G8 au parfum soviétique

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G8 au parfum soviétique

Publié le 21 mai 2012
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Alors que François Hollande s’est félicité d’avoir placé la question de la croissance au sommet du G8 auquel il participait pour la première fois, on reste ahuri devant le communiqué final de Camp David.

Un billet d’humeur de Guy Sorman.

Les dirigeants politiques des huit nations les plus riches du monde, réunis autour de Barack Obama à Camp David, se sont prononcés ce jour, pour la croissance. Mais qui serait contre ?

Il ne leur manque que d’avoir annoncé le taux de croissance pour les cinq prochaines années comme le firent naguère le Gosplan soviétique et sur son modèle, le Commissariat au Plan français. On reste ahuri : l’économie n’obéit pas aux injonctions mais aux innovateurs et aux entrepreneurs. Il appartient aux gouvernements de sécuriser le paysage à long terme, par le maintien de l’état de droit et des prélèvements publics prévisibles.

Certes, il a été question dans le communiqué final, de « responsabilité fiscale » : juste terme, plus précis que l’austérité qui est seulement un slogan partisan. Mais cette responsabilité fiscale dont Obama n’a jamais fait preuve, n’a été mentionnée que comme concession à l’Allemagne alors que les déficits publics sont la cause première, en ce moment, de la croissance lente ou nulle dans les pays du G8.

En vrai, le G8 aura reflété les tactiques de gouvernements en campagne – Obama, Hollande – plus qu’une quelconque vérité ni stratégie économique. Ce que peu de médias auront observé, considérant qu’il existerait un débat entre austérité et croissance. Ce débat n’existe pas.

 

—-
Sur le web.

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Créer un compte Tous les commentaires (26)
  • Obama et Hollande assis l’un à côté de l’autre ça fait peur.

    On dirait Yalta 2.0.

  • vite, les chars arrivent! les communistes vont créer des camps de travail forcé! sérieusement, c’est quoi ce cliché?
    le g8 se prononce pour la croissance en opposition à l’austérité, ce que vit la Grèce, l’Italie ou l’Espagne… et on ne peut pas dire qu’austérité = croissance

    • l’austérité pour le peuple, pas pour les dirigeants/gouvernements…
      j’ai dû me tromper quand j’ai lu que le salaires des grecs avait diminué de moitié ou que des milliers d’emplois publiques (donc service public) allaient être (ou sont) supprimés.

      • Le souci c’est que ces baisses sont compensées par les hausses des dépenses ailleurs.

        • @h16
          Le souci c’est que quand ces hausses des dépenses ne sont plus que des intérêts, un Etat ne peut plus rembourser et cela peut importe ce qu’il fasse.

      • On parle de croissance et d’austérité au niveau des États, des dépenses publiques, et vous le savez très bien. Votre pirouette a échoué.

  • « il existerait un débat entre austérité et croissance. » Il me semble qu’il y en a un. Est-ce que couper dans les dépenses de soins de santé, d’éducation et de services sociaux favorise la croissance? Non, ça ne fait que nuire au sort des plus démunis.

    Il y a un débat, entre austérité et libéralisation: l’austérité, effective ou chimérique, n’est pas source d’une libéralisation permettant la croissance. Mais qu’est-ce que libéraliser, alors? Eh bien, mettre fin au monopole d’Etat sur les services qu’il fournit actuellement, amenuiser la réglementation, baisser les impôts, entre autres choses. A la condition que ces mesures libérales soient prises d’un coup et en leur intégralité : les établir progressivement est un projet chimérique, qui se solderait par des demi-libéralisations masquant du socialisme de droite.

    • « Est-ce que couper dans les dépenses de soins de santé, d’éducation et de services sociaux favorise la croissance? Non, ça ne fait que nuire au sort des plus démunis. »
      ——————
      Oh non, encore cette rhétorique du faux choix et du chantage moral usée jusqu’à la semelle !

      • Je fais un constat, mec. L’austérité c’est pas top cool pour les plus démunis. Et je te signale que plus bas, je dis ce que serait à mon sens une libéralisation authentique, et comme tu peux lire, c’est assez radical.

        Tu vois, je ne suis pas du genre à penser « si on libéralise tout, c’est la merde pour les plus démunis »: je pense au contraire que c’est en libéralisant tout que le sort des plus démunis sera le meilleur possible. Je peux t’envoyer des arguments, mec. Mais demain, plutôt, et seulement si tu penses que ça en vaut la peine. Après tout, ce n’est qu’un comment 😉

  • Les commentaires sont fermés.

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