L’eau est-elle un bien marchand ?

La question devient vitale dans les pays pauvres où l’eau est rare. Le forum mondial de l’eau réuni la semaine passée à Marseille du 12 au 17 mars s’est posé la question

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L’eau est-elle un bien marchand ?

Publié le 25 mars 2012
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L’eau est-elle un bien marchand ? La question devient vitale dans les pays pauvres où l’eau est rare. Le forum mondial de l’eau réuni la semaine passée à Marseille du 12 au 17 mars s’est posé la question.

Un article de l’aleps.

La réponse n’a pas été unanime, parce que le forum lui-même est hétérogène — n’est-ce pas sa vocation ? D’un côté, des experts essayant d’avoir une approche scientifique, mais diverse ; de l’autre, des militants écologistes et anti-capitalistes venus dénoncer les grandes entreprises multinationales.

La réponse, il est vrai, n’est pas évidente. En Europe, certains pays comme la Hollande ont voulu soustraire l’eau à la logique marchande : l’administration planifie le traitement et la distribution d’une eau nationalisée. Par contraste, l’Angleterre a choisi la privatisation totale, tandis que France et Allemagne ont des systèmes mixtes.

La question devient vitale dans les pays pauvres où l’eau est rare. La logique marchande veut que la rareté élève le prix, ce qui réserverait l’usage de l’eau aux seules personnes riches. Mais elle veut aussi qu’une eau gratuite ou à bas prix encourage une surconsommation, de sorte que la pénurie d’eau s’accentuera. L’expérience commune montre cependant que les puits publics sont mal entretenus, parce nul n’a intérêt personnel à ce faire. Au contraire, les marchands d’eau, propriétaires des puits, veillent à ne pas épuiser les nappes et les forages de façon à préserver durablement leur commerce. Le marché régule ainsi la consommation.

Mais faut-il au moins fixer ou contrôler les prix ? C’est à coup sûr fausser le marché et encourager gaspillages ou pénuries.

Reste l’argument écologiste de la dégradation de l’eau par les grands groupes internationaux, qui polluent les eaux sans bourse délier. Dans ce cas, il peut s’agir soit d’un privilège accordé par les pouvoirs publics (moyennant quelque largesse des compagnies), soit d’une absence d’externalité (dommage involontaire causé aux usagers de l’eau polluée). En cas d’externalité, la théorie du coût social de Ronald Coase permet de régler le problème : la propriété de l’eau est divisée entre pollueurs et pollués, ouvrant la possibilité d’un contrat.

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Sur le web

Lire aussi : Pour protéger la nature, la solution propriétariste par Serge Schweitzer.

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  • Y a quand même une erreur factuelle puisqu’il a été démontré que la gestion privée de l’eau, en France, a coûté bien plus cher que par les régies municipales. Que les réseaux ont été mal entretenus, parce que c’est coûteux et qu’in fine, le gestionnaire est gagnant (financièrement) à laisser fuiter les tuyaux, puisqu’il fait son beurre en fonction du volume.

    D’où un retour massif vers les régies municipales.

    Récemment un article évoquait des régies qui mettent en place un tarif progressif, les premiers m³ considérés vitaux étant gratuits, le reste étant facturé de plus en plus cher.

  • Les commentaires sont fermés.

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