Vers la fin du Made in China?

Made in China (Crédits Martin Abegglen, image libre de droits)

La fin du Made in China est pour demain. Dans 3 ans il coûtera autant de produire en Chine qu’aux États-Unis selon le Boston Consulting Group (BCG).

Par Alexis Vintray.

Vers la fin du Made in China?
Vers la fin du Made in China? (Crédits Martin Abegglen, image libre de droits)

Aujourd’hui Made in China, en 2015 Made in USA ou Made in France? C’est ce que prévoit le Boston Consulting Group (BCG), un des principaux cabinets de conseil américains. En effet, les arguments économiques en faveur des délocalisations tendent à s’estomper avec l’évolution du contexte international.

La fin du Made in China a déjà commencé

La situation semble déjà bien plus rose qu’il y a peu. Que ce soit des prouesses allemandes à la forte croissance de l’emploi manufacturier américain. Comme le souligne un blogueur de Time, American Manufacturing is Back, avec une hausse de l’emploi à la clé. En mai, General Motors a par exemple annoncé un investissement de 2 milliards de dollars aux États-Unis dans ses usines et la création de 4 000 jobs. Mais tout cela pourrait encore s’améliorer sur le long terme selon le BCG.

Pourquoi la fin du Made in China ?

D’une part, les salaires dans les pays en développement évoluent fortement. En Chine, c’est une hausse de 17% chaque année qui vient directement impacter la rentabilité globale de l’opération. Aux États-Unis, la hausse est bien plus modeste. Rien qu’entre 2005 et 2010, le salaire des ouvriers en Chine a cru de 69%. Sur la base d’une légère appréciation du yuan et d’une poursuite des tendances en termes de hausse de salaire ou de productivité, le cabinet de conseil estime qu’en 2015, il coûtera la même chose de produire aux États-Unis qu’en Chine. Mais, à part pour les antimondialistes primaires, il est bien connu que d’autres facteurs que le coût du travail rentrent en compte.

D’autre part, la chaîne d’approvisionnement (Supply chain) des entreprises qui délocalisent devient de plus en plus difficile à contrôler. Il suffit de voir les difficultés rencontrées après la catastrophe naturelle et l’accident nucléaire japonais pour se rendre compte des risques associés pour les entreprises dépendantes d’usines lointaines. En outre, l’évolution à la hausse du prix de l’essence renchérit le coût du transport, avec une variabilité permanente. Sans oublier que les entreprises doivent aussi financer le coût de l’inventaire, qui peut représenter 100 jours de stocks.

Face à ces évolutions, le calcul économique joue de moins en moins en faveur des délocalisations. L’impact des délocalisations a de toute façon été probablement très surestimé (Voir les travaux de Suzanne Berger).

Certes ces arguments peuvent être nuancés, comme le rappelle The Economist. On devrait davantage observer un arrêt de la baisse qu’une hausse de l’emploi manufacturier ; entre autres facteurs, la baisse des subventions incluses dans les plans de relance risque d’avoir un impact négatif contrebalançant la relocalisation. Mais une fois de plus, le simplisme « noir ou blanc » pour appréhender une situation économique complexe.

A lire aussi :