Des charters pour les Polonais ?

Pays-Bas

La Hollande menace de déporter des Polonais, et d’autres Européens de l’Est, qui ne trouvent pas de travail. Elle envisage aussi de leur enlever leurs allocations s’ils ne parlent pas néerlandais.

Pays-BasLa Hollande, nous dit-on, est sur une trajectoire de collision avec l’UE, au sujet de sa menace de déporter des Polonais et d’autres Européens de l’Est qui ne trouvent pas de travail. Elle envisage aussi de leur enlever leurs allocations s’ils ne parlent pas néerlandais.

Ceci n’a rien de nouveau, puisque cette histoire traîne depuis des mois. Ce qui lui donne un tour nouveau, cependant, c’est que la Pologne a pris la présidence tournante de l’UE vendredi dernier, et va l’avoir pour les six mois qui viennent. Elle sera donc en première ligne dans toute discussion ayant pour but de faire reculer la Hollande.

Le ministre polonais de l’économie, Waldemar Pawlak, s’est emparé de la question, et a récemment déclaré que ces développements sont « dangereux« . « Ils pourraient mener à l’effondrement du système européen de liberté de mouvement« , a-t-il dit.

Une citation du ministre polonais des affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz, dit qu’il y a eu des « discussions robustes » avec les Pays-Bas sur leurs plans, et qu’il est étonné que 200 personnes, au maximum, puissent donner lieu à un débat politique si échaudé.

De tels problèmes pourraient être mieux résolus au niveau européen, a-t-il déclaré, par des arrangements à l’échelle de la communauté européenne sur la sécurité sociale et les conditions de travail.

Les élites hollandaises elles-mêmes ont la réputation d’être ultra européistes, et n’oublions pas que la Hollande est un des six membres fondateurs. Que l’idée de faire une entorse à l’Europe effleure même les esprits hollandais est, de ce fait, un développement significatif. Qu’ils rognent un traité de base, forçant l’un des membres les plus récents à le défendre, est une inversion éminemment ironique.

Mais la présidence polonaise de l’UE se régale à l’idée de relever « l’excitant défi » qui consiste à contrer une nouvelle vague d’euroscepticisme, et de convaincre les autres membres de l’union que le projet Européen est une « superbe chose« , d’après le premier ministre du pays, Donald Tusk.

Ce devrait être divertissant de le regarder essayer. Peut-être devrait-il commencer à Athènes.

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