Léonard a une sensibilité de gauche et des claques qui se perdent

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Léonard a une sensibilité de gauche et des claques qui se perdent

Publié le 9 décembre 2011
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Léonard a une sensibilité de gauche et des claques qui se perdent

Vous ne connaissez sans doute pas Léonard, et vous avez bien raison. Vous connaissez peut-être Vincent Delerm : c’est un « on est obligé par les quotas d’artistes français » . Maintenant, vous allez découvrir le Léonard de Vincent, et comment, grâce à votre argent, on peut acheter librement de la bonne propagande décomplexée à destination de la jeunesse qui ne vote pas encore (mais doit apprendre rapidement pour qui).

Ce qu’il y a de formidable dans l’univers du bobo-zartiste en roue-libre, c’est qu’il se découvre des possibilités insoupçonnées dès lors que les vannes à pognon gratuit sont ouvertes. Et lorsque ce ne sont pas ces vannes qui s’ouvrent, le bobo-zartiste dispose heureusement de toutes les options médiatiques normalement fermées à toute personne qui n’appartient pas à son milieu.

Par exemple, le bobo-zartiste n’aura jamais de mal à décrocher une interview dans un journal sur une chaîne de télévision nationale. Le bobo-zartiste connaît bien le directeur de la programmation, il a déjà grignoté des petits fours dans une réception donnée par l’un ou l’autre politicien qui signe, in fine, les plantureux chèques que distribue l’une ou l’autre chaîne publique à quelques unes de ses personnalités de référence.

En cela, le bobo-zartiste est comme beaucoup d’artistes qui doivent avant tout se faire connaître des bonnes personnes avant de se faire connaître tout court. Mais il a cet énorme avantage de ne présenter aucune partie saillante aux institutions en place et d’offrir même des débouchés politiquement corrects à des subventions qui arroseront au passage toute une filière dont certains amis des gens en place bénéficieront inévitablement.

Autrement dit, le bobo-zartiste ne raconte à peu près rien d’intéressant, n’est absolument pas populaire, il bénéficie toujours d’un succès d’estime auprès de critiques terriblement bien informées et peut claquer la bise à la fois avec certains cultureux de droite et certains cultureux de gauche sans que cela froisse personne. Le bobo-zartiste est connu du tout Paris (i.e. celui qui compte pour ses petites aventures).

Et lorsqu’on lui lâche la bride, le bobo-zartiste se lance dans de passionnantes épopées où il peut donner libre cours à ses idées les plus connesfolles. En voilà un petit échantillon, kromignon tout plein et pas du tout orienté.

Voilà, à présent, vous voyez le rapport entre le fumeux Léonard et le non moins fameux Vincent Delerm : le dernier nous explique donc gentiment, sur tout un livre-CD, destiné aux plus jeunes d’entre nous — ceux qui ne votent pas encore — pourquoi le premier a une sensibilité de gauche.

Et quand j’évoquais le bobo-zartiste qui arrive à passer à la téloche avec ses projets abracadabrantesques, j’ai des preuves :

Attention, je tiens à signaler ici que je ne suis en rien contre la création du Delerm. Il a une belle sensibilité de gauche, tient vigoureusement à l’exprimer de façon discrète, et tient manifestement à ce que ses enfants n’approchent jamais un bulletin de droite même de loin et avec des pincettes. C’est un militant calme et persévérant de la gauche forcément humaniste forcément citoyenne forcément festive qui distribue ses valeurs à qui veut l’entendre (ou pas).

Et il nous livre donc un ouvrage aussi discrètement militant que lui dans lequel on apprend par exemple qu’un « poulet de droite« , ce n’est pas forcément un flic à la matraque facile, mais c’est « un poulet qui s’est lavé les dents chaque soir vraiment vraiment pendant 3 minutes et pas 45 secondes, un poulet qui a mangé cinq fruits et légumes par jour, un poulet qui sait faire un massage cardiaque à une dame âgée qui tombe par terre dans la rue, un poulet qui a le regard tourné vers l’avenir, qui a bien placé son argent« . Alors que la chantilly sur les glaces, c’est toujours de gauche (parce que c’est inutile ou décoratif, je suppose).

On reste un peu perplexe devant la démarche entreprise.

En fait, ce qui m’enquiquine, au-delà du choix du titre pas du tout risqué (eh oui, Léonard, c’est un humaniste aux sensibilités de gauche, hein, pas un gros capitaliste froid aux arrières pensées troubles et forcément de droite), au-delà même de l’aspect passablement gênant qu’on publie un ouvrage politique pour la jeunesse si gentiment de gôche, c’est que tout ce magnifique ouvrage n’aurait probablement jamais existé si le contribuable n’avait placidement payé pour tout ça.

Eh oui : on paye pour ces affolantes conneries, et à plusieurs niveaux.

D’une part, les labels mentionnés qui ont participé à la création de cette oeuvre d’art propagandesque citoyen, Actes Sud et Tôt Ou Tard, sont bel et bien subventionnés : la première pour certaines de ses publications, l’autre pour ses productions musicales (exemple en 2002), comme le sont généralement les organes artistiques un peu engagés et terriblement festifs qu’on retrouve régulièrement dans les manifestations des villes et régions du pays.

D’autre part, l’heureux contribuable paye aussi pour les émissions qui relatent les péripéties de ces joyeux engagés décidément volontaires pour propager la bonne sensibilité de gauche qui va bien. Oui, il paye pour ces émissions, pour les fêtes qui les accompagnent, et pour que les personnes qui y vont, qui en profitent et qui se délectent du champagne et des petits-fours républicains puissent sourire à la caméra, comme là, par exemple :

Cette réalité de la subvention est à ce point pervasive qu’on pourrait se demander quelle couverture médiatique aurait eu un type rentrant dans la catégorie des bobo-zartistes décrite ci-dessus s’il lui était venue l’idée saugrenue de faire un ouvrage destiné à endoctriner expliquer aux tout-petits les valeurs du libéralisme, tient, pour rire. Avec la culture moyenne de nos concitoyens, nul doute que l’ouvrage aurait promptement été classé dans le rayon « Pornographie Extrême pour Adultes Avertis », après avoir bien sûr déclenché une panique générale sur tous les plateaux télés et radios à l’évocation de cette insolente réalisation borderline fasciste.

Finalement, quel bonheur de vivre dans cette démocratie où tout le monde reçoit force argent public pour s’exprimer tant qu’il s’agit du discours habituel !
—-
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  • Ce que je retiens de l’extrait musical c’est qu’être de gauche ses faire des choses inutiles et que la gauche n’est pas indispensable. Je crois qu’au moins la dessus, Delerm a été assez clairvoyant.
    Bref, tout cela est bien pitoyable.

    • D’ailleurs être de gauche est aussi d’aller sur internet et de télécharger gratos les albums, on appellera pas cela le piratage, mais le social numérique.

      • Toi, t’as rien compris à ce que ce c’est le piratage. C’est totalement libéral (d’ailleurs h16 a plutot tendance à dire que les majors devraient changer leur business model, et je pense que h16 est un des pire libéraux de contrepoints).

        Sinon, elle m’a bien fait rigoler la vidéo sur le mouv.

        http://i.imgur.com/wyVSC.png

  • Ha ! Le poulet du dimanche ! H16 démasqué !

  • Eh ben tiens, je vous balance (enfin) mes productions cultureeelles de droite. Ben oui, il y a aussi des artiiisteuux à droite. Enfin, pas à gauche en tous cas. Donc allez donc voir :
    http://www.jimson-weed.net (oui,oui, c’est moi le vilain économiste libéral).
    Écoutez donc Don’t tread on me (sur Occupy Wall Street), Nanny (State…) ou the Black & the Red (sur les fachos de droite et … de gauche en 2002).
    Sinon, la deuxième vidéo est tout simplement ex-cel-lente. Le gars qui fait le reportage c’est qui ? My new hero.

    • C’est cool la zic, il n’y a pas moyen de télécharger un album directement plutôt que chanson par chanson ?

      • Je vais m’occuper de ces affaires « musique » ces jours-ci. Un projet que j’avais dans les tiroirs depuis des années et puis je me suis enfin dit qu’ils serait temps…

  • Oui, h16 il est très très méchant ! Il veut nous zempêcher d’écouter la Bonne Parole qu’on paie avec nos zimpôts puis avec les taxes sur les livres-dix !

    Si ça continue, je vais bientôt passer l’arme à… gauche

  • Et bien moi j’adore et Vincent, Léonard et la gauche … et ce petit album ludique m’a bien fait rire.
    Je le conseil à Nicolas pour la petite Julia histoire qu’elle entende un peu autre chose de temps en temps.
    A bon entendeur !

  • J´ais moi aussi une certaine sensibilté de gauche, je suis un rêveur et j´aime la chantilly…..Mais pas tout le temps. Ainsi je revire vers la droite conservatrice ou je deviens libéral parceque les gauchistes sont les gens les plus sectaires. hypocrites et arrogants que je connaisse.

  • Vincent Delerm me fait penser à un theologien froid et austère qui pense que seul sa religion peut sauver l´humanité. Alors il faut commencer dès l´enfance a indoctriner le bons peuple. Delerm a une mission divine, il veut réinstaurer le catéchisme.

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