La « cathédrale » de Jean Linard fait polémique

Cathédrale de Jean Linard

Comment faire les poches du contribuable avec une bonne stratégie média? L’exemple de la « cathédrale » en céramique de l’artiste berrichon Jean Linard.

Comment faire les poches du contribuable avec une bonne stratégie média ? L’exemple de la « cathédrale » en céramique de l’artiste berrichon Jean Linard.

Par l’Observatoire des Subventions.

Cathédrale de Jean Linard

A la suite du décès de l’artiste berrichon Jean Linard en 2010, sa veuve et sa fille ont cherché à vendre sa « cathédrale » en céramique pour 800 000 €.

Mais les avantages du classement aux monuments historiques (aux frais du contribuable) semblent plus intéressants…

L’ nous relate les faits.

Tout commence avec le décès d’un artiste original du nom de Jean Linard. Ce dernier a construit dans sa propriété du Cher ce qu’il considérait comme une « Cathédrale » dédiée à toutes les religions.

La veuve Linard considère que l’œuvre a son prix et entend vendre la « Cathédrale Jean Linard » au prix de 800 000 €. Difficile de trouver acquéreur à un tel tarif…

La veuve et sa fille, bien implantées dans la vie locale et notamment en politique, ne vont donc pas persister longtemps dans ce projet de cession. Elles vont prendre le parti de mobiliser leurs réseaux sur la tonalité du chef d’œuvre en péril.

A travers cette affaire, nous ne ferons que constater le pouvoir des réseaux d’influence sur le monde des médias et de la politique.

La stratégie des Linard est formidablement structurée. En premier lieu, un véritable plan média est lancé avec l’aide des amis de la presse régionale de gauche. Il s’agit ensuite de faire parler de soi dans L’Humanité et dans Libération en y publiant  la pétition de riches artistes, conservateurs de musées, directeurs de galerie de Paris, Amsterdam, Montréal, Londres, mais aussi de Californie.

Enfin vient le soutien des politiques et d’abord celui du très chic candidat Front de Gauche aux affections assez peu prolétariennes.

Tout ce petit monde de bobos, au nom de l’art brut, de la lutte des classes et du bon goût, enjoint le ministre de la Culture de verser une subvention d’urgence, pour la remise en état de la propriété, puis de procéder au classement des assemblages en céramique de la magique « cathédrale ».

Magique elle le serait assurément si elle avait le pouvoir de siphonner les billets de nos poches tout en permettant à la famille Linard de profiter de son héritage sans avoir à le vendre comme y serait contraint le premier pékin venu.

Cependant, les circonstances ne semblent pas favorables à la satisfaction des prétentions des Linard. Dans un contexte de crise aiguë des finances publiques, le bon sens et la foi en un Etat garant de la protection de l’intérêt général, devrait rassurer les assujettis aux prélèvements obligatoires que nous sommes.

D’ailleurs un classement aux seules fins de servir l’intérêt particulier de la famille Linard ne devrait pas s’imposer puisque les protecteurs de la païenne « Cathédrale », directeurs de galeries et conservateurs de musées, ont largement les moyens d’entretenir l’œuvre pour une somme de 800 000 € voire bien plus.

Mais les contribuables berrichons vont vite déchanter.

D’abord les bobos pétitionnaires s’affirment tellement convaincus de la rentabilité du projet de classement qu’ils n’y consacreront pas un sou. Il semble être du dernier chic pour cet artistique aréopage de vouloir faire payer leurs goûts par les frustres contribuables que nous sommes, ceci avec l’onction de la gauche de la gauche.

Puis Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, accompagné d’Yves Fromion, député UMP du Cher, sont venus faire ce qu’il convient d’appeler un pèlerinage à la « Cathédrale » le 12 mars. Le ministre de la Culture n’apprécie d’ailleurs pas que l’on mette des guillemets à cette cathédrale, il le dit sur le journal régional de France 3 et se prétend, tel son oncle, inspiré par les forces de l’esprit qui l’entourent en ce lieu.

L’essai est décidément transformé, l’inscription de la chose aux Monuments historiques semble acquise par la volonté du bobo ministre.

Comme il le dit: « Ce lieu est extraordinaire. Il faut le protéger sans pénaliser la famille… Il est vrai qu’une inscription entraîne des obligations mais aussi des avantages indiscutables. L’inscription c’est la reconnaissance de la valeur du site et la certitude d’avoir des aides aux travaux. »

Si tout se terminait ainsi il faudrait donc bien jeter au feu nos cours d’éducation civique sur la finalité de l’Etat. Sera-t-il donc dit que la contribution publique a pour objet non l’intérêt général, mais le financement des intérêts privés des amis ?

Il appartient donc à l’ensemble des contribuables de se mobiliser pour dire au ministre ce que nous en pensons et pour cela n’hésitez pas à vous manifester auprès des contribuables berrichons pour les soutenir dans leur campagne de protestation.

Association des Contribuables Berrichons

L’Association des Contribuables Berrichons (ACB) est basée à Aubigny-sur-Nère dans le Cher (18). Son but : veiller à la bonne gestion des fonds publics, vérifier son bon usage et dénoncer toute mauvaise utilisation des deniers du contribuable.


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