Oncle Sam n’est pas sorti de l’auberge (1)

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La « Grande récession » qui fait rage aujourd’hui aux États-Unis a commencé en 2007. Quatre longues années plus tard, le portrait demeure aussi sombre

La « Grande récession » qui fait rage aujourd’hui, plus violemment aux États-Unis, a commencé en 2007. Quatre longues années plus tard, le portrait demeure aussi sombre.

Vendredi, les experts s’attendaient à une création de 105.000 emplois en juin aux États-Unis. Il n’y a eu que 18.000 emplois de créés. En mai, les chiffres étaient tout aussi décevants : 25.000 nouveaux travailleurs. C’est très peu. L’économie américaine doit créer au moins 125.000 emplois chaque mois, juste pour combler les besoins de sa population croissante.

Ce sont surtout les villes et les États qui plombent l’emploi en ce moment. Leurs finances publiques se détériorent à un rythme alarmant, et ils doivent mettre à la porte des fonctionnaires.

Le taux de chômage a de nouveau augmenté, pour passer de 9,1 % à 9,2 %. Mais comme le fait remarquer le site Business Insider, si on utilise une mesure plus large du Bureau of Labor Statistics, qui inclut les travailleurs «découragés» — notamment ceux qui travaillent à temps partiel, mais aimeraient travailler à temps plein —, le taux de chômage grimpe à 16,2 %. La durée moyenne de recherche d’emploi pour un travailleur congédié, elle, atteint presque 40 semaines! Un record.

Les bons alimentaires

 

Vingt-sept États américains fournissent des bons alimentaires à au moins une personne sur sept, selon le Wall Street Journal, qui s’appuie sur les données du département américain de l’agriculture. Au total, 44,5 millions d’Américains dépendent de bons alimentaires pour se nourrir au moment où vous lisez ces lignes. Dans les États du Mississippi, du Nouveau-Mexique et de l’Oregon, une personne sur cinq se nourrissait grâce, entre autres, aux bons alimentaires en avril.

Autre statistique pour noircir le tableau : le ratio emploi-population (la population âgée de 16 ans et plus qui détient un emploi) continue de chuter, selon le Bureau of Labor Statistics. À 58,2 %, ce ratio est à son plus bas depuis… 1983.

Un monstre différent

Les Américains ne sont pas sortis du bois. On peut blâmer Obama et ses politiques, comme on peut blâmer George Bush et les républicains. Mais ce serait futile. Les décisions que prennent les élus américains aujourd’hui — notamment au sujet de la dette publique — vont façonner l’avenir du pays. Mais elles auront moins d’impact que l’on croit sur la crise actuelle. Les Américains combattent en ce moment un monstre bien différent de ceux qu’on rencontre au tournant des cycles économiques. Cette récession tire sa source du crédit excessif et du surendettement des consommateurs. Un monstre qui a commencé à se nourrir depuis au moins 30 ans.

Le processus de guérison — qui consiste d’abord et avant tout à réduire ses dettes et assainir les finances, autant personnelles que publiques — prendra du temps. Pour les Américains, cela veut dire un long combat, et une longue marche de retour à la raison.

Article publié originellement sur le site de l’auteur sous le titre « Pas sorti du bois », repris avec son aimable autorisation.