Glasnot à la française : la transparence en politique est un vain mot

Quel que soit le pouvoir en place, la transparence en politique est un vain mot. Efforçons-nous toujours de contraindre le pouvoir à sa manifestation

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Glasnot à la française : la transparence en politique est un vain mot

Publié le 27 février 2012
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Quel que soit le pouvoir en place, la transparence en politique est un vain mot. Mais puisque « la vérité c’est d’abord ce que l’homme cache », efforçons-nous toujours de contraindre le pouvoir à sa manifestation.

Par Gabriel Lévy, porte-parole de l’association des contribuables d’Aubagne
Article publié en collaboration avec Le Cri du Contribuable

Rappelons pour les plus jeunes d’entre nous la signification du mot russe « Glasnost ». Traduit en français  par « transparence », ce mot désignait la politique mise en œuvre en 1985 par M. Gorbatchev, pour sauver le régime de l’URSS alors à l’agonie. Il s’agissait d’instaurer, enfin, « la liberté d’expression et la publicité des informations ».

Le 22 février dernier, le Conseil constitutionnel a maintenu l’obligation de la publicité des parrains des candidats pour l’élection présidentielle. Pour le Conseil : « En instaurant une telle publicité, le législateur a entendu favoriser la transparence de la procédure de présentation des candidats ». Le mot est dit.

Félicitons-nous que soit remis à l’ordre du jour le principe de la transparence des décisions et des débats politiques… sans comprendre toutefois que le Conseil constitutionnel la limite aux seuls 500 parrains « désignés par le sort ». Curieuse pratique du bonneteau en politique !

À l’appui de la sentence, nous avons relevé sur le site du Figaro, le commentaire suivant : « Je pense que si un maire accorde sa signature à un candidat, il est logique que ses administrés le sache. Après tout il représente les citoyens de sa commune qui lui ont accordé leur confiance. »

Or, cette transparence ne s’exerce pas toujours dans nos assemblées nationales, malgré le fait que les élus soient nos représentants. Quels ont été leurs choix pour désigner le président de l’Assemblée nationale, celui du Sénat, ou celui d’une commission parlementaire ?

Certes, ces désignations ont lieu à bulletin secret, mais où est alors la transparence, surtout quand parfois le souhait de la loge remplace celui du groupe.

Oui ou non, l’élu doit-il rendre des comptes à ceux pour lesquels il remplit un mandat ?

Ne nous convainc pas plus de la transparence de nos institutions, le sort réservé au rapport Perruchot qui concluait une enquête parlementaire relative au financement des syndicats par les contribuables.

Voilà une commission qui a fonctionné à huis-clos, c’est-à-dire qu’elle a interdit la publicité des auditions, à la différence des commissions d’enquête parlementaire dans d’autres pays (les USA par exemple) où la presse est admise et peut informer les citoyens.

Non seulement, elle a fonctionné à huis-clos, mais les députés, après 6 mois de travail, ont décidé que ce rapport de 400 pages n’existait pas, et le président de l’Assemblée, rappelant que le dit-rapport ne peut être consulté que dans 30 ans, menace ceux qui le divulgueraient de sanctions allant jusqu’à un an de prison.

La transparence est à ce prix.

Ces deux exemples montrent qu’ici ou ailleurs, quel que soit le pouvoir en place, la transparence en politique est un vain mot.  Mais puisque « la vérité c’est d’abord ce que l’homme cache », efforçons-nous toujours de contraindre le pouvoir à sa manifestation.

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  • La démocratie confrontée ses contradictions… ou comment 20% (au moins) de citoyens ne sont pas représentés dans les assemblées, et ne le seront peut-être pas non plus à la présidentielle.

  • Au restaurant des présidentiables trois menus : la confiture empoisonnée, une recette impossible et Bayrou. Bayrou, il faut l’aider de toutes nos forces, en parler. Il est fiable. Ceux qu’il gêne lui ont trouvé un gros pou dans la tête : Il paraîtrait que, quand il a été été ministre de l’Education nationale, il aurait agi de concert avec les syndicats. C’est évidemment une casserole scandaleuse, et là il faut bien reconnaître que personne n’est parfait.
    Bayrou peut gagner, mais pas sans votre aide. Demandez-vous sérieusement comment vous pouvez contribuer concrètement à sa victoire. L’écouter et l’approuver ne peut suffire. Prouvons cette fois qu’on peut gagner sans mentir.

    • Tyrop, j’ai failli vous faire une réponse sérieuse, et puis je me suis rappelé que j’avais mieux à faire qu’à convaincre que la seule chose qui remplit le vide de sa vie n’a aucun intérêt.

      La seule réponse que votre post appelle, c’est un gros LOL.

  • Un des commentaires du présent article comporte la proposition suivante : « …convaincre que la seule chose qui remplit le vide de sa vie n’a aucun intérêt ». Non, ce n’est pas du Benjamin Constant, c’est du charabia.
    A censurer pour viduité de sens, absence de glasnot.

  • Entre les deux esbroufeurs de la République, la bataille des sucettes fait rage. Sarkö, le lance-pierres à la ceinture, a lancé à Pédalo : « Moi je me propose de donner 500 balles de plus aux enseignants !». L’adversaire paraît indemne, mais la contre-sucette ne devrait pas tarder.

  • Les commentaires sont fermés.

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