L’Honneur d’un Officier

Un article d’opinion de notre dessinateur, René Le Honzec.

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L’Honneur d’un Officier

Publié le 17 décembre 2011
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Un article d’opinion de notre dessinateur, René Le Honzec.

Le 27 octobre 2011, le colonel en retraite Robert Jambon, 86 ans, a garé sa voiture, est allé s’assoir sous la petite pagode-mémorial de Dinan (Côtes d’Armor) érigée en mémoire des morts d’Indochine et s’est tiré une balle dans la tête. Ce fut le dernier acte de guerre d’un soldat marqué par ses combats en Indochine, aux cotés des volontaires Hmongs qui lui sauvèrent la vie à deux reprises. Qui se souvient, se soucie, des guerres d’Indochine puis du Viet-Nam qui opposèrent pendant trente ans (1945-1975) Français puis Américains aux nationaux-communistes Nord-Vietnamiens ? Pour mémoire, les Nord-Vietnamiens l’emportèrent en envahissant le Sud-Vietnam, mettant fin à des siècles de conflits nord-sud. Au passage, il y eut des dommages collatéraux, comme le génocide perpétré au Cambodge par les Khmers Rouges, d’obédience maoïste. Il y a eu d’autres guerres dans les guerres : celle, millénaire, opposant les Han chinois aux Viets, originaires de Chine (Guandong) et repoussés vers le sud pour arriver au « Viet-Nam ». Celles, séculaires, opposants les ethnies primitives condamnées à se réfugier dans les montagnes, aux conquérants Viets. Les unes, comme les autres, ne sont pas finies.

Français et Américains surent utiliser les qualités de ces ethnies farouchement hostiles aux occupants Viets en les formant en maquis, d’une redoutable efficacité. Dien Bien Phu aurait, peut-être, pu être sauvé par ces maquis Méos (Hmongs) menés par une poignée d’officiers et sous-officiers atypiques comme Déodat Dupuy-Montbrun (lisez ses polars!). La République du Viet-Nam disparue, des maquis montagnards subsistèrent, abandonnés de tous. Plus de 100.000 purent s’enfuir aux États-Unis, 10.000 en France. En décembre 2007, une dépêche annonçait la déportation de 4000 survivants Hmongs, réfugiés-internés en Thaïlande, vers l’État communiste du Laos, constant dans sa politique génocidaire à leur égard. La « Communauté Internationale s’est déclarée indignée », poil au nez. BHL n’y était pas.

C’est pour combattre une dernière fois pour ses camarades Hmongs que le colonel Jambon a tiré sa dernière cartouche. Le 28 novembre 2011, le commandant Elie Denoix de Saint-Marc, 89 ans, ex-résistant, ex-officier légionnaire au Tonkin, ex-commandant du 1er REP putchiste en 1962, ex-condamné de la Vème République, a été fait Grand Officier de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy, Président de la République Française. Ce Héros n’avait pu accepter l’abandon des Harkis après celui de ses partisans Tho en 1950. Au moment où un ancien Président est condamné pour de basses magouilles mercantiles, ces deux hommes illustrent une notion perdue par la plupart de nos élites et du peuple : la vertu de l’Honneur. Il n’y a pas que l’économie, la politique, la retraite, les conditions de travail, Koh Lanta, les vacances, etc.

Il y a la Vertu, il y a l’Honneur, indignez-vous ! Indignez-vous !

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  • Pour ceux que cela pourrait intéresser, voilà l’honneur d’un officier : http://newskandal.files.wordpress.com/2011/12/jambon.pdf

    • Merci pour le lien, tres intéressant.
      Actuellement les Hmongs continuent d’être envoyé de force au Laos depuis la Thaïlande, et sont tués si ils résistent.

  • J’aillais oublier, la route du déshonneur est de plus en plus fréquentée ces derniers temps : http://www.opex360.com/2011/02/11/le-general-vang-pao-na-pas-eu-droit-aux-honneurs-militaires/
    L’Occident contemporain est désespérant.

  • Pour avoir versé ma première larme « politique » lors la chute de Dien Bien Phu (j’avais 13 ans), pour avoir profondément ressenti la signification du combat de ces soldats, et la rage en face de l’ignominie de l’intelligentsia française, de mon petit coin de province j’ai besoin de dire, moi aussi, que je crache à la gueule de ces gens là.
    Et pour nuancer ce qu’on serait de tenter comme rapprochement avec le comportement américain, j’ajouterai que les premiers SAS parachutés en Indochine rencontrèrent des troupes viets encadrées par ses sous-officiers japonais (qui n’avaient donc pas fait leur reddition) et conseillés par des officiers américains de l’OSS. Et à cette époque, les civils Français étaient toujours enfermés dans des camps dont les japonais avaient remis la garde aux viets.
    Et ce sont bien les américains qui ont conseillé aux chinois de « traîner » beaucoup plus qu’il n’était nécessaire au Tonkin; ce sera une cause indirecte de la perte de la RC4 qui nous empêcha de fermer la frontière avec la Chine devenue communiste. Non, malgré les apparences, le combat des Français en Indochine n’avait pas les mêmes motivations que celui des Américains

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