Pourquoi les taxes sur les riches n’existent pas

Taxer les riches pour aider les pauvres est une fiction qui ne profite qu’aux riches.

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Pourquoi les taxes sur les riches n’existent pas

Publié le 8 mars 2012
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Alors que la campagne électorale atteint de nouvelles abysses de médiocrité et d’inintérêt, entre petites phrases et attaques grotesques sur le mode “vous avez vu il est plus naze que moi”, il peut être instructif de se pencher sur ce concept qui fit couler tant d’encre ces deux derniers jours : l’idée qu’il faille ou non taxer les riches. Car en creusant un peu la question, il semble bien impossible de taxer spécifiquement les riches plus que les autres. Voyons cela d’un peu plus près.

Par J. Sedra, du blog Ne Cede Malis

Tout d’abord, un bref rappel.

Chaque personne prend ses décisions économiques selon un budget propre : vous avez un assez bonne idée des achats que vous pouvez vous permettre à un moment donné ou sur une période précise (par exemple, au mois), fondée sur l’expérience accumulée d’avoir fait vos courses tant de fois. À défaut de connaître les prix exacts de chaque chose, vous connaissez les niveaux de prix de ce que vous achetez régulièrement par rapport à vos revenus. Cela vous permet de jauger immédiatement si tel prix est abordable ou trop élevé pour vous, ainsi que d’évaluer ce que vous pourriez acheter à la place pour le même prix, et donc de décider si tel ou tel achat est raisonnable ou pas.

Gardez cela en tête, c’est très important pour la suite.

Maintenant, imaginez que le gouvernement annonce qu’il va taxer chaque loyer perçu par un propriétaire de 50 euros, pour les verser aux locataires, dans le but de taxer les riches propriétaires au profit des pauvres locataires. Quelle conséquence réelle cela aurait-il ? Bien évidemment, les loyers augmenteraient tous de 50 euros pour compenser, et personne ne serait plus avancé ou pénalisé par la mesure (si l’on ne tient pas compte du coût de la mesure, bien sûr). Cela ne changerait en rien le nombre de locations, ni qui loue quoi. Autrement dit, taxer les uns pour donner aux autres n’a fait que décaler les prix en sens inverse, pour un résultat nul, car chacun adapte ses dépenses et ses prix autour de son propre budget, et de l’idée qu’il se fait de sa position économique relativement aux autres.

Imaginons maintenant qu’au lieu de reverser directement aux locataires l’argent de cette taxe, il soit simplement consommé par l’augmentation des frais de bouche de l’Élysée. Les loyers augmenteraient quand même de 50 euros, et l’argent devrait faire un peu plus d’étapes avant de revenir dans la poche des locataires (là encore, si on ne tient pas compte du coût de la taxe), décalant les prix à chacune de ces étapes : l’excédent de budget de l’Élysée est absorbé par l’augmentation des prix de ses fournisseurs, qui eux-mêmes peuvent alors supporter une augmentation égale répartie sur leurs propres fournisseurs dont font partie les employés (fournisseurs de travail), ou bien les employés de leurs propres fournisseurs, etc. jusqu’à ce que la lacune initiale de 50 euros ait été comblée par une augmentation des revenus des locataires. Le nombre d’étapes est d’autant plus élevé que l’économie est complexe, mais le résultat reste le même : prendre aux uns pour donner aux autres n’aide pas les uns, pas plus que cela ne pénalise les autres, car les prix s’ajustent en sens inverse, aussi sûrement que prélever de l’eau dans un coin d’une piscine pour le verser dans l’autre coin ne fait que provoquer de petites vagues qui s’étalent sur toute la surface, laissant le niveau parfaitement plat.

On parle bien ici en théorie, car dans la réalité, l’application de la taxe coûte en efforts, en richesses et en temps, coût qui absorbe une bonne moitié de la taxe, en moyenne : c’est pour cela que l’augmentation des loyers ne serait que d’environ 25 euros, et que les prix ne se décaleraient à chaque étape que de la partie restante… et qu’au final, tout le monde y aurait perdu un peu. De plus ces décalages ne se font pas instantanément, mais progressivement. Ainsi, toute taxe se répartit à terme sur tout le monde, à chaque étape de décalage des prix qu’elle entraîne, et pour chacun à mesure de sa capacité à augmenter ses prix.

Au fait, devinez qui a le plus de mal à exiger une augmentation lorsque les règles économiques changent à l’occasion de telle ou telle taxe ? Les moins bien lotis des salariés… c’est-à-dire précisément le genre de personnes que les taxes sur les riches sont supposées aider… Et qui a le moins de mal à faire supporter sa part du coût à tous les autres ? Ceux que l’on ne peut pas choisir de ne pas payer : ceux dont les revenus viennent des prélèvements obligatoires de l’État : les élus de la République.

Le même mécanisme de compensation par décalage des prix en sens inverse des prétendus transferts de richesse, et le même mécanisme de répartition sur tout le monde, riches comme pauvres, du coût sans cesse croissant de l’État, fait qu’il ne peut pas y avoir de taxe sur les riches. Toute la charge fiscale est étalée sur tout le monde. La preuve la plus éclatante en est cette courbe :

On y voit que, quel que soit le taux d’imposition pour la catégorie de ménages étudiée, leur part dans le total de l’impôt sur le revenu reste la même (ligne verte). Et donc, il est parfaitement impossible de les taxer plus que les autres en bidouillant leur taux ou celui des autres.

Mais il y a encore un autre effet méconnu des prétendues taxes sur les riches qui n’en sont pas, qui ne peuvent pas en être : c’est que si l’on augmente les prélèvements sur les uns, et que cela les oblige à faire payer plus cher tous les autres (ou à payer moins cher tous les autres), on augmente aussi (en numéraire) leurs revenus bruts relativement à tous les autres… et c’est pour cela qu’à mesure que les taux d’imposition des plus riches augmentent, les écarts de revenus entre les plus riches et les moins riches se creusent aussi.

Un paradoxe en apparence mais qui s’explique une fois que l’on sait comment tout ça fonctionne vraiment. C’est peut-être pour ça d’ailleurs qu’on trouve des très riches tout à fait disposés à payer davantage d’impôts : le coût réel serait infime pour eux, et en plus cela augmenterait (au moins en brut) leurs revenus.

Bref, parler de taxer les riches n’est bel et bien qu’une tartufferie. Mais cela vaut aussi bien pour la droite que pour la gauche, car au final le coût net de l’État, c’est-à-dire le budget de l’État moins ses prestations sociales (je laisse ce calcul comme exercice pour le lecteur), est payé par nous tous, nous qui ne sommes pas des élus de la République, que l’on soit riche ou pauvre. Non seulement la redistribution par la force (de l’État) est immorale, mais de plus, c’est une pure illusion.

Le plus navrant étant que tout ceci fut déjà dénoncé il y a plus de 150 ans, par un autre français, Anselme Bellegarrigue :

Mais, j’y pense, vous devez avant tout exonérer les pauvres, les travailleurs, les prolétaires ; vous arrivez avec une loi contributive sur les riches. À la bonne heure ! je suis capitaliste et vous me demandez un pour cent, diable comment me tirer de là ? Tout bien réfléchi, ce n’est pas moi qui utilise mon capital, je le prête à l’industrie ; l’industriel en ayant grand besoin, ne laissera pas de le prendre pour un pour cent en plus, c’est donc sur lui que je me déchargerai de la contribution. L’impôt sur le Capital tombe net sur le nez du travail.

Je suis rentier et vous frappez le coupon (= bon du trésor), ceci est inquiétant, par exemple. À tout prendre, cependant, il y a un moyen de s’en tirer. Qui est-ce qui doit ? C’est l’État. Puisque c’est l’État, le malheur n’est pas grand ; l’impôt qui pèse sur le coupon déprécie immédiatement d’autant la valeur de ce coupon ; le coupon étant déprécié au préjudice du débiteur qui est l’État et au profit du trésor qui est l’État ; l’État tire de sa poche pour mettre dans sa caisse et il reste quitte et moi aussi. Le tour est très joli et j’avoue que vous êtes d’une belle force.

Je suis propriétaire de maisons de ville et vous imposez mes appartements ; à cela je n’ai rien, absolument rien à dire. Vous vous arrangerez avec mes locataires car vous ne me supposez pas, sans doute, assez sot pour ne pas me couvrir de l’impôt sur le loyer.

Le mot le plus dépourvu de sens qui ait été prononcé depuis la révolution de février c’est celui-ci : L’IMPÔT SUR LES RICHES. Mot, sinon pervers, du moins profondément irréfléchi. Je ne sais ce qu’on appelle les riches dans un pays comme celui-ci où tout le monde est endetté et où l’état des mœurs pousse la plupart des propriétaires, rentiers et capitalistes, à dépenser, par an, plus que leur revenu. En tout cas, le riche admis, je vous défie de l’atteindre, vos tentatives sur lui n’indiquent qu’une grossière ignorance des lois élémentaires de l’économie sociale et de la solidarité des intérêts. Le coup que vous voudrez porter au riche ira frapper sur l’industriel, sur le prolétaire, sur le pauvre. Voulez-vous exonérer le pauvre ? N’imposez personne.

C’est navrant, en effet, que nous n’ayons toujours pas retenu cette leçon depuis tout ce temps.

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  • Article indispensable !

    On peut ajouter que les seuls bénéficiaires sont les agents de l’état : Ceux qui prennent, ce qui contrôlent, ceux qui condamnent et ceux qui distribuent (les miettes restantes).

    • Merci !

      Si vous lisez les commentaires sur mon blog, j’y expose certains développements théoriques des mécanismes décrits ci-dessus. On y voit par exemple que la société civile réagirait à la taxation et à la prédation criminelle comme si elles étaient une seule et même chose… sauf que dans les faits, il y en a une contre laquelle on ne peut pas raisonnablement lutter.

      Il y a d’autres développements intéressants à creuser: sur l’assymétrie du rapport entre charité privée et état-providence, sur l’effet de la baisse continue des coûts de transaction améliorant l’efficacité des ajustements de prix en retour, etc.

  • Juste une précision, qui n’enlève rien à l’argument général du billet, concernant le graphique de l’efficacité de l’impôt aux USA. Je comprends que la ligne verte est le montant en % du PIB de l’impôt sur le revenu et non, comme le pense l’auteur, la part des riches dans l’impôt payé (le % serait très certainement beaucoup plus fort d’ailleurs).
    Certains argueront que 3 points de PIB, ce n’est pas négligeable, ce à quoi nous rétorquerons que la baisse de 20% par Reagan en 82 n’a pas généré de baisse de l’efficacité fiscale.

    • J’ai effectivement fait un raccourci, pour ne pas avoir à expliquer pourquoi c’est en % du PIB qu’on peut vraiment mesurer le « poids » d’une charge fiscale. Cela évite pas mal d’autres considérations sur l’inflation et d’autres mouvements non-uniformes des prix (la période considérée est très longue).

  • Bon article. Sujet complexe. Explication claire.

  • Très très bon article, indispensable, bien écrit, bravo !

  • C’est risible.

    Donc si on augmente tout le monde de 50 euros, les prix vont augmentés de 50 euros? N’importe quoi. Dans la répartition, la masse monétaire reste la même donc pas d’inflation et même si la masse monétaire augmentait il faudrait prendre en compte la capacité de production ou dans l’exemple ici de construction des logements.

    Et puis les citations d’observateurs d’il y a 150 ans… Bien des choses ont changées depuis je crois!

    Quant à l’immoralité de la redistribution, de quelle moralité parle t on? Un entrepreneur qui s’enrichit le doit autant à la collectivité qu’à lui même. Allez donc mettre Steve Jobs ou Warren Buffet au Bangladesh… Le premier est nait au milieu de la Silicon Valley financée par les budgets de l’armée US. le second a lui même déclaré qu’au Bangladesh il n’aurait rien fait. Enfin selon quelle moralité allez vous traiter, aider les pauvres? Votre formidable main invisible? HAHAHA Vous êtes dépassés!!

    • « si on augmente tout le monde de 50 euros, les prix vont augmentés de 50 euros? N’importe quoi »
      Eh pourtant, si.
      C’est même une absolue évidence. Ca s’appelle l’inflation, y’a même des stats dessus. Si si. Bref. Vous n’avez très visiblement aucune connaissance de l’économie. Votre niveau d’orthographe corrobore d’ailleurs le fait que vous n’avez jamais dû lire un livre de plus de 50 pages écrit gros.

    • « Donc si on augmente tout le monde de 50 euros, les prix vont augmentés de 50 euros? »

      Je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire ici. Si on augmente tout de 50 euros, alors tout augmente de 50 euros (par définition). Mais alors il faudrait que la masse monétaire augmente en conséquence.

      « Dans la répartition, la masse monétaire reste la même donc pas d’inflation » Je dis juste qu’il n’y a pas de transfert, simplement une circulation forcée. Les prix augmentent d’un côté et/ou diminuent de l’autre d’autant dans le mécanisme que j’expose, donc non, je ne dis pas qu’il y a inflation et votre argument ne s’applique pas.

      « Enfin selon quelle moralité allez vous traiter, aider les pauvres? »

      J’aide déjà les pauvres, j’ai un budget pour ça, et je préfère l’action la plus directe possible. Je suis certains programmes de développement prometteurs (les initiatives sur la distribution d’iode, ceux de construction de systèmes d’approvisionnement en eau potable, et ceux d’instruction des filles). Je le fais parce que je sais qu’on ne peut pas aider les autres par l’impôt, comme je l’ai motnré ci-dessus, on ne peut les aider qu’en le voulant soit même et en engageant ses propres moyens, et que si je (de manière globale, en tant qu’individu, pas juste moi) ne le fais pas, alors qui le fera ? J’ai envie de vivre dans un monde où les gens s’entraident mutuellement, où ceux qui en ont les moyens assistent ceux qui en manquent, et donc c’est ce que je fais, à mon échelle. Voilà pour ma morale.

      Et vous ?

      • Lol, le gros troll baveux mouché!

        Sa morale, à ce gauchiste, c’est: jalousie, rancune, envie, frustration, haine – taper sur tout ce qui réussit, et idolâtrer la misère. J’en ai connu pas mal du même genre, et aucun d’entre eux n’aurait levé le petit doigt pour vraiment aider son prochain, parce que pour eux c’est toujours à « la collectivité » de le faire et surtout pas à eux, en personne et – horreur des horreurs – individuellement.

      • « Et vous ? »

        Vous prétendez empêcher le naufrage du Titanic en écopant, H16 pense qu’un coup de barre avant de toucher l’iceberg serait plus approprié.

        De fait aucun don n’a jamais sorti un pays de la pauvreté, l’économie de marché et un bon système politique si.

        La France et certains pays du sud de l’europe sont dans un état très critique alors que le nord s’en sortent bien voir très bien pour d’autres.

    • « Allez donc mettre Steve Jobs ou Warren Buffet au Bangladesh… Le premier est nait au milieu de la Silicon Valley financée par les budgets de l’armée US. le second a lui même déclaré qu’au Bangladesh il n’aurait rien fait »

      J’aimerais revenir là dessus car il y a des choses très instructives à en tirer. La première, c’est que tous ceux qui sont nés dans la Silicon Valley ne sont pas devenus des Steve Jobs, non, un seul l’a fait. La seconde, c’est que le même, né au Bangladesh, aurait très probablement eu un parcours fantastique vers la réussite en faisant les mêmes choix qu’il a fait étant né aux USA, simplement il serait parti de beaucoup plus bas.

      Donc non, ce que vous affirmez est faux: l’entrepreneur qui s’enrichit le doit à lui-même. La collectivité qui l’entoure est neutre à son enrichissement, voire négative quand elle le taxe de force, pour les raisons exposées plus haut (répartition de la charge fiscale sur tout le monde).

      • « La seconde, c’est que le même, né au Bangladesh, aurait très probablement eu un parcours fantastique vers la réussite en faisant les mêmes choix qu’il a fait étant né aux USA, simplement il serait parti de beaucoup plus bas »
        Ouaouh! Alors, c’est la prédestination, ou la qualité des gènes? A côté de ça, l’éducation et les hasards de la vie comptent bien sûr pour si peu…

    • «Quant à l’immoralité de la redistribution, de quelle moralité parle t on? Un entrepreneur qui s’enrichit le doit autant à la collectivité qu’à lui même. Allez donc mettre Steve Jobs ou Warren Buffet au Bangladesh…»

      En effet, il est plus facile de s’enrichir dans un environnement riche, les gens ont plus de moyens, il y a plus d’opportunités, c’est là le fruit d’externalités positives à l’enrichissement personnel de chaque individu.

      Cependant, au nom de cela, vous estimez que ceux qui s’enrichissent doivent rendre des compte, que tout le monde doive rendre des comptes à tout le monde. Avec une telle logique, on ne s’en sortira pas et on arrivera à un pouvoir arbitraire et corrompu ; et surtout, vous arriverez à détruire cet environnement favorable et donc votre argument en faveur de la redistribution ne tient pas.

      Leur richesse, elle ne leur est pas tombé du ciel. Ils la doivent au fait qu’ils ont rendu des services à leurs clients.
      Ils sont devenus riches parce que leurs clients leur ont autorisé à le devenir.

      Un homme ne doit de comptes à personne d’autre qu’à lui-même, sa famille qui l’a mis au monde et élevé, ses proches, les personnes avec qui il fait des affaires et aux institutions qui garantissent sa sécurité et ses droits.

  • Finalement, vous nous dites que le poids d’une taxe peut être reporté sur un acheteur, et le prix plus élevé que celui paye ainsi va lui même être reporté sur ses prix de vente, etc.

    Vous n’essayez pas de le démontrer c’est au contraire la prémisse tenue pour évidente. Le problème est qu’elle est absurde. C’est comme avec la TVA qui est dans les médias discutée dans les mêmes termes. On fait monter la TVA et ce serait neutre pour les vendeurs de biens consommation et tous ceux qui opèrent en amont dans la structure de production parce qu’il suffirait au vendeur du bien final de reporter la hausse de la TVA sur les consommateurs. C’est juste ignorer comment les prix se forment.

    La question dans ce cas comme dans celui du propriétaire de logement est comment pourrait-il ainsi reporter la taxe sur l’acheteur? S’il suffisait de vendre plus cher pour compenser, pourquoi le vendeur n’aurait-il pas vendu plus cher avant? Car cela voudrait dire qu’il y avait de la place pour en tirer un revenu plus élevé. Bref, c’est absurde. La demande de logement est ce qu’elle est, indépendamment du niveau de taxes prélevées sur le propriétaires, elle ne change pas avec la taxe. Par conséquent, il n’y a pas de place pour transférer la charge vers les locataires. Cf. Rothbard: http://mises.org/rothbard/mes/chap16a.asp#3._Incidence_and_Effects

    • Je crois que vous n’avez pas compris le mécanisme que j’expose. C’est pour ça que j’insiste sur l’histoire du budget personnel et de l’idée que chacun se fait de sa position économique, relativement à tous les autres: il faut plutôt voir que nous sommes tous interconnectés par les échanges (mutuellement consentis), donc nous sommes tous reliés directement ou indirectement.

      Ce qu’il se passe, c’est qu’ayant subi une perte du fait de la taxe, les taxés se retrouvent “reculés” relativement aux autres, et les ajustements de prix (d’achat comme de vente, et les salaires ne sont jamais que ce que paie un employeur pour ses achats de capacité de travail) sont simplement la méthode par laquelle ils reprennent leur place relative… même si le niveau économique moyen a diminué d’un montant correspondant au coût net de la taxe. Mais ils ne peuvent pas pour autant utiliser ces mêmes méthodes pour dépasser la place (relative, toujours) où ils étaient avant (en dehors de changement d’activité, d’efforts supplémentaires, etc.). On l’a tous fait: acheter un truc moins cher parce qu’on ne peut plus vraiment ou raisonnablement se permettre le modèle “au dessus”, réclamer une augmentation au moins égale à l’inflation, etc… en bref: gérer son budget.

      Dans l’exemple (volontairement simpliste !) des 50 euros de plus sur le loyer, comme vous le dites fort bien ni l’offre ni la demande n’ont changé avant ou après, donc les mêmes échanges entre les mêmes personnes se font, par contre ce qui a changé c’est pour chaque partie le budget location dans lequel cet échange s’inscrit: +50 pour les locataires, -50 pour les bailleurs, et donc les prix s’ajustent en conséquence.

      Est-ce plus clair ?

      • Non, pour que les prix changent, il faut que la demande et/ou l’offre changent.

        • Euh, non, là je dois vous contredire. Pour que les prix changent sans changement d’offre et de demande en terme de richesses réelles, un décalage monétaire pur suffit. Quand je parle d’ajustements de prix, voyez-les plutôt comme de « micro-inflations » et « micro-déflations », ce sera peut-être plus facile à interpréter.

          • Qu’appelez-vous « décalage monétaire »?

          • Je veux dire ce genre de chose. Ici, j’essaie de voir comment l’introduction et le retrait de monnaie (la taxe et la subvention qu’elle finance) ont ce genre d’effet, mais cette fois pas de manière uniforme, et du point de vue de ceux qui paient et ceux qui reçoivent relativement à l’ensemble.

      • Pour ce qui est d’acheter un truc moins cher parce qu’on n’a plus les moyens comme dans votre réponse à « risible » quand vous parlez de prix qui baissent, vous mettez le doigt sur quelque chose qui n’a pas de place dans votre thèse initiale, une baisse de prix. Si le vendeur ne peut pas reporter la taxe sur les acheteurs, à la marge il est perdant sur les dernières unités vendues, donc s’ils avait anticipé et s’il anticipe que la taxe va rester à l’avenir il aura/va ajuster sa production à la baisse ce qui se traduit par une demande inférieure pour les facteurs de production. C’est là que le « report » de la charge fiscale intervient, dans l’autre sens, vers ses fournisseurs, employés, etc. (cela donne un prix plus élevé pour le produit c’est vrai, mais non comme un report sans douleur vers l’acheteur mais comme conséquence indirecte du caractère moins rentable de la production, caractère qui est moins rentable précisément parce qu’il ne peut pas juste passer la note à l’acheteur)

      • -50 pour le bailleur ?

        +50 pour le locataire
        -50 (taxe) + 50 (augmention) = 0 pour le bailleur

    • En passant, merci de votre septicisme argumenté, c’est exactement le type de commentaire que j’espérais avec cette republication 🙂

      Je vais lire attentivement le texte en question, et j’essaierai de voir si je dois amender mon exposé.

      • « In sum, an excise tax (a) injures consumers in the same way that all taxes do, by shifting resources and demands from private consumers to the State; and (b) injures consumers and producers in its own particular way by distorting market allocations, prices, and factor revenues;  »

        C’est ce qu’écrit Rothbard, et c’est exactement ce que je dis: en substance, les taxes ne peuvent que transférer les richesses, partiellement, au profit de l’état seul. Il dit aussi que les taxes ne sont pas simplement reportées telles quelles sur les prix, ce que je reconnais également: les prix ne peuvent pas s’ajuster à la hausse si, en face, le budget de la demande n’augmente pas. Et ils ne peuvent donc pas monter plus que « l’allocation » – là dessus je pense même avoir analysé plus à fond le phénomène que ce qui est décrit dans ce texte de Rothbard. Je vais chercher s’il écrit aussi sur les « incentives », c’est sûrement aussi intéressant.

  • « prendre aux uns pour donner aux autres n’aide pas les uns, pas plus que cela ne pénalise les autres, car les prix s’ajustent en sens inverse, aussi sûrement que prélever de l’eau dans un coin d’une piscine pour le verser dans l’autre coin ne fait que provoquer de petites vagues qui s’étalent sur toute la surface, laissant le niveau parfaitement plat. »

    Si on prenait au sérieux votre idée de départ, cela voudrait dire que les prix doivent augmenter en général par le report perpétuel de la charge. Au départ, le propriétaire reporte le poids de la taxe sur le loyer. Aucun prix ne baisse ici. Et les recettes de la taxe vont être dépensées ce qui comme vous le soulignez à juste titre va faire monter des prix via la hausse de la demande là où elles sont dépensées puis là où elles sont à nouveau dépensées et ainsi de suite.

    Autrement dit, comme le suggère « risible », au fur et à mesure que la monnaie dépensée par l’Etat passe de main en main, y compris dans les mains du locataire initial et pour le même montant précis (sauf « couts de la taxe ») les prix et revenus augmentent sans qu’en parallèle, il y ait des baisses de demandes et de prix ailleurs. Il doit ainsi y avoir « inflation ». En prélevant de l’eau dans un coin du bassin, vous avez réussi à faire monter le niveau de l’eau en la remettant à un autre coin du bassin. Il devrait être clair qu’il doit y avoir une erreur quelque part.

    Quand vous parlez du niveau d’eau qui ne peut pas monter, vous avez raison. A quantité de monnaie inchangée et à supposer que la demande d’encaisses monétaires ne change pas, les prix ne peuvent pas augmenter en général. Mais même là, il ne s’ensuit aucunement que la redistribution est neutre, que personne n’y gagnerait ou n’y perdrait même en ignorant « les coûts de la redistribution ».

    Déjà vous auriez pu faire le même raisonnement sans ignorer les coûts de la redistribution. Les bureaucrates en charge de procéder à la redistribution, leur revenu ne tombe pas dans un trou noir. Il est dépensé comme ceux des non fonctionnaires qui bénéficient des dépenses publiques.

    Ensuite, pour que la redistribution soit neutre, il faudrait que votre théorie du report vers l’acheteur soit correcte. En fait, l’affirmation de la redistribution neutre est toute entière incluse dans cette théorie. On tourne en rond donc, c’est un exemple classique de pétition de principe: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pétition_de_principe Vous ne faites que répéter autrement la prémisse alors que c’est elle qu’il faut démontrer.

    • « Si on prenait au sérieux votre idée de départ, cela voudrait dire que les prix doivent augmenter en général »
      Euh non, ils baissent aussi. Je sais que je n’ai pas insisté dessus pour ne pas perdre en clarté, c’était peut-être une erreur.

      L’augmentation de prix se propage avec la diffusion de ce qui est ‘alloué’, la baisse se propage avec la diffusion des restrictions de budget. Le déséquilibre inteodyit par la nouvelle taxe est le moteur qui entraîne cette diffusion d’information, dans les deux sens et depuis les deux « bords » de ce déséquilibre, à travers ce système chaotique complexe qu’on appelle ma société humaine.

  • Autre implication de la thèse, non que cela prouve sa fausseté, est que les taxes peuvent difficilement être considérées comme un problème économique. Car vous ne « prouvez » pas simplement qu’il ne peut pas y avoir de taxes sur les riches (ou sur les pauvres ou n’importe qui) mais que s’il suffit de reporter la taxe, personne ne la supporte jamais vraiment. Et puisque ses effets sont parfaitement neutres sur les prix réels et l’allocation des ressources, elle ne fait aucune différence.

    Je ne pense pas qu’H16 apprécie mais puisqu’il défend la thèse, il est dans l’obligation logique comme son auteur d’accepter ses implications. Il n’y a aucune raison de protester contre les taxes en rapport avec une redistribution des revenus dans quelque direction que ce soit ou en rapport avec une tendance à la destruction de la production parce qu’il ne peut pas y avoir de redistribution des revenus et que la production n’est pas du tout affectée par les taxes, selon la thèse.

    • Il me semblait pourtant bien avoir précisé que, dans le monde réel, l’effet global est négatif pour la société civile, puisque l’effet de report se limite aux miettes qui lui sont rendues.

      Je simplifie toujours mais: le transfert de richesse ne se fait qu’à hauteur de ‘l’obligation’ de revenu. Pour quelqu’un dont tous les revenus sont décidés arbitrairement et pris de force, le report est nul. Pour celui dont aucun revenu n’est de ce genre, le report est entier (moins coûts de transaction, si vous voulez qu’on approfondisse le sujet). Et toutes les proportions entre les deux.

      • Autre chose: je n’est pas abordé le problème des effets de bord sur la répartition ‘en interne’ entre différentes industries, par exemple. Je parle uniquement des déséquilibres entre l’ensemble de la société civile et l’ensemble de l’état. Si l’on prend sur les loyers pour subventionner, mettons, la pêche au chalut, cela déformera les prix mais aussi très probablement la structure de production.

      • En y réfléchissant posément, je pense que mon commentaire précédent est erroné. La baisse du niveau de production entraîné par une hausse de la charge fiscale totale affecte bien aussi les revenus obligatoires en plus des revenus libres (effet Laffer ?), j’ai été trop vite – voilà ce que c’est d’écrire sur un sujet complexe à 23h passées… Il n’y a pas que l’aspect des revenus à prendre en compte mais aussi les richesses produites dans l’autre sens, je dois y réfléchir encore.

  • J’aime bien cet article, mais il est encore trop optimiste. Une taxe déforme la structure des prix, et influence les comportement : si la location devient plus chère, il devient plus avantageux d’acheter ou faire construire par exemple.
    De même qu’une subvention augmente la demande, une taxe augmente le prix et réduit le marché; dans l’exemple, une partie de propriétaires préférera sortir du marché plutôt que d’augmenter ses prix, tandis qu’une partie des locataires préféreront se plaindre des prix trop élevés après avoir dépenser les 50 € dans autre chose. Au final, une taxe de 50 € peut provoquer une hausse des prix moyens de 55, 75 ou même 100 €. Ou, inversement, peut stimuler la fuite hors du marché locatif (l’achat, la construction), les prix des locations n’augmentant que de 35 ou 25 €, en nourrissant une bulle fiscale dans la construction… Ou encore elle peut pousser à l’exode (émigration), déprimant l’ensemble de l’économie.

  • On comprend assez bien vos raisonnement bien que vos phrases soit quelques peux longues, et pleines d’incises, de parenthèses et de digressions.

    En revanche les phrases de synthèses en gras sont à mes yeux sibyllines. Je ne comprend pas comment on peut trouver une interprétation de ces phrases qui signifient la même chose que vos raisonnements.

    « Autrement dit, taxer les uns pour donner aux autres n’a fait que décaler les prix en sens inverse, pour un résultat nul »

    Décaler un prix ? Ça veut dire quoi ?
    En sens inverse ? En sens inverse de quel autre sens ?

    « […] les prix s’ajustent en sens inverse […] »

    Les prix s’ajuste en sens inverse ?
    Les prix augmenteraient d’un coté et diminueraient de l’autre ?
    Mais il augmentent partout. Non ?

  • C’est un impôt injuste ! Tout le monde le sait sauf vous !

    Tout le monde rêve de faire fortune ! C’est bon pour le morale ! C’est ce qu’on appelle avoir des ambitions dans sa vie ! Une volonté ! Nourrir un rêve ! Un réalisme.

    Sauf que la plupart d’entre eux n’y réfléchissent pas, non en non pas les capacités d’actions, non plus sur le plan de la puissance intellectuelle. Ce sont des ignorants ! Et comme le dit le proverbe, les ignorants sont déjà morts (revoir le concept du cygne noir pour les plus érudits) tant bien physiquement, mentalement que spirituellement.

    Combien y a t’il de millionnaires dans le monde ?!

    C’est un pure dogme en finalité. Il n’y a plus de débat possible ! J’aurais honte de briser le rêve d’un peuple entier ! Attaquer directement l’amorce de l’entrepreneur, la post-création c’est attaquer la prise de risque !

    C’est une ingérence de l’état qui à littéralement fait exploser la dette publique en toute conscience ! Le politique est son persona ! Ne plus savoir qui on est réellement !

    Nul flux sans reflux …

    Et vous remarquerez que toutes les décisions prise par les étatistes sont prisent trop tard. Ironique. Pourquoi ? parce qu’il n’y pas de microéconomie chez ces gens là ! Ils se basent sur une macroéconomie qui peine en plus à refléter la réalité. A l’impossible nul n’est tenu et aux possibilités on si tient ?! Parce que l’antonyme « d’interprétation » est « projet » !

    Qu’on s’occupe de vrais problèmes complexes qui sont éventuellement fondamental au lieu de s’occuper sans cesse de la ruine inéluctable des prochains succès !

    Une telle annonce c’est renoncer à la création de richesse !
    Qui produira ? Le stabilisateur de marché ! Qu’est ce qu’un stabilisateur de marché, un spéculateur !

    Avouez le que l’opinion publique nous enverra directement à la soupe populaire ! Juste faite moi plaisir, avouez le !

    AL.

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