La classe moyenne américaine au tapis

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La « reprise » américaine prend du temps à se matérialiser. La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, et c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée

La « reprise » américaine prend du temps à se matérialiser. La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, et c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Non, nos voisins américains ne sont pas sortis du bois.

L’éclatement de la bulle immobilière et la récession de 2007 ont effacé près de deux décennies de richesse chez les Américains, selon les chiffres de la Réserve fédérale.

La valeur médiane nette des familles a plongé de 39% en trois ans, passant de 126 400$ en 2007, à 77 300$ en 2010 (ajustés pour l’inflation). Soit environ le même niveau qu’en 1992.

Zip ! toute cette belle richesse (sur papier), effacée.

Calculée en moyenne, cette chute a été de près de 15%. Mais c’est la classe moyenne qui a subi le gros de la raclée.

Comme le soulignait le Washington Post, les belles promesses de retraite fondées sur une bourse et un marché immobilier toujours croissant se sont avérées… illusoires.

Bien sûr, tout ça pourrait remonter un jour. Le prix des maisons pourrait exploser de nouveau, la bourse caracoler vers de nouveaux sommets… et y rester. Mais j’ai l’impression que ça n’arrivera pas de sitôt.

Les dettes demeurent

La première responsable de ce carnage est la débâcle immobilière. Elle a fait disparaître 42% de la richesse immobilière des ménages américains (basé sur la valeur médiane).

Lueur d’espoir : moins de familles traînent un solde de carte de crédit. Nuage : un nombre croissant d’entre elles a accumulé les prêts étudiants. Résultat : le portrait de l’endettement global n’a presque pas changé.

Moins de richesse immobilière et boursière, mais autant de dettes… Les Canadiens, du haut de leur bulle immobilière et d’endettement, devraient prendre des notes. Juste au cas.

Les PME se sacrifient  

Sur une autre note, 54% des propriétaires de petites entreprises ont dû renoncer à se verser au moins une paye ces dernières années, afin de garder leur entreprise sur les rails. C’est ce que rapporte la chaîne CNBC, qui a mis la main sur un sondage mené par l’entreprise Citibank. Et 23% des chefs de PME disent avoir renoncé à leur paye pendant au moins un an. Ces derniers se disent tout de même relativement optimistes quant à l’avenir.

Quant aux employés, plus d’un tiers auraient travaillé des heures supplémentaires sans être payés (remarquez, ce n’est pas si rare dans les PME). Et 18% des PDG disent avoir fait « sauter » une paye à leurs employés, ou avoir remis celle-ci en retard.

Pas surprenant que la « reprise » américaine prenne autant de temps à se matérialiser. À la lumière de ces chiffres, quelque chose me dit qu’il faudra patienter encore.

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