L’abîme des pensées

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L’abîme des pensées

Publié le 1 mars 2012
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Quel est le souhait des apologistes de la démondialisation ? Que la puissance publique intervienne, qu’elle régule, qu’elle nous dicte nos conduites, qu’elle nous contraigne, nous sanctionne et fasse de nous de bons citoyens heureux d’obéir à l’État.

Par George Kaplan

J’ai la faiblesse de penser que je suis un garçon éduqué qui maitrise la langue française de manière tout à fait satisfaisante. Pourtant, il m’a fallu plusieurs lectures attentives de L’enracinement de l’universel de Monsieur Wilgos pour arriver à en dégager, au-delà d’un certain nombre de marqueurs idéologiques aisément identifiables, un vague sens. « Le génie de notre langue est la clarté et la précision » écrivait Voltaire. Écrit dans la plus pure tradition bourdieusienne – où l’art subtil qui consiste à masquer la vacuité d’un discours sous une logorrhée verbeuse – voilà pourtant un papier qui mérite cependant qu’on cherche à en comprendre le message tant il s’inscrit profondément dans l’esprit de notre époque.

Que nous dit donc Monsieur Wilgos ?

Une « élite mondialisée », une « bourgeoisie apatride » aurait développé une version dévoyée, un « piètre substitut » de la véritable pensée internationaliste (comprendre : celle de l’auteur), une idéologie fondée sur la « haine de la patrie » qui voudrait la « destruction des frontières » et rêverait de « la fin des nations ». Ces « nomades libéraux », suppôts du « mondialisateur effréné », auraient fait « sécession d’avec des peuples toujours aussi attachés à leurs coutumes, traditions, identités locales et nationales ».

Monsieur Wilgos nous apprend par ailleurs que ces « humanitaires défroqués », « missionnaires de l’évangile des droits de l’homme » brillent par leur hypocrisie puisqu’ils prêchent la démocratie ailleurs tout en la foulant aux pieds chez eux se comportant ainsi comme « ces maris qui battent leur femme à la maison et apparaissent ensuite en couple modèle devant leurs amis ». Leurs actions, en tant que classe, ne sont donc pas vraiment guidées par des conceptions philosophiques ou morales.

Non, ce que veulent vraiment les élites mondialisées, Monsieur Wilgos nous l’apprend plus loin, c’est « faire suer sang et eau aux peuples contraints à l’immobilité ». Ce sont, en réalité et derrière leurs beaux discours, des capitalistes (apatrides et mondialisés) qui veulent faire du fric en réduisant peuples et nations en esclavage – les salauds !

Le parfum des années 1930

En conséquence de quoi, Monsieur Wilgos prône la démondialisation à l’image de Messieurs Montebourg, Mélenchon, Sapir et – permettez que je complète la liste – de Monsieur Dupont-Aignan et Madame le Pen.

Nos racines et nos patries étant parait-il en danger, il est urgent de nous protéger de cette élite mondialisée en restaurant nos frontières, il faut renouer avec les valeurs morales du « socialisme originel », il faut – faisons simple – que la puissance publique intervienne, qu’elle régule, qu’elle nous dicte nos conduites, qu’elle nous contraigne, nous sanctionne et fasse de nous de bons citoyens heureux d’obéir au détenteur du monopole de la violence, le garant le l’intérêt général, encore et toujours : l’État.

Oui, en effet, voilà bien très précisément le genre de discours qu’on entendait aux heures les plus sombres de notre histoire. Voilà les années 1930 et leur cortège de socialisme, de nationalisme et de protectionnisme. Le bourgeois apatride, les puissances de l’argent, les financiers juifs, ennemis du peuple et de l’État. L’élite qui exploite le prolétariat, celle qui est responsable de tous les malheurs du monde, celle-là même qui complote dans l’ombre et l’anonymat et qui tire les ficelles des marionnettes politiques qui lui sont inféodées.

Where liberty dwells, there is my country

Je ne me risquerais pas à qualifier le socialisme de Monsieur Wilgos. Est-il « originel » ou « national » ? Peu me chaut. L’essence de tous les socialismes est la même : la croyance selon laquelle c’est la société – et par là même l’État – qui fait les hommes et pas le contraire, l’idée selon laquelle une définition d’un prétendu « bien commun » justifie que l’on nous prive de nos libertés. Au risque de rejoindre la bourgeoisie apatride, je tiens, moi, que chaque être humain a bien « un principe de vie particulier et une fin particulière ». Il s’agit de nos vies Monsieur Wilgos ; vous voulez faire de la vôtre celle d’une fourmi dans sa colonie ? Vous pensez que votre existence sert un objet qui vous dépasse ? Votre nation, votre patrie, votre classe, votre race (que sais-je ?)… Eh bien grand bien vous fasse ! Mais ce sera sans moi.

Moi je suis un homme libre et j’entends le rester. Comme tous les hommes et les femmes libres, je refuserai à jamais de sacrifier ma vie à vos visées constructivistes : vous ne nous enfermerez pas, vous ne nous dicterez pas comment nous devons vivre et penser. Ce sont nos vies et, ne vous en déplaise, nous en disposons. Nous ne nous rendrons pas, nous n’abandonnerons pas et nous ne cèderons pas un pouce de terrain.

—-
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  • Le nationalisme a retrouvé le chemin de son ami le socialisme et ce n’est pas une bonne nouvelle.

  • Remarquez que les commentaires au bas de l’article de ce bon M. Wilgos ne sont pas tous tendres pour l’auteur de ce … de cette … ah! j’hésite, j’hésite … Ô incertitude devant le choix de l’injure ou de l’expression d’un mépris de belle facture.

    L’expression « très exactement putassière » me vient spontanément à l’esprit pour qualifier cette logorrhée, mais on va encore dire que je suis médisant.

  • Un tombereau d’infamies outrancières et caricaturales visant à me diffamer de la manière la plus odieuse et la plus dégueulasse qui soit – ainsi je serais un « nationaliste », un « antisémite » voire un « socialiste national » (càd un nazi en somme) qui sait? Du n’importe quoi injurieux, voilà ce qu’est cet article, car je n’ai jamais, au grand jamais, affirmé ce qu’il affirme ici. M. Kaplan va bien trop loin, contrepoints a intérêt à publier mon droit de réponse ou j’attaque l’ami Kaplan pour diffamation.

    • « Diffamation », « droit de réponse », logorrhée amphigourique, le chevalier Galaad ne serait donc qu’un vulgaire troll ?

      « J’attaque l’ami Kaplan »

      Ah ah ah… impayable ! Je sens qu’on va bien s’amuser avec celui là.

      • En effet, vous allez bien vous amuser quand vous lirez mon droit de réponse mon pauvre ami.

        • « En effet, vous allez bien vous amuser quand vous lirez mon droit de réponse mon pauvre ami. »

          J’ai peine à le croire vu le taux d’hilarité déjà atteint mais j’ai toute confiance en vos capacités dans ce domaine précis.

  • « Mikaël Faujour », avec exactement le même discours, les mêmes griefs et le même gout pour la logorrhée précieuse.

    Mais bien sur…

    Vous prenez vraiment les gens pour des cons mon « ami » galaad, pardon « Mikaël ».

    • Hahahaha cela va bien le faire rire tiens, si vous voulez je change la photo de mon profil pour que vous voyez que nous ne sommes pas la même personne ? Merci de vous ridiculiser vous-même, cela m’évite un effort inutile. En fait, vous êtes juste inculte, comme bon nombre de libéraux, et dès qu’une phrase dépasse le verbe + sujet, emploie la métaphore, ou tente un style un peu plus littéraire que le verbiage économiste dont vous vous goinfrez à longueur de livres dénonçant les chômeurs et les « assistés », cela devient « amphigourique » ou « incompréhensible ».

      Je suis content de m’en apercevoir, au début je pensais avoir vraiment forcé le trait, mais en fait non, c’est juste vous.

      • « si vous voulez je change la photo de mon profil pour que vous voyez que nous ne sommes pas la même personne »

        LOL !!!!!

  • En attendant que ma propre réponse à cet article infâme soit publiée ici, je retranscris la magnifique réponse d’Aventin sur le site antidoxe, il ne m’en voudra pas je pense, car elle mériterait d’être encadrée :

    « Là où la pensée s’abîme (à copain Jorge)

    Etonnante manière de dégager deux camps. D’un côté Voltaire, admirateur du régime anglais, représentant de la clarté ; de l’autre, Bourdieu, présenté comme le modèle de l’amphigourie extrapolée en système : plus réducteur et caricatural, c’est difficile !

    Vous n’êtes pas Voltaire et Wilgos n’est pas Bourdieu. La sainte horreur du premier pour les curés à la Fréron serait de nature à disqualifier pour celui-ci le courant objectiviste, non ?

    Il est enfin profondément bouffon de venir nous expliquer que le camp de la dogmatique économique serait un modèle de clarté syntaxique s’incarnant dans une littérature à la rigueur antique qui bouleverse les foules par sa pertinence – il n’y a pas assez de libéralisme. Qui a étudié l’économie pouffe de rire à vous lire ( je pouffe).

    Mais la technique est connu de tous les camelots : plus c’est gros, plus ça passe !

    – Eh Mimille, tu la fait à combien ta version originale de « Law, Legislation and Liberty » ?

    Personne ne sait enfin ce que Voltaire, ce mondain rampant devant les puissances – relisez sa correspondance – aurait pu dire de la prose ridicule et « entourbée » de Madame Rand, ou des errements intellectuels de ce pauvre Monsieur Bastiat – justement expédié par Michéa en quelques paragraphes.

    Remarquez, pour Bastiat, il nous reste Jarry et la pataphysique au titre d’un mode d’explication rationnel du machin ; personne ne doute d’ailleurs qu’avec vos fringants camarades vous irez prochainement nous calculer la surface de Dieu en partant de la surface sa main invisible.

    Mais que nous dit ce bon Jorge ?

    Pas grand-chose, tant on ne saurait rien relever en termes d’arguments opposés dans la deuxième parties que vous donnez à lire.

    Comment ça, il n’y aurait pas d’élites mondialisées – celle du pognon ? – ayant la passion professionnelle et furieuse des institutions économiques internationales et des grandes places financières auxquelles elles font écho ?

    Il n’y aurait pas quelques individus pour nous expliquer qu’un pays est un hôtel de plus ou comme un autre et que seul le nomadisme est compatible avec la démocratie et la République universelle ?

    Et vous êtes abonné à quel journal ? Braille intrernational ?

    Je passe sur le fait que vous semblez être le seul occidental à ignorer que les droits de l’Homme ne sont pas autre chose que la philosophie du Christ, laïcisée, laquelle laïcité se trouve déjà dans Saint Marc.

    C’est alors qu’on se plaît à rêver d’un début d’argumentation dans la partie suivante (trois paragraphes). Déception cruelle, il n’y a rien.

    On y apprend simplement que la nation ce ne peut être que le nationalisme (Renan, Fustel, pas eu l’polycop ?) et que la frontière est l’ennemi de l’homme libre ; et que l’homme libre était d’ailleurs atrocement enchaîné au sinistre temps – façon années trente – de la frontière.

    Le pomoerium, p’tit bonhomme, ce n’est pas une frontière ? Ne faut-il pas à chaque organisme une frontière (peau, membrane de cellule, murs de la Cité…) pour se constituer et échanger, afin de se développer et d’exister ?

    La démocratie va de paire avec la longue histoire d’une communauté politique sédentarisée et se pérennisant dans ses rites – notamment ses rites démocratiques. Une civilisation qui ne respecte plus ses rites meurt (lire le Ramayana).

    La démocratie est toujours une vieille dame qui plonge ses racines dans l’anthropologie politique humaine et non dans le doux commerce et la froide raison calculatrice qui fondent l’intensification de la guerre de tous contre tous depuis déjà quelques temps.

    Et que faut-il dire au final de la référence aux années trente tellement cela est consternant et hors de propos ?

    Expliquez-nous donc où se cache la bête immonde, précisément, dans les développements de Wilgos. Où est la théorie raciste ou racialiste, la haine de l’autre parce qu’il est l’autre, dans cette volonté de sauvegarder toutes les singularités en relevant la vertu de l’universel singulier ?

    On sait ce qu’il en est de la force d’uniformisation du commerce et de la douce concurrence pure et parfaite.

    Quand dans une politique, on vient mettre, du pur et du parfait, ne faut-il pas y voir une référence aux années trente ?

    La dernière partie (deux paragraphes) ne manque pas de cette même superbe qui nous aura ravi jusqu’ici.

    Le socialisme qui dit l’économiste… v’la aute chose… rien qu’en France, il y a – a eu – Des socialismes, dont certains étaient pleinement compatibles avec la République et la démocratie. Quelle est la racine d’Etat mon grand ? Sto, stare, status… stabilité !

    Burdeau (milieu d’terrain à Chalon sur Saône de décembre 1928 à janvier 1937…les années trente…) disait : « Les homme ont inventé l’Etat pour ne pas obéir aux hommes ».

    Bravo pour le final, ce cri de l’homme libre, j’ai beaucoup ri ! »

    • Je suis extrêmement dépité d’apprendre qu’Aventin qui semblait avoir des opinions plus que décentes, soutient Marine Le Pen. Cela m’a littéralement foudroyé sur place, même si je suis d’accord avec ses commentaires – mis à part les droits de l’homme, qui remontent au jus naturalisme des stoïciens, et non au christianisme. C’est dommage mais je n’y peux rien. Je suis pour le Front de Gauche, de loin, et je déteste le FN.

      • Mikaël Faujour
        4 mars 2012 at 16 h 09 min

        On se marre bien, quand même, des deux côtés. Vous riez comme les crétins qui volontiers disent avec suffisance « mais c’est plus complexe que ça » sitôt qu’on dénonce la nocivité du libéralisme économique. Mais dès lors qu’il ne s’agit pas de vos arguments thatchériens, vous appliquez la réduction, la caricature, le procès d’intention et étalez votre fascinante ignorance avec l’aplomb et le sens du péremptoire qu’ont souvent les sots.

        Schopenhauer avait, au début du XIXe siècle, écrit un joli petit livre méchant sur les sots de votre acabit, L’Art d’avoir toujours raison. Je vous soumets un des stratagèmes où l’on retrouve à peu près les crétins procédés que vous étalez.

        Stratagème 28.

        Ce stratagème est surtout utilisable quand des savants se disputent devant des auditeurs ignorants. Quand on n’a pas d’argumentum ad rem et même pas d’argumentum ad hominem, il faut en avancer un ad auditores, c’est-à-dire une objection non valable mais dont seul le spécialiste reconnaît le manque de validité ; celui qui est le spécialiste, c’est l’adversaire, pas les auditeurs. À leurs yeux, c’est donc lui qui est battu, surtout si l’objection fait apparaître son affirmation sous un jour ridicule. Les gens sont toujours prêts à rire, et on a alors les rieurs de son côté. Pour démontrer la nullité de l’objection, il faudrait que l’adversaire fasse une longue démonstration et remonte aux principes scientifiques ou à d’autres faits, et il lui sera difficile de se faire entendre.

        Exemple. L’adversaire dit : au cours de la formation des montagnes primitives, la masse à partir de laquelle le granite et tout le reste de ces montagnes s’est cristallisé était liquide à cause de la chaleur, donc fondu. La chaleur devait être d’environ 200° Réaumur et la masse s’est cristallisée au dessous de la surface de la mer qui la recouvrait. Nous avançons l’argumentum ad auditores en disant qu’à cette température, et même bien avant, vers 80°, la mer se serait mise à bouillir depuis longtemps et se serait évaporée dans l’atmosphère. Les auditeurs éclatent de rire. Pour nous battre, il lui faudrait démontrer que le point d’ébullition ne dépend pas seulement du degré de température mais tout autant de la pression de l’atmosphère et que celle-ci, dès que par exemple la moitié de la mer serait transformée en vapeur d’eau, elle aurait tellement augmenté qu’il n’y aurait plus d’ébullition, même à 200° Réaumur. Mais il ne le fera pas car avec des non-physiciens, il y faudrait une véritable conférence.

        *************

        J’ajoute que le libéralisme est tjrs bien commode quand on est parmi les nantis. Le libéralisme, très concrètement, du côté des écrasés dont vous ignorez tout, je le connais, je le connais de très près et pour avoir exercé divers métiers et être fils d’ouvriers, qui se sont retrouvés sur le carreau après que leur très généreux patron libéral (et proche de Berlusconi) M. Merloni a fermé l’usine de Chaffoteaux & Maury, laissant quelque 250 personnes sur le carreau. Mais sans doute pourrez-vous nous expliquer que l’Etat néosoviétique français fait trop peser de charges sur les entreprises. Etc. A la rigueur, je pourrais volontiers écrire votre argumentaire – prévisible – pour vous épargner de vous fatiguer les doigts.

        Ensuite, quand il s’agit de « sang sur les mains », je vous avise de retirer vos oeillères friedmanniennes et de poser le Point, le Figaro et autres cochonneries de la presse des laquais du grand capital, et, avec un minimum de décence et d’honnêteté, vous pourrez peut-être voir que le libéralisme est une sordide idéologie destructive et que, contrairement à vos récitations de catéchumènes, le réel montre obstinément que le libéralisme économique peut fort bien s’accommoder d’un régime liberticide.

        Car oui, depuis au bas mot 1990 on nous rebat les oreilles que voilà la fin de l’Histoire, le temps où la compétition économique et la démocratie iront main dans la main. Depuis que Deng Xiaoping a libéralisé l’économie chinoise et l’a ouverte aux capitaux étrangers, quels progrès de la démocratie locale ? Le libéralisme a-t-il empêché Tiananmen ?

        Le libéralisme qui s’impose en Russie avec Eltsine (et de façon antidémocratique), a-t-il permis l’instauration d’une réelle démocratie ? Non, corruption, mafias, misère de masse, prolifération de nouveaux riches incultes et clinquants.

        Depuis que le Mexique est entré dans l’ALENA, qu’en est-il du Mexique ? Les « filets de sécurité »‘ étatiques ayant été retirés, il reste deux alternatives pour les pauvres : le quasi esclavage dans des manufactures dignes du XIXe siècle européen, ou bien l’économie parallèle. Résultat : prolifération des cartels.

        Si l’on s’intéresse de façon générale au cas de l’Amérique latine, il est tjrs intéressant d’en revenir à Eduardo Galeano, « Les veines ouvertes de l’Amérique latine », où l’on voit que les belles et nobles démocraties britannique puis américaine n’ont jamais été particulièrement soucieuses de droits de l’homme quand il s’agissait de renverser des dirigeants démocratiquement élus, afin de défendre ses intérêts à renfort de dictateurs. L’opération Condor, ça vous dit quelque chose ? Le putsch contre Jacobo Arbenz Guzman, ça cous dit qqch ? L’école des Amériques, ça vous dit qqch ? Pinochet, Stroessner, Videla, ça vous dit qqch ?

        Vous souvenez-vous seulement que le premier pays à étrenner le néolibéralisme qui vous fait rêver, c’est précisément le Chili de Pinochet ?

        Et on pourrait parler des institutions type FMI/OMC/Banque mondiale et de leurs ravages terribles sur un tas de pays du monde, du Guatemala au Niger… On n’a que l’embarras du choix pour montrer les dévastations sociales, économiques, humaines causées par ces politiques abjectes que vous défendez. Mais pour en mesurer l’abjection il faudrait que vous soyez capables, par simple examen des faits historiques, d’embrasser dans son ensemble la chaîne de causes et de conséquences qui lient le libéralisme dans son application réelle, et la montée des extrémismes (nationalistes, religieux) et des fascismes. Que, par surcroît, vous ayez enfin la décence de reconnaître que les fascismes n’étaient guère des ennemies, mais des soutiens du capitalisme (IG-Farben, ça vous dit qqch, par ex ?).

        Allez, je vais pas développer davantage, j’ai déjà perdu trop de temps pour des illuminés du libéralisme qui valent bien les illuminés de la Bible ou même de Marx, et qui sont accrochés à leur idéologie comme une tique à sa proie… Je me contenterai de vous renvoyer vers le livre et le documentaire de Naomi Klein : « The Shock Doctrine ». Que, faute de contre-arguments valides, car le réel est trop têtu pour que vous puissiez démontrer la pureté et la validité de vos CROYANCES, vous vous contenterez de balayer de péremptoires affirmations. Ah non y’a aussi cette stratégie consistant à se concentrer sur des questions de détail secondaire pour éluder l’essentiel.

        Quand on reste entre nains, difficile d’envisager qu’il soit possible de vois plus haut et plus loin.

        • Merci pour votre commentaire (lumineux)!

        • PhilippeMurrayRothbard
          5 mars 2012 at 20 h 23 min

          « Vous riez comme les crétins qui volontiers disent avec suffisance « mais c’est plus complexe que ça » sitôt qu’on dénonce la nocivité du libéralisme économique. »

          Il faudrait déjà, vous concernant, connaître ce qu’est le libéralisme pour pouvoir dénoncer les soit disants méfaits du libéralisme économique.

          « J’ajoute que le libéralisme est tjrs bien commode quand on est parmi les nantis. Le libéralisme, très concrètement, du côté des écrasés dont vous ignorez tout, je le connais, je le connais de très près et pour avoir exercé divers métiers et être fils d’ouvriers, qui se sont retrouvés sur le carreau après que leur très généreux patron libéral (et proche de Berlusconi) M. Merloni a fermé l’usine de Chaffoteaux & Maury, laissant quelque 250 personnes sur le carreau. Mais sans doute pourrez-vous nous expliquer que l’Etat néosoviétique français fait trop peser de charges sur les entreprises. Etc. A la rigueur, je pourrais volontiers écrire votre argumentaire – prévisible – pour vous épargner de vous fatiguer les doigts. »

          Oh voilà qu’ils nous sort un argumentum ad lazarum.
          Cela tombe très bien tombe bien moi aussi je suis fils d’ouvrier et si il y a bien une chose qu’on m’a apris c’est déjà de respecter les gens quel que soit leur statut social ou leur origine, et donc de les traiter en tant qu’individus. Parce qu’apparemment ça ne semble pas vous gêner de prendre la classe ouvrière pour des faibles ou les riches pour des salauds. Le mépris et la pédanterie c’est semble-t-il dans vos cordes.

          « Ensuite, quand il s’agit de « sang sur les mains », je vous avise de retirer vos oeillères friedmanniennes et de poser le Point, le Figaro et autres cochonneries de la presse des laquais du grand capital, et, avec un minimum de décence et d’honnêteté, vous pourrez peut-être voir que le libéralisme est une sordide idéologie destructive et que, contrairement à vos récitations de catéchumènes, le réel montre obstinément que le libéralisme économique peut fort bien s’accommoder d’un régime liberticide. »

          Vous citez des journaux qui vivent de spoliation publiques avatar du socialisme (monde merveilleux ou l’on paye toujours deux fois) . Vous auriez pu y rajouter Le Monde, Liberation etc…Toute la presse affidée au pouvoir en somme. Où est le libéralisme là dedans?

          « Car oui, depuis au bas mot 1990 on nous rebat les oreilles que voilà la fin de l’Histoire, le temps où la compétition économique et la démocratie iront main dans la main. Depuis que Deng Xiaoping a libéralisé l’économie chinoise et l’a ouverte aux capitaux étrangers, quels progrès de la démocratie locale ? Le libéralisme a-t-il empêché Tiananmen ? Le libéralisme qui s’impose en Russie avec Eltsine (et de façon antidémocratique), a-t-il permis l’instauration d’une réelle démocratie ? Non, corruption, mafias, misère de masse, prolifération de nouveaux riches incultes et clinquants. »

          Ne faites pas l’idiot. Vous savez bien que provisio du libéralisme est la défense des Droits de l’Homme et non une vulgaire pseudo-ouverture de l’économie et que donc dans ces pays point de libéralisme.

          « Et on pourrait parler des institutions type FMI/OMC/Banque mondiale et de leurs ravages terribles sur un tas de pays du monde, du Guatemala au Niger… « 

          Organismes antilibéraux par excellence…
          Vous voulez une pelle ??

          « on n’a que l’embarras du choix pour montrer les dévastations sociales, économiques, humaines causées par ces politiques abjectes que vous défendez. Mais pour en mesurer l’abjection il faudrait que vous soyez capables, par simple examen des faits historiques, d’embrasser dans son ensemble la chaîne de causes et de conséquences qui lient le libéralisme dans son application réelle, et la montée des extrémismes (nationalistes, religieux) et des fascismes. Que, par surcroît, vous ayez enfin la décence de reconnaître que les fascismes n’étaient guère des ennemies, mais des soutiens du capitalisme (IG-Farben, ça vous dit qqch, par ex ?). »

          Effectivement vous n’avez pas besoin de pelle, vous êtes déjà au fond du trou. Assimiler le fascisme qui est une dictature du tout état (comme défini par Mussolini) au libéralisme, qui je le rappelle est une doctrine politique fondée sur le respect des Droits de l’Homme, il fallait le faire.

          Après, que l’étatisme sans limite défend des capitalistes non méritants, c’est à dire via protectionnisme et monopole juridiques c’est l’évidence même.

  • Voici mon droit de réponse, en attendant que contrepoints le mette, je l’espère, en-dessous de l’article de M. Kaplan:

    http://laicard-belge.blogspot.com/2012/03/apostille-lenracinement-de-luniversel.html

    • Mikaël Faujour
      4 mars 2012 at 16 h 31 min

      Oh, dernière remarque : on ne saurait trouver de meilleure métaphore de ce qu’est le libéralisme économique que le film de Pasolini « Salo, ou les 120 Journées de Sodome », inspiré librement de Sade. Car, d’une certaine manière, on trouve chez Sade qqch qui nous dit ce que c’est que le libéralisme total : la pure sauvagerie, le renoncement à la civilisation (comme disait Freud, la vraie liberté n’existe que hors de la civilisation : c’est la liberté animale, instinctive), la domination des forts coalisés sur les faibles. Le libéralisme économique n’est qu’un gangstérisme, la loi du plus fort et, de ce fait, contient de façon ontologique un sens de la hiérarchisation des êtres humains.

      • Et on mange les enfants en plus.

        • Mikaël Faujour
          5 mars 2012 at 17 h 04 min

          Ô force des arguments, des chiffres, des faits !

          • Parce que tu attend des arguments d’un « gangster » « animal » et « sauvage » qui a « renoncé à la civilisation » et dont l’amusement est « d’écraser les faibles » ?

            Je n’ai pas de temps à perdre avec un abruti comme toi, autant expliquer la physique quantique à un bébé…

  • PhilippeMurrayRothbard
    5 mars 2012 at 20 h 55 min

    On est effectivement tombés dans l’abîme. Quand on voit que certains arrivent à confondre une idéologie ultra-étatiste comme le fascisme avec une idéologie défendant les Droits de l’Homme qu’est le libéralisme…

  • Je pense que Monsieur Wilgos devrait vous attaquer pour diffamation caractérisée, avec probablement le CRIJF. Marre d’entendre des talibans du libre marché salir la mémoire des morts avec des Godwin grossier. C’est décidément très tendance d’assimiler tout et n’importe quoi et votre billet (manifeste?) inepte est à la mesure de votre incurie intellectuelle. Vous n’êtes pas un homme libre, et vous ne le serez jamais. Pas en répétant comme un perroquet votre petit sermon néolibéral. L’histoire que vous dévoyez si bien et pervertissez par une lecture pontifiante vous contredit. Il ne s’est jamais crée autant de richesses que dans les 30 glorieuses, dans les économies mixtes régulée post-coloniales protégées par des barrières douanières solides. Vous n’êtes pas un libéral, juste un clown en costard qui fait des mauvaises fiches de lecture du Figaro.

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Extrait de Philippe Nemo, Histoire des idées politiques aux Temps modernes et contemporains, PUF, 2002, p. 779-781.

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