Sanction de la politique économique d’Obama ?

Sondages Midterms Etats-Unis

Loïc Abadie propose son analyse des Midterms aux USA

Les élections de mi-mandat US auront lieu le 2 novembre, et verront le renouvellement d’une partie des parlementaires de la Chambre des Représentants, du Sénat, et des gouverneurs des différents états composant les USA.

Les sondages disponibles s’annoncent d’ores et déjà très mauvais pour le camp démocrate :

  • La probabilité de voir les démocrates perdre le contrôle de la chambre des représentants semble élevée, les sondages annonçant un gain de 55 sièges pour les républicains, là où 39 sièges gagnés suffiraient pour changer la majorité.
  • Pour les postes de gouverneurs, l’estimation de Rasmussen donne 28 sièges aux républicains, contre 13 aux démocrates (8 indécis).
  • Au Sénat, l’incertitude est élevée, les démocrates conserveraient un très léger avantage (48 sièges contre 46, et 6 indécis. Cependant les 6 états actuellement « indécis » sont tous démocrates actuellement, il suffirait que la moitié d’entre-eux deviennent républicains pour que la majorité bascule.

Trois hypothèses sont possibles, un fort recul du camp démocrate étant d’ores et déjà acquis.

  1. Les démocrates conservent la majorité à la chambre des Représentants et au Sénat. Vu les sondages et la baisse de popularité de Barack Obama, cette majorité serait alors très faible (quelques sièges), et le pouvoir serait affaibli (il suffirait de quelques démocrates récalcitrants aux politiques de fuite en avant dans la dette conduites par le pouvoir en place pour freiner celles-ci).
  2. Les démocrates perdent la chambre des représentants, une majorité d’états, et conservent de justesse le Sénat. Nous aurions alors une sorte de cohabitation, avec un pouvoir fragmenté et affaibli, qui aurait beaucoup plus de difficultés à poursuivre sa politique actuelle.
  3. Défaite des démocrates à la Chambre des représentants, au Sénat et dans une majorité d’états : Ce serait l’expression d’une sanction massive contre la politique économique d’Obama et des keynésiens qui l’inspirent. La pression vers un retour à plus de rigueur budgétaire deviendrait alors très élevée.

Quelles conséquences pour les marchés ?

L’hypothèse 2 semble actuellement la plus probable, mais dans tous les cas, le pouvoir en place sortira nettement affaibli de ces élections, et disposera de moins de marge de manoeuvre.

Les implications de ces élections sont pour moi baissières, parce que le marché ne devrait pas apprécier la situation d’indécision et de fragmentation du pouvoir qui ressortira des midterms et d’une éventuelle situation de « cohabitation ».

Ces élections pourraient aussi contribuer à diminuer l’intensité du « quantitative easing » n°2 de la FED, d’autant que des dissensions commencent à apparaître au sein de la FED (même si elles sont encore minoritaires).