La défense de la civilisation européenne à l’opposé de la construction européenne actuelle

Union Européenne 2009

La construction européenne actuelle est incompatible avec la défense de la civilisation européenne qu’entend faire Claude Guéant

La construction européenne actuelle est incompatible avec la défense de la civilisation européenne dont parle le ministre de l’Intérieur Claude Guéant.

Un article de Philippe Robert.

Le 19 février 2009, sous la présidence tournante tchèque de l’Union européenne, Vaclav Klaus, Président de la République tchèque, prononçait un discours fondateur devant le Parlement européen.

A l’occasion de cet évènement intervenant au plus haut niveau de l’Europe, le Président Vaclav Klaus réaffirmait en effet avec force l’indéfectible ancrage de la République tchèque au sein de l’Union européenne.

« Je viens ici devant vous de la capitale de la République tchèque, de Prague, centre historique de l’État tchèque, un des lieux importants de développement de la pensée, de la culture et de la civilisation européennes. Je viens devant vous en tant que chef de l’Etat tchèque qui, malgré les transformations les plus diverses, a toujours appartenu à l’histoire européenne, et ceci de manière significative ».

Une profession de foi qui ne l’a toutefois pas empêché de faire connaître sans ambages à l’honorable assemblée qu’il n’approuvait pas nécessairement la tournure que prenait l’actuelle construction européenne. Je le cite à nouveau :

« Il est faux de considérer l’état actuel de l’organisation institutionnelle de l’UE comme un dogme non critiquable à jamais. Malheureusement, cette erreur se répand bien qu’elle soit tout à fait en contradiction avec le raisonnement rationnel et aussi avec l’histoire de toute l’évolution bimillénaire de la civilisation européenne ».

De plus, le Président de la République tchèque fait preuve, dans son discours, d’une grande clairvoyance politique lorsqu’il pointe le risque mortel que peut faire courir à l’UE une intégration européenne à marche forcée toujours plus resserrée :

« Également, il est faux de supposer le seul avenir possible de l’évolution de l’intégration européenne, postulé a priori et donc non critiquable non plus, qui devrait être « l »Union toujours plus étroite », ou l’avancement de l’intégration toujours plus profonde des États membres ».

Aujourd’hui, en pleine crise d’hystérie gauchiste à la suite d’une déclaration pleine de bon sens émise par le ministre l’Intérieur Claude Guéant, j’appelle donc Vaclav Klaus à la rescousse pour nous parler de la civilisation européenne.

Car cette civilisation au riche passé mais qui, hélas, a tendance à vouloir renier deux millénaires de patientes et remarquables réalisations, semble désormais vouloir effacer de sa mémoire collective toute l’énergie et tous les efforts ayant concouru, au fil des siècles, à en faire une civilisation majeure.

Vaclav Klaus : « Je m’efforce de vous rappeler les principes fondamentaux sur lesquels la civilisation européenne a été construite pendant des siècles et millénaires. Des principes dont la validité est intemporelle et universelle et qui, en conséquence, devraient valoir aussi dans l’Union européenne actuelle. Je suis sûr que les citoyens des États membres souhaitent la liberté, la démocratie et la prospérité économique ».

En 2012, il est d’ailleurs tout à fait symptomatique de constater que le nouveau traité pour renforcer la gouvernance de l’Union Economique et Monétaire ait été signé, le 30 janvier dernier, par vingt-cinq États membres sur vingt-sept, la Grande-Bretagne (sans surprise) et surtout la République tchèque ayant refusé d’en ratifier les termes : un signe prémonitoire ?