L’Islam et la croissance économique

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La Société du Mont Pèlerin a tiré les leçons des printemps arabes lors d’une réunion spéciale qui s’est tenue du 21 au 24 avril à Fès, Maroc

La Société du Mont Pèlerin a tiré les leçons des printemps arabes lors d’une réunion spéciale qui s’est tenue du 21 au 24 avril à Fès, Maroc.

Un article de l’aleps.

C’est Fès qui a été choisie pour accueillir la première réunion dans un pays arabe de la Société du Mont-Pèlerin.

La semaine dernière la Société du Mont Pèlerin, aréopage des intellectuels libéraux fondé par Hayek, a tenu un meeting spécial à Fès. Organisé par Pascal Salin et le Président de l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah, Esserhim Farissi, ce congrès a tenu toutes ses promesses. Il a accueilli des hôtes de marque, dont le dernier prix Nobel de littérature, Mario Vargas Llosa, et le Président tchèque Vaclav Klaus. Beaucoup de jeunes économistes (souvent formés à l’Université d’Aix) sont intervenus pour dire leur espoir de voir l’Islam s’ouvrir totalement aux idées de la liberté.

Le constat est pourtant décevant : les printemps arabes n’ont tenu aucune des promesses de libéralisation, et les partis islamiques en ont tiré tous les bénéfices. Certains de ces partis sont modérés et tolérants (c’est le cas au Maroc), mais la plupart sont intégristes, voire totalitaires. En fait les printemps étaient une réaction contre la pression de l’État, parce que (comme l’a exposé le professeur Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée Nationale Ivoirienne) la décolonisation a consisté à transférer la propriété aux nouveaux États « libérés », à aucun moment la propriété privée et la liberté économique n’ont été respectées. Il n’y a jamais eu place pour l’entreprise ni l’entrepreneur, le népotisme et la corruption ont triomphé.

Est-ce la religion musulmane qui a accentué cet état de fait, et coupé les pays arabes de la démocratie et de l’économie libre ? Le conservatisme coranique, organisé depuis 1017, a figé l’élite et rompu avec le développement économique d’un Islam qui commerçait avec l’Europe. Dès lors seul le pouvoir politique a compté et aujourd’hui il contrôle tout.

Comment faire évoluer les choses ? Par l’éducation et la formation. La création d’écoles libres et de think tanks efficaces est nécessaire. Les jeunes Marocains s’y emploient dans leur pays. Ils traduisent en arabe les grands classiques libéraux et publient beaucoup de rapports sur la situation des économies arabes. C’est un devoir de la communauté libérale mondiale de les accompagner dans leurs efforts.

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