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Abolissons les REER !

Publié le 3 mai 2011
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Les « scandaleux abris fiscaux » que sont le REER [régime enregistré d’épargne-retraite] et le CELI [compte d’épargne libre d’impôt] profitent aux riches, dit Léo-Paul Lauzon dans une nouvelle étude. À la guillotine !

Remarquez, le prof de comptabilité de l’UQAM n’a pas tort. Ce sont surtout les riches qui peuvent mettre de l’argent dans leur REER. Quand on vit de chèque de paye en chèque de paye, comme bon nombre de Canadiens, il reste quoi pour mettre dans un REER à la fin de l’année ? Rien. Quand on est riche, c’est plus facile.

(Dessin de presse : René Le Honzec)

Malgré cette évidence (et le titre racoleur de cette chronique), abolir les REER est loin d’être l’idée du siècle. (Précisons que M. Lauzon souhaite abolir les REER, mais affirme faire un « compromis » en recommandant au gouvernement de ramener le taux de cotisation maximale des REER à $5.000 dans son étude.)

Clarifions une chose : un REER n’est pas un véritable abri fiscal. Vous allez payer de l’impôt sur tout l’argent que vous y déposerez au cours de votre vie. Et sur tous les gains que vous ferez sur vos placements (imposés à 100%). Le seul avantage est que, idéalement, vous allez retirer cet argent quand vous serez à la retraite. Comme votre revenu sera moindre qu’aujourd’hui, votre taux d’imposition sera plus bas. À moins d’avoir pilé des millions dans votre compte — ce qui est presque impossible vu la limite des cotisations —, vous n’allez pas vous enrichir, et l’État ne va pas s’appauvrir, avec un REER.

Surtout qu’environ le tiers des cotisants finissent par vider leur REER avant la retraite, et s’exposent à des taux d’imposition élevés. Même chose pour le CELI, souvent utilisé pour des projets temporaires, ou comme coussin de sûreté.

Peut-on avoir un break ?

Rappelons qu’à peine un travailleur québécois sur trois possède un régime de retraite de son employeur. Et contrairement aux régimes blindés des fonctionnaires, leurs prestations vont dépendre des rendements boursiers. Les REER, en permettant de reporter l’impôt à plus tard, encouragent plusieurs Québécois à épargner. Enlevez les REER, et notre taux d’épargne — presque nul — va chuter encore plus.

En passant, cet encouragement à l’épargne est l’excuse dont se servent souvent les syndicats pour justifier les généreux crédits d’impôt de 30% et 40% que l’État accorde aux fonds syndicaux comme le Fondaction CSN et le Fonds de solidarité FTQ. Ces crédits d’impôt — qui au contraire des REER, ne sont pas imposés à la retraite — coûtent près d’un demi-milliard par année à l’État. Et servent principalement, de l’aveu même du ministre du Développement économique dans nos pages, à acheter la paix avec les syndicats. Pourquoi ne pas dénoncer ces « scandaleux abris fiscaux » ?

Les Guy Laliberté, Jean Coutu et autres millionnaires — voire milliardaires — se comptent sur les doigts d’une main au Québec. Et ils jouissent d’outils pas mal plus efficaces pour sauver de l’impôt qu’une couple de mille piastres dans un REER. En réalité, les REER profitent surtout à des « riches » dont le revenu varie entre $65.000 et un peu plus de $100.000. Des « riches » qui payent plus que leur juste part d’impôts (les Québécois qui gagnent $100.000 et plus représentent 3% de la population, et payent à eux seuls le tiers de tous les impôts sur le revenu !) Des « riches » qui ne le sont pas assez pour se payer une batterie de comptables créatifs qui leur éviteraient de l’impôt.

Les REER procurent aussi une infime échappatoire (temporaire) pour les contribuables de la classe moyenne pris à la gorge. Les gens qui gagnent moins de $50.000 par année cotisent pour le quart des cotisations REER totales, selon les chiffres mêmes de M. Lauzon. Est-ce trop demander de leur donner ce petit break ? De toute façon, tout le monde sait que notre État boulimique se rachète en inventant deux ou trois nouvelles taxes chaque année.

Je suis avec notre Léo-Paul national quand il dénonce les paradis fiscaux ou les généreuses subventions aux entreprises. Mais en s’attaquant aux REER, il rate la cible.

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  • Jean-Francois Robert
    3 mai 2011 at 16 h 09 min

    Tout comme votre Léo Paul National vous faites l’erreur de croire que le taux d’imposition sera inférieur à la retraite, tout simplement parce que les revenus seront inférieurs. Dire que vous êtes supposément des spécialistes, Mais tout comme ces faux spécialistes, vous ne comprenez rien à la réalité fiscale.
    Les seules personnes qui pourront jouir d’un taux inférieur à la retraite seront ceux qui transigeront avec les quelques conseillers qui comprennent suffisamment la fiscalité pour les guider à travers les 24 paliers d’imposition du retraité de 65 ans.

    Mais comme je l’ai dit dans ma propre réponse à M. Lauzon, le véritable problème n’est ni les REER, ni les CELI, mais le fractionnement du revenu. C’est lui, qui favorise le plus les riches. Et voilà qu’avec un beau gouvernement conservateur majoritaire, les avantages pour les Riches vont se mettre à pulluler.
    Fractionnement du revenu pour les familles (les mieux nantis), augmentation à 10,000$ des cotisation au CELI, des crédits non remboursables qui doubleront pour la condition physique et d’autres qui verront le jour pour l’aspect culturel. Ça parait peut être bien, mais que fait-il pour le tiers de la population qui ne peuvent en profiter !
    Or, considérant votre ignorance de la fiscalité, vous direz probablement que les familles et les ménages à revenus modestes reçoivent bien suffisamment de cadeaux des gouvernements ! Mais ce sont des balivernes, tout comme les beaux discours de nos chers politiciens. Comment une société qui se dit développer peut-elle tolérer que les ménages au seuils de la pauvreté et tous les ménages à revenus modestes, doivent faire face à des taux réels d’imposition supérieurs aux plus riches ! C’est quoi qui compte le plus pour vous entre ce que les chiffres révèlent a propos de ces malheureux riches qui versent le tiers en impôt ou ce qui reste véritablement dans les poches des contribuables pour chaque augmentation de revenu ! Car faudrait peut-être que vous le réalisiez un jour, que ce n’est pas parce qu’un ménage ne paie pas d’impôt qu’il conservera 100% de toute augmentation de revenu. De grâce, référez-vous aux courbes de Laferrière et vous découvrirez que même si un ménage ne paie, en théorie, pas d’impôt , qu’il ne lui en reste, fréquemment moins de 30% ou 40% dans ses poches, suite à la perte de maints programmes socio-fiscaux. En fait, il est ignoble de faire croire aux plus riches qu’ils sont les seuls à payer pour les généreux programmes des moins riches. Alors comment expliquer que les familles avec enfants mineurs dont le revenu familial passe de 25,000$ à 50,000$ ne conserve à peu près rien de tout augmentation de revenus. Avec un enfant, ils pourront conserver au mieux 30 % de cette augmentation, avec deux enfants 20% et avec trois enfants seulement 10%. Saviez-vous seulement que des taux réels de plus de 100% existent et ce n’est pas les riches qui les subissent mais la classe modeste !
    Or, vous devriez comprendre que des taux inférieurs à 40% à la retraite, et bien, cela n’est vraiment pas aussi fréquent que vous le croyez. Mais des taux de 50% et même de 78% pour les retraités, c’est aussi possible. Mais encore une fois, cela ne sera pas les riches, qui au maximum connaîtra un taux de près de 55%. Or, comme vous le voyez, jamais je n’ai parlé des six paliers d’imposition généralement reconnu. Car comme je l’ai mentionné auparavant, ce ne sont que des balivernes pour faire croire que les REER sont plus avantageux pour les riches et que les REER sont toujours avantageux pour quiconque. Un façon de faire passer en douce le RVER qui est en fait la pire chose qu’un gouvernement peut créer. Car cela ne fera que mener la majorité des contribuables dans un véritable guet-apens.
    Le seul élément qui permettrait vraiment d’aider tous les contribuables des tranches modestes et moyenne serait de faire en sorte de convertir le RRQ en un régime libre d »impôt. Car, encore là, il est odieux d’obliger entreprises et travailleur autonome de cotiser dans un régime obligatoire alors que tout contribuable pourrait investir un simple 5% dans un CELI au lieu du RRQ et il aurait alors plus d’argent à la retraite, après impôt. Mais de cela et des réalités économiques, il n’y a pas grand monde qui en parle, sauf Messieurs Yves Chartrand du CQFF, M. Claude Laferrière, ex-professeur de fiscalité de l’UQAM, Jamie Golombek Expert en Fiscalité auprès de la CIBC et, bien sûr, moi-même.
    Pour le reste, comme tout bon politicien, tout ce que l’on voit et entend sert bien plus à endormir les contribuables au gaz qu’à les éduquer financièrement et fiscalement.

    La clé pour des Finances d’OR

    Jean-François Robert, M.B.A
    Chargé de cours (finances, fiscalité et placements des particuliers)
    Préparateur de déclarations fiscales

    • « Mais comme je l’ai dit dans ma propre réponse à M. Lauzon, le véritable problème n’est ni les REER, ni les CELI, mais le fractionnement du revenu. »

      Je ne comprend pas ce que vous entendez par « fractionnement du revenu ».

      A ce que j’ai compris de votre mur de texte, ce serait plutôt l’imposition parfois progressive et parfois régressive, qui mène à des aberrations. On parle de la même chose ?
      Une solution serait une flat tax…

  • Les commentaires sont fermés.

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