Le socialisme triomphera sous la forme du socialisme d’État

Vilfredo Pareto (Image libre de droits)

La bourgeoisie, au lieu de s’opposer aux progrès de ce dernier, le favorise autant qu’il est en son pouvoir

Le socialisme triomphera sous la forme du socialisme d’État. La bourgeoisie, au lieu de s’opposer aux progrès de ce dernier, le favorise autant qu’il est en son pouvoir. Chacun tâche de happer un morceau du budget, les citoyens ne voient dans les administrations de l’État, des provinces et des communes que des instruments pour se dépouiller les uns les autres. Quelqu’un voudrait-il s’en abstenir qu’il ne pourrait pas. Toutes les fois que les citoyens se sont réunis dans le simple but de résister à une spoliation dont ils étaient les victimes, ils ont échoué. Quand, au contraire, ils se réunissent pour obtenir leur part du gâteau, le succès couronne assez généralement leurs efforts. C’est la fable du chien qui portait le dîner de son maître. (…) Tant que subsistera le sentiment qui porte les hommes à s’entre dépouiller au moyen des administrations publiques, les budgets augmenteront, jusqu’à ce qu’enfin, ils produisent la ruine des peuples et qu’un gros dogue prenne la place de cette meute affamée. Il mangera pour quatre, mais il pourra encore y avoir économie, s’il empêche de dévorer ceux qui mangeaient pour huit.

Vilfredo Pareto (1848-1923) sociologue et économiste italien. Il a apporté de nombreuses contributions importantes dans ces deux matières, particulièrement dans l’étude de la distribution du revenu et dans l’analyse des choix individuels. Il introduisit le concept de l’efficacité et aida le développement du champ de la microéconomie avec des idées telles que la courbe d’indifférence.