L’UE somme la Grande Bretagne d’accepter les immigrants en quête d’allocations

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Bruxelles demande à Londres de cesser de demander aux immigrants de prouver qu’ils ne vont pas profiter des aides sociales

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume-Uni

La Commission Européenne  a finalement lancé le sujet qui a sorti la Grande-Bretagne de son euro-torpeur – un sujet qui a simultanément appuyé sur les boutons du contrôle des frontières, des abus sur les aides sociales et l’intrusion un peu trop poussée de Bruxelles.

Que ce soit par prétention démesurée, soif de pouvoir ou pure bêtise, les Eurocrates demandent à la Grande-Bretagne de cesser de demander aux immigrants de prouver qu’ils ne vont pas immédiatement demander à profiter du système de sécurité sociale.

Tel que la loi l’indique, les personnes désirant s’installer dans le pays doivent démontrer qu’ils ont les moyens de subvenir à leurs besoins, soit en travaillant, soit par une source de revenus alternative telle qu’une pension. La Commission Européenne prétend que cela équivaudrait à une discrimination envers les citoyens de l’UE qui sont censés disposer des mêmes droits que les ressortissants britanniques.

En réalité, et comme cela arrive souvent, les Eurocrates portent des œillères en lisant le simple texte de leurs propres règles. L’article 7(1) sur la Directive de la Liberté de Circulation donne le droit aux citoyens de l’UE de résider dans un autre État uniquement s’ils disposent de « ressources suffisantes pour eux-même et les membres de leur famille pour ne pas devenir un fardeau pour le système d’aides sociales de l’État membre d’accueil. »

Afin de contourner cette clause, la Commission déploie des efforts de pur sophisme. Elle soutient que, si les immigrants avaient la possibilité de combler leurs revenus avec les avantages britanniques, ils auraient alors des « ressources suffisantes ». En mai, la Cour Suprême a statué sur la réclamation d’une retraitée lettonne, qui venait d’emménager en Grande-Bretagne et avait demandé un Crédit de Pension au motif que sa pension de Lettonie était trop petite. Même si nos cours aiment se prononcer en faveur des immigrés, la loi était si précise que, à 4 contre 1, les juges ont rejeté sa demande. Si la Commission parvenait à ses fins, elle n’aurait pas seulement obtenu le Crédit de Pension, mais également des impôts locaux, et des allocations logement – malgré le fait qu’elle n’a pas versé un centime au système.

Ce blog n’a pas cessé de rabâcher la façon qu’a l’UE d’empêcher la Coalition de remplir les promesses de son programme.

Cette décision – si elle est confirmée par la Cour de Justice Européenne – annulerait les réformes de retraite de Iain Duncan Smith. Son projet, vivement applaudi par les politiciens de tout bord, vise à  remplacer le système actuel compliqué des pensions étatiques par un droit, accessible à tous les retraités, indépendamment de leurs avoirs, de leurs antécédents professionnels ou de leurs contributions passées.

Un tel plan, en revanche, dépend d’un minimum de conditions de résidence. La Nouvelle-Zélande, qui pratique un système très similaire à celui que propose Iain Duncan Smith, verse les paiements uniquement à ceux ayant passé plus de 10 ans dans le pays. Si chaque résident de l’UE âgé de plus de 66 ans dont les revenus de moins de 140£ par semaine avait la possibilité d’obtenir une pension Britannique, le système ferait faillite. N’en avons-nous vraiment plus rien à faire ?

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Article repris depuis The Telegraph avec l’aimable autorisation de l’auteur.
Traduction : Hélène Picq