La terre tremble sous le marché obligataire américain

Les taux longs américains sont à la hausse, ce qui est encourageant pour les actions américaines. Il faudrait donc les surpondérer dans un portefeuille d’investissement.

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La terre tremble sous le marché obligataire américain

Publié le 17 mars 2012
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Les taux longs américains sont à la hausse, ce qui est encourageant pour les actions américaines. Il faudrait donc les surpondérer dans un portefeuille d’investissement.

Par Charles Gave.

Depuis plusieurs mois, les taux longs américains (sur les obligations à 10 ans) oscillaient entre 1,75% et 2%. En quelques jours, ils viennent de monter très fortement, pour se retrouver nettement au dessus de 2,10%. Derrière ce mouvement très significatif, la perception par les gérants de fonds que l’économie américaine était à nouveau en pleine croissance, non pas bien sûr à cause de la politique de monsieur Obama, mais en dépit de cette même politique, bloquée depuis plusieurs mois par une majorité d’élus républicains empêchant toute nouvelle dépense étatique. Depuis un an, les dépenses nominales de l’État US sont en baisse pour la première fois depuis 1946…

Il est donc probable que si le socialisme et son avatar, le keynésianisme reculent aux USA, la croissance du secteur privé va s’accélérer, comme cela se produit à chaque fois. Or s’il y a une règle qui ne se dément pas c’est celle qui lie la croissance nominale à long terme dans un pays avec les taux longs sur les obligations d’État.

Si la croissance sur les 10 dernières années a été de 4%, les taux longs en général seront aux alentours de 4%. La croissance nominale aux États-Unis sur les 10 dernières années a été de 3,5% et les taux longs depuis des mois avoisinaient les 1,7%, ce qui veut dire que le marché obligataire était grotesquement surévalué.

Deux explications peuvent être apportées à cette surévaluation :

  1. La crainte que le monde n’entre en déflation/dépression,
  2. Les manipulations auxquelles la banque centrale américaine se livrait.

Si ces deux facteurs venaient à disparaître, il y a fort à parier que les taux longs US n’aillent bien au dessus de 3%. Nous entrons donc dans un « bear market » d’anthologie sur le marché obligataire US, ce qui va amener nombre de commentateurs à annoncer une baisse du marché des actions (« hausse des taux = baisse des marchés »), ce qui est faux. Il y a eu 7 grandes hausses des taux depuis 1982 aux USA, deux fois le marché des actions n’a rien fait, cinq fois, il est monté très fortement, et ceci pour une raison toute simple : la hausse des taux anticipait non pas une hausse d’inflation, mais une hausse de l’activité économique, par définition favorable aux actions.

Donc les taux ont commencé à monter fortement aux USA et c’est une très, très bonne nouvelle. « Enfin ! », ai-je envie de dire…

Je maintiens donc ma recommandation de sur-représenter actions US et dollar dans les portefeuilles. Depuis trois ans, les actions US ont surperformé les actions françaises de plus de 50% et ceci devrait continuer.

Par contre, je ne suis pas sûr que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays. Pour des raisons parfaitement compréhensibles, les taux longs français sont complètement corrélés aux taux américains. Les taux longs en France vont donc monter, et très sensiblement, ce qui va rendre notre déficit budgétaire quasiment ingérable. Je plains le pauvre élu à la prochaine élection en France et qui va se retrouver dans le rôle de Papandreou en Grèce ou Zapatero en Espagne. Je maintiens donc que, dans notre pays, il ne faut avoir que des actions exportatrices qui seront les moins touchées par le drame budgétaire français qui s’annonce. Après tout, un portefeuille composé de valeurs exportatrices françaises avec une grosse sur-pondération américaine a très bien fait depuis trois ans. Je ne vois aucune raison, aucune, pour que cela change.

Ce portefeuille a été celui que je recommande depuis trois ans et sa performance a été plus qu’honorable.


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  • Bonjour à tous!

    Malheuresuement je n’ai pas tout compris…

    Pourriez vous, s’il vous plait, m’expliquer ces deux interrogations:

    1) Pourquoi, l’augmentation des taux des obligations américaines à long terme qui aura une incidence sur l’investissement en actions est une bonne chose aux USA, et une mauvaise chose en France?

    2) Qu’entendez vous par actions exportatrices et surpondération?

    Merci par avance de vos éclaircissements

    Micka.

    • C’est expliqué dans le texte : l’augmentation des taux va rendre le déficit budgétaire français intenable et le prochain président va se retrouver avec un grooooos problème sur les bras.

      Actions exportatrices : sociétés qui exportent hors de France.

      Surpondération : accorder plus de poids.

      • Merci beaucoup!

        Mais mon interrogation visait à comprendre pourquoi en France, cela à un effet contraire par rapport aux USA?

        • Je dirais parce que les investisseurs se désintéressent des obligations US parce qu’ils ont trouvé mieux, dans des actifs générateurs de croissance, ce qui n’est pas le cas en France, où le taux est du à la non-maîtrise des dépenses.

          Comme les taux Français sont élevés, le fait qu’ils montent encore rend la charge des intérêts plus lourde, les dépenses plus difficiles à maîtriser et sans la perspective de croissance qui permet de l’absorber.

          J’ai bon ?

        • Bien plus qu’aux USA, de nombreux secteurs d’activités français dépendent des subventions et autres avantages distribués généreusement par l’Etat. Si l’Etat français n’a plus les moyens de s’endetter à cause de la hausse des taux, il coupera dans les subventions versées à ces secteurs d’activités et sera contraint d’augmenter fortement les charges : effet ciseaux garanti et avis de tempête pour le cours de nombreux ténors du CAC, subissant en même temps baisse du CA et baisse de la marge ! Les moins touchés seront évidemment les exportateurs les moins exposés à la France.

  • Les commentaires sont fermés.

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