La classe moyenne américaine au tapis

La « reprise » américaine prend du temps à se matérialiser. La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, et c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée

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La classe moyenne américaine au tapis

Publié le 13 juin 2012
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La « reprise » américaine prend du temps à se matérialiser. La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, et c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Non, nos voisins américains ne sont pas sortis du bois.

L’éclatement de la bulle immobilière et la récession de 2007 ont effacé près de deux décennies de richesse chez les Américains, selon les chiffres de la Réserve fédérale.

La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, passant de 126 400$ en 2007, à 77 300$ en 2010 (ajustés pour l’inflation). Soit environ le même niveau qu’en 1992.

Zip ! toute cette belle richesse (sur papier), effacée.

Calculée en moyenne, cette chute a été de près de 15%. Mais c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée.

Comme le soulignait le Washington Post, les belles promesses de retraite fondées sur une bourse et un marché immobilier toujours croissant se sont avérées… illusoires.

Bien sûr, tout ça pourrait remonter un jour. Le prix des maisons pourrait exploser de nouveau, la bourse caracoler vers de nouveaux sommets… et y rester. Mais j’ai l’impression que ça n’arrivera pas de sitôt.

Les dettes demeurent

La première responsable de ce carnage est la débâcle immobilière. Elle a fait disparaître 42% de la richesse immobilière des ménages américains (basé sur la valeur médiane).

Lueur d’espoir : moins de familles traînent un solde de carte de crédit. Nuage : un nombre croissant d’entre elles a accumulé les prêts étudiants. Résultat : le portrait de l’endettement global n’a presque pas changé.

Moins de richesse immobilière et boursière, mais autant de dettes… Les Canadiens, du haut de leur bulle immobilière et d’endettement, devraient prendre des notes. Juste au cas.

Les PME se sacrifient  

Sur une autre note, 54% des propriétaires de petites entreprises ont dû renoncer à se verser au moins une paye ces dernières années, afin de garder leur entreprise sur les rails. C’est ce que rapporte la chaîne CNBC, qui a mis la main sur un sondage mené par l’entreprise Citibank. Et 23% des chefs de PME disent avoir renoncé à leur paye pendant au moins un an. Ces derniers se disent tout de même relativement optimistes quant à l’avenir.

Quant aux employés, plus d’un tiers auraient travaillé des heures supplémentaires sans être payés (remarquez, ce n’est pas si rare dans les PME). Et 18% des PDG disent avoir fait « sauter » une paye à leurs employés, ou avoir remis celle-ci en retard.

Pas surprenant que la « reprise » américaine prenne autant de temps à se matérialiser. À la lumière de ces chiffres, quelque chose me dit qu’il faudra patienter encore.

—-
Sur le web.

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  • Je profite de cet intéressant article pour essayer de comprendre un aspect défendu par les libéraux dont j’ai du mal à voir l’entièreté. Je veux parler de la retraite par capitalisation.

    Nous voyons bien que mettre son argent en bourse par soit même où à travers des fonds (assurances vie ou hedge funds) n’assurent en rien une sérénité de nos économies. Surtout avec le monde de la finance que nous avons qui n’est fait que par et pour les gros.

    Des lors, hormis un couplet sur je gagne mon argent donc je le gère moi même, y a t’il d’autres éléments en faveur de la retraite par capitalisation ? Également, je pense ne pas voir toutes les pistes d’épargne pour la retraire, pourriez-vous m’éclairer ?

    Ceci est dit sans troll aucun. Merci d’avance !

    • Bien que je sois assez souvent en désaccord avec toi, merci pour ces liens très intéressant. Le cas chilien illustre bien la méthode.

      Je note cependant qu’il est nécessaire d’avoir un pragmatisme de la part de l’Etat. Que ce soit dans la période de transition ou dans le cadre légal des entreprises de retraites, L’État doit fixer des règles claires.

      Cela renforce mon opinion que de la capitalisation « sauvage » type hedge funds où la recherche de rendement prime sur l’intégrité du capital et de la moralité de l’investissement est néfaste et mérite d’être bornée clairement.

      • ça c’est la meilleure. l’état, responsable à 110% de la merde dans laquelle nous nous trouvons serait par miracle plus clairvoyant pour « moraliser » les retraites par capitalisation. on croit rêver…
        Non, la meilleur chose qui pourrait arriver au retraite et à l’économie en générale c’est que l’état retire ses salles pâtes du systèmes.

        • Si pour toi les hedges funds participent d’une économie responsable, si pour toi primer le court terme sur le long est la bonne façon de faire, alors je te laisse dans ton aveuglement.

          Si tu savais un minimum lire tu verrais que je ne prône pas un tout état ou une mise sous tutelle de celui ci mais des règles droites, claire et qu’elles soient respectées. Un peu comme dans l’exemple Chilien sommes toutes…

        • Eagle, En matière d’économie, il ne faut jamais oublier la règle de base : Personne n’achète ni ne vend en ayant l’impression d’y perdre.
          Dès lors, les hedges funds, spéculateurs, et tous ceux qui sont régulièrement décriés par les socialistes ne font que répondre à un besoin exprimé par d’autres de vendre ou d’acheter.
          Typiquement, les hedge funds sont à la recherche d’opportunités qu’ils jugent mal valorisées sur le marché. Ce sont des experts en information. Non seulement il n’y a rien de mal à cela, mais encore ils sont utiles car ils permettent de débloquer nombre de situations à moindre frais.

      • Le gros du problème de la retraite dite « par répartition », ce n’est pas que c’est géré par l’état, c’est que c’est la génération g2 qui paie pour la génération g0. Dès lors, on est confronté à un problème insoluble : la pyramide des âges. Les jeunes vont arrêter d’accepter de payer pour papy tout en sachant que leur enfants à eux seront plus tard incapables de payer pour eux.
        La retraite par capitalisation permet à chaque génération de payer pour elle-même.
        Ensuite, bien sûr, si c’est l’état qui gère, quelle que soit la méthode, ça foire, mais c’est encore pour d’autres raisons.

        • Mais je ne remet pas en cause la retraite par capitalisation ! Le cas Chilien m’a même convaincu de sa faisabilité et de sa cohérence !

          Ce qui m’inquiète c’est de voir des fonds pouvoir avoir un capital suffisant afin de demander des taux de rentabilités exorbitant dans des conditions de marchés qui poussent à des actions néfastes. Demander une rentabilité de +15% dans un marché qui croit de 2 est pour moi une hérésie ( on parle bien d’entreprise installée, pas de start-up).

          C’est ce genre de comportement qui poussent l’entreprise à préférer embaucher 5 personnes qui se pourrissent la santé sur une tache qui pourrait être mécanisée mais que les tableaux Excel jugent plus chers… Désolé d’avoir un minimum de fond humain et de ne pas considérer l’économie comme une somme de considération froidement chiffrées.

          • Ce genre de fonds ne peut pas tenir très longtemps, d’une part parce que mathématiquement, ils ne pourront avoir le yield demandé bien longtemps, et surtout, parce que ce faisant, ils fusillent durablement les entreprises qui pourraient potentiellement leur rapporter gros sur la durée. Il ne faut pas confondre le hedge fund dont le but est la rentabilité à court/très court terme, et le fonds de pension traditionnel dont le but est la rentabilité à long terme et la sécurisation des fonds. Le premier prend de gros risques, le second fait tout pour les éviter.

        • Eagle :
          « Demander une rentabilité de +15% dans un marché qui croit de 2 […] »
          Oui, mais bon, ça ne fonctionne pas comme ça. Un fonds, quel qu’il soit, répartit ses investissements. il ne suffit pas de « demander » 15% pour l’obtenir. 15% C’est même très très dur à avoir. Ça implique des risques. Ceux-ci sont ensuite couverts sur des placements plus tranquilles, comme des OAT.
          Vous êtes-vous demandé comment un fonds pourrait obtenir 15% d’un placement ? Plusieurs manières :

          1. Il achète des obligations très risquées. En gros, il prête de l’argent à une entreprise ou un état qui ne pourra peut-être pas rembourser. Ça s’apparente à du capital risque. Le taux d’intérêt reflète le risque perçu par le marché. Le fonds ne « demande » pas : il achète au prix du marché.

          2. Il achète des actions et espère qu’elle grimpent. Là encore, le fonds ne « demande » pas. Il faut étudier les investissements, la santé des entreprises, etc. Seulement ainsi peut-on découvrir des entreprises sous évaluées. C’est la spécialité des hedges funds.

          3. Il achète des actions et compte percevoir des dividendes. C’est sa seule occasion de « demander » quelque chose. Mais ça ne se limite pas à ça : Quand une entreprise verse des dividendes, sa valeur boursière baisse, car elle diminue sa trésorerie. Ça se voit au moment des annonces de résultats : Quand on pense qu’une entreprise qui verse des dividendes va annoncer de bons résultats, sa cote augmente. Puis elle verse les dividendes, et elle rebaisse. Ce mouvement correspond, peu ou prou, au montant des dividendes espérés et perçus. Si trop de dividendes sont versés, l’action peut même chuter drastiquement.
          En conséquence, personne ne peut exiger un montant spécifique de dividendes, au risque de couler la boîte. Certaines entreprise n’en versent d’ailleurs jamais. Apple en est un exemple.

          4. Il achète ou vend des « futures ». Là, il s’agit de s’engager à acheter ou vendre à une date et un prix fixés à l’avance. C’est le fonds qui prend le risque sur lui, en espérant engranger des bénéfices. C’est très risqué, mais ça permet à celui qui vend ou achète au fonds de sécuriser sa trésorerie et de pouvoir continuer à travailler sans avoir à s’inquiéter de la fluctuation qui du dollar, qui du blé, qui du pétrole…

          5. Il utilise un effet de levier, à partir de futures. Là, il joue avec le feu. On peut encaisser beaucoup. Voir Kerviel en 2006. On peut aussi beaucoup perdre. Voir Kerviel en 2008. Là encore, pas moyen de « demander » un pourcentage.

          Ensuite, la façon que vous avez de juger une entreprise est une autre question.
          Vous faites valoir votre « fond humain », l’opposant à « l’économie vue comme une somme de considération froidement chiffrées. »
          C’est beau. C’est bien. Vous avez du cœur.
          Mais ce n’est pas avec du cœur que marche l’économie. C’est avec des règles, des équations.
          Une entreprise a besoin de capitaux pour tourner, donc de gens qui en disposent et qui veulent bien lui en fournir. Ils ne le font que si c’est suffisamment rentable.
          Quand on refuse de respecter les règles, on se plante. Regardez les coopératives ouvrières. Échec sur échec.

          Les pauvres et les petits s’en sortent toujours mieux quand les riches et les grands peuvent investir librement.

  • @ Eagle :

    ne tombez pas dans les clichés anti économiques sur les edge fund et autres fonds d’investissement :
    quand ils rachètent une société, c’est pour la revendre d’ici 5 ans, c’est déjà moins cour termiste. Ensuite, comme ils espèrent la revendre plus cher, ils sont obligé de la développer, et cela dans une optique de long terme.

    Le rendement de 15 % s’analyse de 2 façons : rendement sur capital employé lors de la revente, et c’est là que les 15 % sont calculés,

    sinon c’est le rendement par rapport aux fonds propres investis.

    Comme ces opérations sont faites avec un fort effet de levier (cad avec peu de fonds propres), le rendement de 15 % se rapporte à une base faible, donc facilement atteignable.

    aucun rapport avec un rendement de 15 % sur chiffre d’affaires, surtout avec un CA qui croit de 2 %

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