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Non-événement économique et tonnerre politique que cette dégradation de la note française par S&P

Par Guy Sorman

Non-événement économique et tonnerre politique que cette dégradation de la France par Standard & Poor’s qui ramène notre pays au niveau… des États-Unis !

Mais, plus que la note, il faut lire les attendus : l’agence S&P observe – justement – que l’augmentation des impôts pour réduire le déficit public, plutôt que la baisse significative des dépenses, plus la rigidité inaltérable du droit du travail, ne sont guère porteuses de croissance pour l’avenir.

La dégradation est donc fondée, tel un avertissement à un mauvais élève ; mais si Sarkozy, de « sensibilité libérale » ne réduit pas vraiment les dépenses publiques (l’armée et l’éducation nous coûtent trop cher pour le service rendu) ni ne révise le Code du travail, qui le fera ? Les socialistes ? Peut-être faut-il un gouvernement de gauche pour appliquer des réformes de droite : cela s’est vu ailleurs, en Allemagne avec Gerhard Schröder (gel des salaires, révision du Droit du travail), en Grande-Bretagne avec Tony Blair (poursuite des privatisations ), aux États-Unis (Clinton  avait réduit les dépenses sociales).

Mais, ni à gauche ni à droite, on ne voit émerger des hommes d’État qui diraient la vérité : ce qui n’est pas sans rappeler le crépuscule de la Quatrième République, De Gaulle en moins.

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