Prime obligatoire

Une étape supplémentaire vers la démagogie et l’économie administrée

Pour ceux qui en doutaient encore, François Baroin est un adepte de l’économie administrée. C’est pourquoi il projette d’imposer le versement d’une prime de €1.000 aux salariés des entreprises distribuant des dividendes. Cette nouvelle contrainte étatique peut sembler généreuse. Elle est dangereuse et inique. Cette mesure arbitraire spolie les actionnaires d’une partie de leurs revenus légitimes. Elle menace notre territoire d’une réduction de l’investissement des entreprises françaises ou étrangères. Elle ouvre la voie aux liquidations d’entreprises souhaitant délocaliser leur production vers des cieux plus cléments et moins instables.

(Dessin de presse : René Le Honzec)

Cette nouvelle contrainte étatique illustre bien cette conception selon laquelle le gouvernement a la capacité d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés, cette fois-ci au détriment des épargnants. Comme pourrait le dire Frédéric Bastiat, c’est négliger les effets « que l’on ne voit pas ». En sus du moindre investissement, la prime pèsera à la baisse sur les salaires dans les trimestres à venir. Soyons sûrs que les salariés ne seront donc pas gagnants durablement, et que cela ne peut que développer le drame du chômage de masse.

Rappelons que l’inflation montante va déclencher une augmentation du Smic, entraînant une hausse mécanique du salaire pour 40% des salariés dont le revenu est indexé sur cet artifice. Hausses des salaires et primes obligatoires : rien n’est fait pour freiner la dégradation de notre compétitivité. L’exemple allemand montre que c’est au contraire la modération salariale qui permet la reprise économique et l’amélioration du marché de l’emploi. Après seulement pourront venir les augmentations salariales, permises entre autres par le moindre coût des allocations chômage et du RSA. Le gouvernement nous place dans la direction opposée.