Comment stopper le Frankenstein financier

La solution au problème de l’euro est toute simple : il faut que les Allemands sortent de l’euro et rétablissent le Deutsche Mark

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Frankenstein

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Comment stopper le Frankenstein financier

Publié le 13 août 2011
- A +

L’euro est un Frankenstein financier qui ne peut pas fonctionner. La solution au problème est toute simple : il faut que les Allemands sortent de l’euro et rétablissent le Deutsche Mark.

Par Charles Gave

Tout le monde se souvient de la plaisanterie du célèbre comique Groucho Marx : « Je ne veux certainement pas faire partie d’un club qui m’accepterait pour membre. » C’est un peu ce que doivent se dire les Allemands en ce moment.

Comme je n’ai cessé de le souligner depuis bien longtemps, l’euro est un Frankenstein financier qui ne peut pas fonctionner.

Nul ne peut maintenir un taux de change fixe entre deux pays si la productivité du travail n’est pas la même entre les deux, sauf à organiser des transferts fiscaux du plus fort au plus faible.

Les Allemands ne veulent pas en entendre parler, ne voyant pas très bien pourquoi ils devraient payer pour que les Français par exemple aient 25 % de fonctionnaires de plus par rapport à la population active qu’eux ou que les Grecs prennent leur retraite 5 ans avant eux, et je dois dire que je les comprends.

La solution au problème de l’euro est donc toute simple, et il n’y en a qu’une et une seule.

Il faut que les Allemands sortent de l’euro et rétablissent le DM. Il suffit pour cela que les autorités allemandes demandent une « dérogation temporaire » comme l’ont fait les Suédois, les Anglais ou les Danois et recréent leur bien aimé DM.

L’euro vidé de l’Allemagne verrait son cours s’effondrer bien en dessous de 1 par rapport au Dollar US et cette dévaluation rendrait à nouveau compétitifs la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Grèce. Comme tous ces pays ont émis des obligations en euro et que l’euro existerait toujours, nul ne pourrait se plaindre juridiquement. Qui plus est , comme la probabilité de faillites étatiques reculerait massivement, on peut espérer que le cours des obligations émises remonterait très fortement vers le pair… en termes simples, les détenteurs étrangers perdraient 20 % ou 30 % sur le change et gagneraient 20 % a 30 % sur le cours des obligations longues. La Chine prendrait une énorme claque sur les réserves de change qu’elle aurait accumulées en euro, ce qui lui ferait comprendre que c’est le résultat normal d’une politique mercantiliste. Les banques et compagnies d’assurance verraient leurs cours doubler ou tripler en quelques semaines et les pays concernés pourraient s’atteler enfin aux réformes structurelles qui sont tant nécessaires puisque enfin la croissance reviendrait. Nul ne peut réformer s’il n’y a pas d’abord croissance économique, et il ne peut pas y avoir croissance si la monnaie est surévaluée…

L’Allemagne quant à elle verrait le pouvoir d’achat de ses consommateurs monter très fortement pendant que son industrie exportatrice, trop compétitive pour le bien du pays, se retrouverait obligée à nouveau de faire des efforts de productivité, ce qui à long terme lui profitera pleinement.

Le grand perdant dans tout cela, c’est bien sur le système financier allemand qui prendra une énorme claque, bourré qu’il est de reconnaissances de dettes émises par tous les pays non compétitifs et qui n’étaient que la contrepartie des excédents commerciaux allemands. Il faudra les nationaliser et/ou les recapitaliser, le coût pouvant être estimé à environ 500 milliards d’euro. Pour les autorités d’outre-Rhin, le choix est simple : ou payer en un coup 500 milliards, ou transférer aux Grecs, Italiens, Espagnols, etc. 200 milliards par an pour maintenir en coma dépassé un monstre qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Quand Alex Weber qui siégeait au conseil de la BCE et qui devait être son prochain Président avait donné sa démission parce que Monsieur Trichet avait acheté des obligations grecs, j’avais souligné dans un article que cela voulait dire que la Bundesbank était sur le sentier de la guerre et allait se payer l’euro

Nous sommes en train d’y arriver et que le lecteur ne s’y trompe pas. Si cela venait à se produire, ce serait la meilleure nouvelle que les marchés auraient eu depuis longtemps et il faudra acheter massivement à ce moment-là.

Le problème est que nombre d’hommes politiques ne comprennent rien a l’économie et qu’ils vont tout faire pour l’empêcher.

Il est donc probable que la période d’incertitude va durer plus longtemps que nécessaire mais l’issue est certaine.

À partir de maintenant, je considère que toute baisse de panique doit être mise a profit pour accumuler les belles valeurs exportatrices et qui ne dépendent en rien des États européens pour leur chiffre d’affaires

La méthode la plus raisonnable est de repérer une petite dizaine de valeurs de grande qualité et de laisser traîner des ordres de 10 à 15 % en dessous des cours actuels pour être exécutées dans l’une ou l’autre des paniques qui ne vont pas manquer de continuer à agiter les marchés

—-
Sur le web.
Le titre de l’article est de la rédaction de Contrepoints.

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  •  » Nul ne peut maintenir un taux de change fixe entre deux pays si la productivité du travail n’est pas la même entre les deux, sauf à organiser des transferts fiscaux du plus fort au plus faible « .

    A première vue ceci est vrai mais je crois que la réalité est un peu plus nuancée. Les écarts de productivité existent au sein d’un même pays :
    – les Land de l’ex-Allemagne communiste n’ont toujours pas la même productivité que ceux de l’ex RFA : l’économie est-allemande somnolait dans son carcan socialo-communiste, tandis que la RFA était à la pointe de la valeur ajoutée internationale.
    – la productivité de l’Italie du sud n’est pas la même que celle de l’Italie du Nord. Idem pour d’autres pays.

    Le principal problème dans la zone euro est le surendettement de certains Etats et pas les écarts de productivité. Ceci est valable même pour la belle France, même si nos gouvernants sont très fiers du triple AAA de la France ; on peut se demander pour combien de temps … D’ailleurs, certains de nos gouvernants mériteraient pas le triple AAA mais le quintuple AAAAA (Association amicale des amateurs d’andouillette authentique), ceci sans aucun mépris pour l’andouillette qui est un mets délicieux.

     » À partir de maintenant, je considère que toute baisse de panique doit être mise a profit pour accumuler les belles valeurs exportatrices et qui ne dépendent en rien des États européens pour leur chiffre d’affaires  »
    D’accord pour le principe, mais pas d’accord pour le « timing » , car les prix peuvent encore beaucoup baisser. Il vaut mieux attendre des signaux de début de hausse avant de se précipiter, parce que si les marchés continuent de baisser ils entrainent toutes les valeurs (même les bonnes).
    L’analyse technique des valeurs mobilières nous donne des signaux de hausse ou de baisse avec un pourcentage de certitude d’environ 70%. Et, pour l’instant, la tendance est à la baisse.

  • » Nul ne peut maintenir un taux de change fixe entre deux pays si la productivité du travail n’est pas la même entre les deux, sauf à organiser des transferts fiscaux du plus fort au plus faible «

    Nul ne peut maintenir une monnaie qui ne considère pas les hommes comme égaux en droits.

    Conséquence directe (théorème) cohérente avec la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

    Celui qui n’en comprend pas le fondement dans l’espace-temps est dans l’ignorance et ne pourra qu’en subir les conséquences.

    • Petite remarque Galuel, lire la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et non la déclaration « universelle »…de 1789, mais de 1948.
      Cldt,
      JFD

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

À l'heure où notre État se trouve empêtré dans les déficits et une dette devenue difficilement soutenable, et que la campagne des législatives s'articule autour d'une surenchère de promesses plus dépensières les unes que les autres, il est utile de se remémorer dans quelle situation s'est trouvé notre pays lors de la dernière grande crise financière qu'il a connue, celle de 1789.

Le prince n’est plus le même, mais la coexistence d’une dette énorme, fruit des règnes de Louis XIV et de ses successeurs Louis XV et Louis XVI, et de déficit... Poursuivre la lecture

Le très court délai d’organisation des scrutins des 30 juin et 7 juillet prochains favorise indéniablement le Rassemblement national (RN) en forte dynamique aujourd’hui à la droite de l’échiquier politique face à une gauche minée par ses querelles intestines, malgré une unité de façade purement électorale, des Républicains en plein divorce et une majorité présidentielle victime entre autres du rejet de la réforme des retraites, et de l’inflation.

Toutes les études d’opinion soulignent que le vote RN est un vote de colère et de méconten... Poursuivre la lecture

Il y a bien un déclin de la France au niveau de l’Europe et du monde, et une tentative de contrôle toujours grandissant de la Commission européenne sur les politiques nationales.

Selon Georgina Wright, « il faudrait déplorer à la fois le déclin du poids de la France au sein de l’Union européenne et la mainmise de Bruxelles sur la politique menée par Paris ».

Dans un article publié par Le Monde, Georgina Wright, directrice à l’Institut Montaigne déplore que les Français considèrent, à tort, que l’Europe serait la cause du « d... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles