« Le Spectacle du Monde », une revue anti-libérale ?

Spectacle du Monde

Pourquoi je me désabonne : lettre ouverte à la rédaction du magazine « Le Spectacle du Monde » suite à la publication d’articles hostiles au libéralisme et au mouvement libertarien dans le numéro de mars 2012

Lettre ouverte à la rédaction du magazine Le Spectacle du Monde suite à la publication d’articles hostiles au libéralisme et au mouvement libertarien dans le numéro de mars 2012

Par Thierry Falissard, depuis Lausanne, Suisse.

Messieurs,

Je suis abonné à votre magazine depuis près de vingt ans, mais je ne renouvellerai pas mon abonnement.

Votre revue, qu’on présente parfois comme « positionnée au carrefour de toutes les droites », a dépeint les libertariens, dans son numéro de mars 2012, sous les plus noires couleurs, notamment comme des « individus libérés de tout lien social ». Une telle ignorance couplée à une telle malveillance laisse pantois et surprend de la part d’une revue qui se prétend culturelle et bien informée. L’auteur, étayant son propos de la plus solide ignorance historique, philosophique et politique (car le libertarisme est issu directement du libéralisme français des XVIIIe et XIXe siècle et des théories du droit naturel encore plus anciennes) n’hésite pas à aligner les absurdités les unes après les autres, puisqu’il affirme que pour les libertariens « les lois doivent disparaître ».

On ne saurait que vous recommander la lecture de l’encyclopédie libérale et libertarienne www.wikiberal.org qui vous donnera gratuitement (car, au risque de vous contredire, tout n’est pas « marché » pour les libertariens) davantage d’information sur le très riche mouvement libéral et libertarien issu directement d’une conception des droits de l’homme qui ne transige pas sur les libertés élémentaires.

On pourrait espérer que votre revue, par nature et de par son lectorat, pratique une certaine méfiance vis-à-vis du collectivisme, de l’interventionnisme étatique triomphant, de l’assistanat généralisé, de l’endettement démentiel des États, de l’arrogance des politiciens de droite et de gauche qui prétendent faire le bonheur des peuples malgré eux. Hélas, dans le même numéro de mars, on lira un autre article, très critique à l’égard de Margaret Thatcher, et qui reflète tous les clichés de gauche les plus puérils : accusation d’ultralibéralisme (doctrine inconnue dont on « apprend » que F. von Hayek aurait été le « principal théoricien »…), « primauté de l’individu sur le groupe » (apparemment Thatcher n’était pas assez socialiste pour vous), etc. Cette mauvaise foi culmine avec des citations tirées de leur contexte, comme le fameux « There is no such thing as ‘society’ ». Ci-dessous la citation complète de Margaret Thatcher, qui rappelle en quoi consiste la responsabilité individuelle pour un libéral :

You know, there is no such thing as society. There are individual men and women, and there are families. And no government can do anything except through people, and people must look to themselves first. It’s our duty to look after ourselves and then, also to look after our neighbour. People have got the entitlements too much in mind, without the obligations. There’s no such thing as entitlement, unless someone has first met an obligation.

Je crains que votre revue ne soit plus que l’écho de l’idéologie française la plus délétère (et en même temps la plus insipide) : l’État sait tout, l’État peut tout, l’individu n’est rien, il est mal de critiquer l’État tout-puissant. Nous verrons ce qu’il en sera quand l’inéluctable faillite sera venue, faillite financière prévisible succédant à une faillite intellectuelle de plus de trente ans, due tant à la droite la plus bête du monde qu’à la gauche la plus totalitaire du monde.

Je ne me réabonnerai donc pas à votre revue et j’invite les libéraux et libertariens encore abonnés à faire de même.

Recevez mes salutations.

T. Falissard, Lausanne

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