Baroin à poil sur Internet

Baroin n’a pas pu s’empêcher de faire quelques déclarations assassines (et stupides) sur Internet. On a peur de ce qu’on ne comprend pas.

Baroin à poil sur Internet

Monsieur Baroin, je sais que cela fait plus de deux semaines que cela s’est produit, mais comme j’ai un trou dans mon emploi du temps, j’aimerais revenir sur des propos que vous avez tenus sur France 2 le 15 mai dernier. Monsieur Baroin, avec tout le respect que je vous accorde, permettez-moi de vous dire que vous êtes un cuistre. Parfaitement. Un cuistre.

Et avant d’aller plus loin, voici la vidéo où vous tenez des propos plus que ridicules.

Oups.
Pardon.
Ce n’est pas celle-là.

Là, vous tenez des propos pâteux. Et c’était il y a longtemps.

La vidéo, c’est celle-ci, du 15 mai 2011, sur France 2, donc.

 

Vous avez l’air plus mûr et vous avez une voix encore un peu plus grave qui fait monter des vapeurs chez certaines de vos auditrices. Et vous y dites ceci :

Monsieur Baroin, je dois vous le dire : c’est juste n’importe quoi. En effet, qui se rendra vers 01 minute 20 secondes dans la vidéo pourra y découvrir la saillie suivante, sortie tout d’une traite, (presque) comme si elle avait été apprise par cœur :

« Il n’y avait pas à l’époque [des précédentes campagnes] (…) internet, les tweets, les blogs, il n’y avait pas l’addition de la France des corbeaux qui se déverse dans un venin permanent à travers l’expression personnelle qui va ensuite sur la toile et sur le monde entier. Tout ça c’est un paramètre que chaque responsable politique est obligé d’intégrer. Et s’il aspire aux plus hautes fonctions, eh bien euh il doit heu intégrer cette dimension heu, d’attention sur heu touss touss en effet son comportement, son attitude. Et dans une période de crise, tout ce qui peut s’apparenter à quelque chose qui ne correspond pas à ce que souhaite l’expression du corps social dans sa cohésion est presque dis-qualifiable. »

Et ça, c’est l’expression d’un cuistre, puisqu’en vous aventurant ainsi sur le sujet de l’interweb et des petits ordinateurs qui se parlent entre eux et des internautes qui font rien qu’à être méchants avec vous, vous faites un étalage intempestif d’un savoir franchement mal assimilé, recraché en vrac mais avec une assurance excessive qui confère à votre discours un aspect ridicule. Clownesque, pour tout dire.

Baroin, clown triste

« la France des corbeaux qui se déverse dans un venin permanent »

Ah oui. L’interweb et tous ses blogueurs pédonazis…

D’abord, les blogueurs sont un très vaste monde, dans lequel on trouve effectivement quelques rigolos plus ou moins approximatifs ou imbibés, il est vrai. Mais on y trouve aussi et en grande majorité des gens normaux voire sympathiques, dont les opinions, exprimées calmement, sont tout à fait valables.

Le problème, voyez-vous, mon cher François (et vous permettrez que je vous appelle François surtout depuis que vous avez insulté plusieurs centaines de milliers de personnes) c’est que ces blogueurs, ce sont aussi des électeurs. Ce sont aussi des contribuables. Qui payent pour vos costumes. Qui payent, donc, pour se faire insulter.

Vous le voyez, là, le petit souci qui arrive en trottinant de l’horizon pas si lointain des prochaines élections ?

« Tout ça c’est un paramètre que chaque responsable politique est obligé d’intégrer. »

Eh oui : l’interweb, les gazouillis, les petits journaux en ligne, les blogs, les politiciens sont obligés d’en tenir compte. Et ça vous embête beaucoup, hein, François ?

Vous, comme tant d’autres, êtes de plus en plus irrités à l’idée que, maintenant, vos moindres faits et gestes, la moindre apparition en public soit enregistrée, que votre comportement sera analysé et qu’en conséquence, vous soyez sous stress permanent, scrutés par tous ces millions de personnes, dont certains sont, littéralement, en embuscade.

Et surtout, que maintenant, ceux qui vous regardent en discutent. Ils ne se contentent plus de subir. Ils causent dans le poste, eux aussi.

Roooh.

C’est vrai que c’est dur. Je comprends que, même armé de votre belle voix grave dont la charge sensuelle fait frémir les adolescentes en pleine puberté, on se sente parfois épuisé d’être ainsi sous les feux de la rampe, tout le temps.

Mais dites moi, personne ne vous a obligé à devenir ministre, non ? Si ? En embrassant la carrière politique, vous deviez bien vous douter, mon brave François, qu’à un moment où l’autre, vous alliez devoir rendre des comptes ? Non ? Et après tout, vous avez tout de même quelques pouvoirs, quelques privilèges et un petit salaire sympathique pour compenser cette abominable pression, non ?

Autrement dit, vous avez librement choisi une profession où vous saviez que vous seriez, précisément, dans la position que vous semblez regretter à présent…

Roooh.

Que c’est dommage !

Et puis…

Et puis, c’est assez savoureux de votre part de taper sur internet alors que, si ma mémoire ne me fait pas défaut, vous avez obtenu votre poste — qu’on ne vous a pas poussé trop fort à accepter, hein, petit coquin — à la suite de la démission de Woerth. Démission qui fut provoquée … par les révélations bettencouresques qu’Internet aura permis de relayer.

Eh oui : votre poste, finalement, vous le devez à Internet et aux vilains corbeaux. Sans eux, Woerth n’aurait pas bougé. Vous n’auriez pas eu votre bon poste grassement payé et personne ne vous aurait écouté chouiner. Mieux : vous auriez été tranquille ! Pas de pression. Pas de méchants twitts et de blogs vipérins !

Ah, vraiment, la France Web 2.0, elle est vraiment trop injuste ! Elle n’est pas assez douce, gentille, et pleine de bisous.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

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