Futur de l’énergie nucléaire après Fukushima

La crise japonaise annonce le développement de nouvelles centrales nucléaires encore plus sûres

La crise japonaise annonce peut-être le développement et l’utilisation de nouvelles centrales nucléaires encore plus sûres.

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, vieille de 40 ans et construite pour résister à un séisme de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter s’est éteinte automatiquement comme prévu lorsque la Terre a commencé à trembler.

Une centrale qui résiste à un choc 40 fois plus grand que ce qui était prévu

Mieux, la centrale est restée debout alors que le tremblement de terre a libéré plus de 40 fois la quantité d’énergie que ce qui était prévu lors de sa construction. Pour vous faire une idée, imaginez que votre voiture reste intacte après un choc à 632 km/h. C’est ce qui s’est passé à Fukushima.

Pour le moment, il semble que c’est le tsunami qui a mis hors service les générateurs diesel de secours pour ses pompes de refroidissement, mettant la centrale en péril.

Obama maintient les subventions à l’énergie nuclaire

Naturellement, les militants anti-nucléaires et certains responsables politiques utilisent cette catastrophe comme preuve : l’énergie nucléaire serait intrinsèquement dangereuse et devrait être interdite. Par exemple, en Allemagne, des milliers de manifestants anti-nucléaires ont envahi les rues de Berlin en criant « il faut les éteindre. » En réponse, la chancelière allemande Angela Merkel a ordonné que 7 centrales nucléaires construites avant 1980 soient arrêtées pour un examen de sécurité.

Aux États-Unis, le sénateur Joe Lieberman et le député Edward Markey ont instamment demandé un moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Malgré la crise japonaise, l’administration du président Barack Obama insiste sur le fait qu’elle prévoit d’aller de l’avant dans sa politique de subventionnement de nouvelles installations nucléaires par des garanties de prêts fédéraux. Il serait intéressant de savoir si des entreprises privées choisiraient de construire les versions actuelles des centrales nucléaires sans garanties de prêts fédéraux et la promesse que l’Etat fédéral (c’est-à-dire le contribuable américain) fasse office d’assureur en cas de catastrophe.

Les nouvelles centrales nucléaire encore plus sûres

La crise japonaise annonce peut-être le développement et l’utilisation de nouvelles centrales nucléaires encore plus sûres.

Déjà, Toshiba a développé et vendu son réacteur  de sécurité passive AP1000. Le réacteur est conçu avec des systèmes de sécurité qui refroidissent le réacteur après un accident sans ‘intervention humaine et fonctionnent au moyen de forces naturelles comme la gravité au lieu de compter sur des générateurs diesel et des pompes électriques. Avant les évènements actuels au Japon, la Nuclear Regulatory Commission américaine avait annoncé donner son approbation finale de ce système d’ici l’automne malgré l’opposition de certains groupes anti-nucléaires.

Les réacteurs au thorium plus sûrs et moins polluants

Une approche novatrice pour produire de l’électricité en toute sécurité est de développer des réacteurs nucléaires au thorium. Le thorium est un élément radioactif naturel, qui, contrairement à certains isotopes de l’uranium, ne peut pas provoquer une réaction nucléaire en chaîne. Toutefois, le thorium peut être dopé avec suffisamment d’uranium ou de plutonium pour soutenir une telle réaction. Les réacteurs liquides au fluorure de thorium (LFTR) ont beaucoup à apporter à la sécurité nucléaire. Alimentés par un mélange fondu de thorium et d’uranium dissous dans des sels de fluorure de lithium et de béryllium à pression atmosphérique, les LFTR ne peuvent pas fondre (le carburant est en effet déjà fondu).

Parce que les LFTR fonctionnent à pression atmosphérique, ils sont moins susceptibles que les réacteurs sous pression classiques de rejetter des éléments radioactifs en cas d’accident. En outre, une augmentation de la température de fonctionnement ralentit la réaction nucléaire en chaîne, stabilisant ainsi le réacteur. En outre, les LFTR sont conçus avec une fiche de sel qui fond si la température du réacteur augmente trop, drainant le liquide du réacteur dans une enceinte de confinement où il finit par geler.

On estime que 83% des déchets produits par les LFTR sont sans danger au bout de 10 ans, tandis que le reste doit être conservé pendant 300 ans. Un autre avantage est que les LFTR peuvent utiliser du plutonium et des déchets nucléaires comme combustible, les transmutant en beaucoup moins d’éléments radioactifs nocifs, éliminant ainsi le besoin de stockage des déchets pour des périodes de 10 000 années. Aucun réacteur commercial au thorium n’existe actuellement, mais la Chine a annoncé au début de l’année 2011 un projet qui vise à développer de tels réacteurs.

Le contrôle des sources d’énergie par l’Etat : un frein à l’innovation et à la sécurité

Le principal problème des systèmes d’approvisionnement en énergie est que les Etats contrôlent leur gestion depuis un siècle, en utilisant divers leviers : contrôle direct ou indirect, subventions, fixation des taux et autorisation ou interdiction de technologies. Par conséquent, les entrepreneurs, les consommateurs et les décideurs politiques eux-mêmes n’ont aucune idée des solutions technologiques qui permettraient d’assurer le meilleur équilibre entre le coût-efficacité et la sécurité.

Cet article est une traduction et adaptation d’un article écrit par Ronald Bailey pour le magazine libertarien Reason.