleure réponse à l’attaque, c’est la stigmatisation …

    Je n’ai pu m’empêcher de répondre et j’en suis navré. Ne voyez aucune agressivité dans mon ton. Peut-être simplement de la niaiserie maligne.

    Naturellement,

    • On peut aussi comparer la puissance des tornades et le niveau de destruction, la tornade de Joplin ayant été bien plus destructrice que celle de Tuscaloosa.

      Cette expérience ‘grandeur nature’ est intéressante car on a d’un côté une ville qui est quasiment revenue à la normale et de l’autre une ville qui a du mal à se remettre de la catastrophe, dans des circonstances similaires (pas rigoureusement exactes, mais similaires). Si on attend plus longtemps, les différences seront bien moins visibles et il sera difficile de tirer des conclusions, d’où l’intérêt d’effectuer une comparaison lorsqu’une des deux a à peu près retrouvé une vie normale.

      Le parallèle avec Christchurch, en Nouvelle-Zélande peut aussi être intéressant : le gouvernement a choisi exactement la méthode Tuscaloosa. Un an et 4 mois après le tremblement de terre, il y a encore des bâtiments en ruine qui attendent le feu vert pour être démolis ou réparés. Personne ne peut prendre quelque décision que ce soit car les plans changent tout le temps. Les propriétaires n’ont même pas accès à leurs anciens locaux, même pour récupérer leurs affaires. La ville est toujours sinistrée, les habitants s’en vont. Je prendrai peut-être le temps de détailler ce cas dans un article dédié.

      • @ Le Dahu Libre

        Merci pour ces précisions. Il est évident que le cas que vous décrivez est extrêmement intéressant. D’autant plus qu’après avoir vérifié par moi-même, il se trouve que Joplin est une ville plus petite et plus isolée que Tuscaloosa (relativement proche de Birmingham, AL).

        Tout ceci prouve en effet que le cataclysme qui a frappé la cité du Missouri est de plus grande envergure.

        Quoi qu’il en soit, je vous suis reconnaissant d’avoir pris le temps de me répondre.

    • @ Lalince
       » …. Oups, pardon d’avoir trollé…. »

      Arrêtez de jouer au martyr, présupposant qu’on vous traiterait de troll au seul motif que vous exposeriez des arguments contraires à l’article.

      Cependant j’observe que les résultats positifs liés à la liberté, (au contraire des échecs du collectivisme), vous déplaisent.
      Vous ergotez sur le délai d’un an, au prétexte qu’il faudrait une décennie pour être certain que la liberté est plus efficace que le collectivisme.

      • @librexavier

        Je joue certes au martyr. Mais vous l’avez compris, c’est une façade.

        Mon objectif est simplement d’apporter un ensemble de contre-arguments.

        J’ergote, en effet, mais le monde n’est qu’un amas de détails, qui, ajoutés les uns aux autres, forment un ensemble cohérent. C’est ce que la science m’a appris. Omettez un seul d’entre eux, et votre édifice s’effondre.

        S’il en va de tel pour l’univers, alors toutes les sciences, qui n’en sont que des déclinaisons infiniment restreintes, suivent ce fonctionnement.

        Il est toujours important quand on veut traiter un problème d’en connaître toutes les données, sans exception. C’est ce qu’on n’a cessé de me répéter depuis les problèmes de mathématiques de mon école primaire.

        Mon intention est donc simplement de pointer du doigt les données manquantes. Parce que c’est le meilleur moyen de se diriger vers une résolution du problème insatisfaisante.

        Pour conclure, j’admettrai volontiers qu’il faut choisir une limite à la récolte d’informations, car sinon jamais on ne s’arrêterait de les chercher. Toute la nuance réside dans cette limite. Il y a un minimum nécessaire.

        Sinon, et j’en suis le premier contrarié, ce sont des conclusions hâtives et erronées qui sont véhiculées. Nous voyons le résultat de de ce troncage d’informations débarouler quotidiennement dans les média.

        En outre, je me contrefiche éperdument de la dualité libéralisme-collectivisme.

        • C’est consternant.
          La science est une méthode, pas une conclusion. Et c’est une méthode à l’arrache, qui se permet de conclure à partir de la plus petite intuition (Claude Bernard : Introduction à la médecine expérimentale), puis vérifie & s’adapte en cas de contre-exemple (ce qui évidemment la distingue du « troncage d’informations [qui] débaroule[] quotidiennement dans les média ») .
          Il n’EST PAS « important quand on veut traiter un problème d’en connaître toutes les données, sans exception ». Ce que vous proposez c’est une négation de la science, qui sait bien qu’elle ne connait pas et ne connaitra jamais toutes les données. Il n’y a pas de « limite nécessaire » : Claude Bernard se permet de conclure sur l’acidité de l’urine de l’ensemble du monde animal à partir de l’exemple de quelques lapins (et un seul lui aurai suffit à élaborer sa théorie) ; bien entendu il n’en fait pas un dogme et s’autorise à changer de théorie au premier contre-exemple — ce qui serait une autre façon de ne pas faire de science : écarter des faits contrariants et refuser d’en tenir compte alors qu’on les a sous les yeux.

          Ici (comme partout : même chose au Japon frappé par le Tsunami) la comparaison est nette et sans appel. La science a parlé. Si vous voulez la contredire, la balle est maintenant dans votre camp : à vous de mettre en évidence le facteur selon vous exceptionnel qui fait que là ça a marché à l’inverse de ce que vous attendez comme règle générale, et de présenter les exemples selon vous plus parlant qui illustre une éventuelle supériorité du planisme de circonstance exceptionnelle… bon courage…
          Ou ne vous présentez pas comme d’esprit scientifique.

        • Lalince : « Pour conclure, j’admettrai volontiers qu’il faut choisir une limite à la récolte d’informations, car sinon jamais on ne s’arrêterait de les chercher. Toute la nuance réside dans cette limite. Il y a un minimum nécessaire. »
          ————————–
          C’est pas comme si les infos sur les méfaits du planisme n’existaient pas hein, on a plus d’1 siècle de données sur la moitié de l’humanité avec l’expérience communiste !
          C’est comme le débat qu’il y avait ici sur l’utilité (ou plutôt l’inutilité) des feux rouges, l’argument du « mais on ne savait pas », surtout à l’heure d’internet, ça va bien un moment : http://www.youtube.com/watch?v=vi0meiActlU&feature=relmfu

    • Attendre 10 ans … Demandez donc leur avis à ceux qui auront à subir cette attente à Tuscaloosa.

  • Les commentaires sont fermés.

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