Vers la fin de la bulle immobilière canadienne?

Qu’est-ce qui fera dégonfler la bulle immobilière dans plusieurs villes canadiennes? La même chose qui a contribué à la gonfler : le crédit. Ou plutôt, sa rareté.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Vers la fin de la bulle immobilière canadienne?

Publié le 9 avril 2012
- A +

Qu’est-ce qui fera dégonfler la bulle immobilière dans plusieurs villes canadiennes? La même chose qui a contribué à la gonfler : le crédit. Ou plutôt, sa rareté.

Par David Descôteaux, de Montréal, Québec.

Qu’est-ce qui fera dégonfler la bulle immobilière dans plusieurs villes canadiennes? La même chose qui a contribué à la gonfler : le crédit. Ou plutôt, sa rareté.

Le ministre des Finances Jim Flaherty a imposé des nouvelles règles depuis quelques années. Il a réduit la durée maximale d’une hypothèque assurée de 40 à 30 ans. Et la rumeur veut qu’il la diminue à nouveau à 25 ans dans un avenir rapproché. Flaherty a aussi fait passer la mise de fonds minimale à l’achat d’une maison de 0 % à 5 %. Des économistes lui recommandent de hausser ce seuil à 7 %.

Mais d’autres mesures se dessinent en ce moment, qui risquent d’avoir encore plus d’impacts sur l’accès au crédit.

On ferme le robinet

Ben Rabidoux, analyste chez une firme de recherche et observateur attentif du marché immobilier canadien, fait remarquer que des changements majeurs se préparent à la SCHL (une société de la couronne qui assure les hypothèques des acheteurs qui versent moins de 20 % comptant sur leur maison).

Dans un récent billet de blogue, Rabidoux rappelle que sur 1100 milliards $ de crédit hypothécaire au pays, la SCHL en assure près de la moitié (plus de 500 milliards $). Or la croissance des activités de la SCHL a explosé ces dernières années. Il y a quatre ans, la limite d’assurance-prêt que pouvait détenir l’organisme (limite imposée par le parlement) était de 350 milliards $. C’est donc une hausse de 70 % depuis 2007 ! En prenant le risque à la place des banques, la SCHL a certainement contribué au gonflement de la bulle immobilière.

Mais voilà, les parlementaires ont plafonné à 600 milliards $ la valeur des prêts assurables par la SCHL (en partie dû au risque encouru par les contribuables). Résultat : dans son « Plan d’entreprise » publié sur son site web, la SCHL prévoit d’augmenter ses garanties de prêts de moins de 10 milliards $ par année d’ici 2016, afin de ne pas dépasser cette limite. C’est peu comparé à la moyenne de 50 milliards $ par année depuis 2007. L’autre joueur dans cette industrie, Genworth Canada, doit aussi respecter un plafond dicté par les parlementaires, souligne Rabidoux.

Avec un tel ralentissement dans les garanties hypothécaires, il y a fort à parier que les banques deviendront plus exigeantes lorsqu’elles vont prêter.

La limite approche

L’analyste fait aussi remarquer que le bureau du surintendant des institutions financières, qui surveille et réglemente les banques, a publié il y a quelques jours des recommandations provisoires. Parmi elles : adopter des règles plus strictes quant aux mises de fonds des acheteurs, réduire la limite des marges de crédit hypothécaires — de 85 % de la valeur de la maison à 65 % —, et calculer cette valeur de façon plus conservatrice.

Rappelons que la portion des marges de crédit hypothécaire dans le crédit à la consommation a explosé, passant de 11 % en 1995 à près de 50 % aujourd’hui, selon la Banque du Canada.

Ajoutons à ce tableau que l’endettement des Canadiens continue de battre des records, et s’approche de sa limite. Selon Statistique Canada, le tiers des ménages ont désormais atteint la limite de leur capacité d’emprunt.

Que les taux d’intérêt grimpent ou non, la poussée immobilière tire à sa fin au Canada. L’accès au crédit et les pratiques de prêts parfois laxistes des banques ont contribué à gonfler la bulle. C’est le resserrement de ce même crédit, et de ces pratiques, qui risque de la dégonfler.

Sur le web

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Daniel Lacalle.

Les chiffres macro-économiques les plus récents montrent que le ralentissement chinois est beaucoup plus sévère que prévu et qu'il n'est pas seulement imputable aux confinements liés au Covid-19.

Les confinements ont un impact énorme. 26 des 31 provinces de Chine continentale connaissent une augmentation des cas de covid et la crainte d'un confinement de type shanghaien est énorme. Les informations en provenance de Shanghai prouvent que ces fermetures drastiques causent d'énormes dommages à la population. Des... Poursuivre la lecture

Le marché français est en baisse de 6 % depuis jeudi.

Les actifs tangibles comme l’or et le pétrole résistent plus. L’or a baissé de 10 % depuis son record du mois de mars. Mais il affiche toujours un léger gain sur 6 mois. Et le baril de pétrole reste au-dessus des 100 dollars... bien au-dessus des niveaux de l’an dernier.

Au contraire, le marché-actions est en baisse de 12 % sur les 6 derniers mois.

La plupart des investisseurs croient sans doute à l’abandon des tentatives de normalisation de la part de le Fed. Les auto... Poursuivre la lecture

L’expatriation est un phénomène de plus en plus courant dans un environnement mondialisé. Cette tendance est particulièrement présente chez les jeunes générations. Dans le cas de la France, ce sont plus de 2,5 millions de Français qui vivent à l’étranger.

Quelles sont les raisons de cette expatriation ? Où vont-ils ? Quels sont leurs profils ?

Si les profils des expatriés français sont variés, on constate que certaines tendances se dessinent.

Des expatriés français réputés pour le travail

Selon le site internations : « 56... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles