Donald Trump, Marine Le Pen et une période d’incertitude

Publié Par h16, le dans Édito

C’est un nouveau monde qui s’ouvre devant nous. Ou du moins, pour ces médias qui n’ont rien vu venir, chaque jour ressemble un peu plus à une exploration de la Terra Incognita que représente maintenant chaque consultation du peuple souverain. Malheureusement pour eux, l’année n’est pas finie et celle qui suit promet, là encore, tant de douloureux rebondissements possibles qu’on sent poindre chez les gentils animateurs du Camp du Bien comme un petit vent de panique.

Bien sûr, ce vent de panique s’explique facilement compte-tenu des bouleversements que le nouveau venu provoque : Trump voulant renoncer à certains traités internationaux, cela explique les réactions outrancières de tant de journalistes et de politiciens qui, pourtant, voudraient bien qu’on renonce à certains traités internationaux. Trump étant isolationniste, tous nos journalistes, régulièrement épris d’anti-américanisme, tremblent de peur à l’idée que l’Amérique s’isole et qu’il n’y aura peut-être plus de bombardements au Moyen-Orient, ou quelque chose comme ça…

Bref, la confusion règne en maître et on comprend sans mal que Trump au lieu de Clinton, ça bouscule non seulement du chaton, mais ça froisse autant la génération 68, qui jacasse chez nous, qu’elle « trigge » la génération Flocon de Neige outre-Atlantique.

donald-trump

Mais surtout, stupeur et cassoulet froid, cela remet sur la table l’hypothèse d’une accession de Marine Le Pen au pouvoir ! Eh oui : dans l’esprit simple (simplet ?) de la classe médiatique et politique actuelle, puisque Donald Trump a été taxé de populisme et qu’il en va de même en France avec Marine Le Pen, puisque le Donald est (évidemment) un gros fasciste et qu’on sait que la Marine est (évidemment) une grosse fasciste, ce qui est arrivé à l’un pourrait (évidemment) arriver à l’autre.

Horresco referens, les journaux de gauche tremblent. HuffingtonPost, L’Express, l’Obs, et même le petit dernier avatar payé avec vos sous, FranceTVinfo.

L’analyse des chroniqueurs politiques de nos superbes médias sur-subventionnés est d’ailleurs validée, sans souci, par rien moins que Le Président De La République Fromagère Française puisque, comme le rapporte le Monde, même pour François Hollande, la victoire de Trump « ouvre une période d’incertitude ».

hollande ceux qui attendent plus rien

Eh oui : initialement, tout le monde a interprété les bredouillis hésitants du petit rondouillard comme un jugement personnel du chef de l’État français à l’égard du nouveau locataire de la Maison Blanche, qui serait, dans cette hypothèse, facteur d’agitation ou d’inquiétude dans le monde et dans son pays. Peut-être. Mais surtout et avant tout, la vraie pensée du politicien est que Donald Trump incarne un vote jusqu’à présent impensable par la classe jacassante qui devient possible, et qui ne se transpose que trop bien en France en laissant entrevoir un vote majoritaire pour Marine Le Pen.

Or, ça, c’est de l’incertitude qui pèse bien plus que tout le reste sur les épaules boudinées du petit François : se représenter, même avec 4% de satisfaits, il peut encore le faire, d’autant qu’il a été hontectomisé très jeune. Cependant, Trump élu, c’est aussi prendre le risque de faire élire Marine Le Pen, au deuxième tour, en face de lui… Et pour Hollande, devoir perdre devant Marine Le Pen, voilà qui serait une humiliation sans borne, d’autant qu’il ne commence que maintenant à intégrer cette possibilité, palpable, dans ses petits calculs politico-politiciens.

Bref, il apparaît à présent que les médias et la classe politique prennent violemment conscience que tout pourrait ne pas se dérouler comme prévu pour eux.

Cependant, comparaison n’est pas raison. Marine Le Pen n’est pas Donald Trump, loin s’en faut.

Oh, certes, l’un et l’autre personnage ont tous les deux une vision bien arrêtée de ce qu’il faudrait faire concernant l’immigration. L’un et l’autre ont expliqué assez clairement ce qu’ils pensent être bon en matière de protectionnisme. Et tous les deux n’ont jamais eu l’occasion d’exercer un mandat présidentiel. Pour Trump, on va donc pouvoir jauger en grandeur réelle de sa détermination et de sa capacité à tenir ses promesses. Pour Le Pen, l’élection n’est pas encore dans la poche.

En effet, si Donald peut se targuer d’avoir bâti un empire, et d’en avoir le cuir tanné, ce n’est pas du tout le cas de Marine qui est bel et bien une politicienne jusqu’au bout des ongles. La carrière politique de l’une aura bien du mal à faire oublier la carrière industrielle et financière de l’autre. Si le second a pu se réclamer du peuple, et savoir de quoi il parlait lorsqu’il évoquait l’entreprise et le capitalisme, le sujet promet d’être ardu pour Marine qui ne connaît ni l’une, ni l’autre.

D’autre part et plus fondamentalement, on comprend lorsqu’on lit le programme de Trump que malgré une tendance étatiste indéniable et largement présente dans ses propositions, il lui apparaît nécessaire de diminuer le poids des impôts, des taxes, et d’une législation galopante (sa proposition de ne créer une nouvelle loi qu’avec l’assurance d’en supprimer deux anciennes est une bonne idée, par exemple). N’imaginez même pas voir un jour ce genre de propositions dans le giron du FN ou de la part de Marine Le Pen : l’étatisme y est puissamment implanté.

Enfin et surtout, la structure du vote français est fondamentalement différente du vote américain ce qui a permis à Trump de se jouer du système qu’il connaît bien. Le vote français, direct et en deux tours, signifie que la candidate du Front National devra rassembler bien au-delà de sa famille pour espérer l’emporter. Concrètement, elle devra viser 18 millions de votants, soit, grosso modo, trois fois son score actuel (modulo une abstention à peu près équivalente aux autres scrutins). Autrement dit, s’il y a un effet Trump en France, Marine Le Pen a peu de chance d’en bénéficier à moins d’une abstention record.

Il semble encore bien trop tôt pour déterminer de quoi l’élection présidentielle française sera faite. D’ici mai 2017, de nombreux paramètres sont encore incertains. Trop nombreux sont les candidats sur les rangs, et certains ne se sont toujours pas déclarés.

En outre, la dynamique des votes peut se modifier grandement en fonction du contexte économique ou international ; en cela, l’élection de Trump apporte, elle aussi, son lot d’incertitudes, comme le dirait Pas De Bol Hollande. La situation internationale peut s’améliorer ou s’embraser, accroissant le risque d’attentats en France, ce qui modifierait certainement l’opinion publique et obligerait les candidats à se positionner plus crûment sur des sujets éminemment glissants, électoralement parlant. La situation économique peut s’améliorer ou (Pas De Bol) continuer à se détériorer, accroissant le mécontentement des Français pour l’équipe en place ou les demi-mesures palotes proposées par nos candidats sépias.

En tout cas, il paraît donc particulièrement hasardeux de faire un rapprochement entre l’élection d’un magnat de l’immobilier au discours populiste plutôt conservateur et une politicienne de carrière au discours carrément socialiste.

Bien sûr, si les médias, dans leur immense clairvoyance, tiennent les mêmes discours, observent le même comportement général vis-à-vis de Marine Le Pen et de ses électeurs que ce que furent ses discours et ses comportements pour les électeurs du Brexit ou ceux de Trump, si la déferlante d’imbécilité et de remarques contre-productives est la même, alors oui, le résultat final pourrait être surprenant. Les pleurs et les grincements de dents auront ensuite beaucoup de ressemblance avec ce qu’on peut voir aux États-Unis ces derniers jours.

Ainsi, si nos médias se contentent de jeter l’anathème sur Marine Le Pen et ses électeurs, pourtant de plus en plus nombreux, en insultant copieusement ceux qui votent pour elle, ils ont toutes les chances de ne surtout pas aborder les problèmes de fond, bref, de refaire exactement les mêmes erreurs que celles qui furent faites en Grande-Bretagne puis aux États-Unis.

J’écrivais dans un précédent billet que les leçons pour les médias ne seront pas tirées, les comportements ne seront pas adaptés et que la grille de lecture restera la même. Et partant, la trajectoire étant la même, obtenir un résultat totalement différent de ce à quoi tout le monde s’attend ne semble plus improbable. Ici, on pourrait gloser à bon compte sur Juppé, LE candidat « proposition des médias » par excellence : jolie surprise et beau pied-de-nez s’il ne passait pas le second tour de la primaire, n’est-ce pas ?

Autrement dit, si rien ne change, au contraire de ce que prétend François Hollande, une surprise (de tout ordre) n’est pas incertaine, elle est plutôt garantie sur facture.

Assemblée : CPEF
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Sur le web

  1. Le Pen n’est pas Trump. Contrairement à lui c’est une extrémiste de droite. Elle a l’intention d’ôter la nationalité française aux Français d’origine maghrébine (c’est-à-dire les Arabes) et de les chasser hors de France au risque d’une guerre civile comme je l’explique dans cette vidéo :

    1. Jamais Marine Le Pen n’a dit qu’elle ôterait la nationalité française aux français d’origine maghrébine ! Elle pourra éventuellement ôter la nationalité française à des ressortissants bi-nationaux qui commettraient des délits ou crimes gravissimes. Elle l’a dit et répété,alors,à moins que vous ne soyez un délinquant multirécidiviste ayant commis des actions délictueuses ou criminelles,je ne vois pas ce que vous risquez.

  2. Trump s’est montré diabolique pendant sa campagne et maintenant élu, il modère ses propos. Une stratégie contraire à celle de la perfide Marine qui joue la carte de la dédiabolisation, la gentille brebis inoffensive, mais qui, une fois au pouvoir, ôtera le masque pour dévoiler son véritable visage de louve assoiffée de sang, la gueule grande ouverte, prête à dévorer (notamment les Français d’origine immigrée).

    1. Bouclier arabe , votre vidéo est grotesque.
      D’abord les maghrébins ne sont pas arabes , il serait temps de faire montre d’un peu d’instruction.
      Du reste , le commentaire écrit au cours de la vidéo est un sophisme et se retourne contre vous : en effet , si ce sont les moins diplômés qui votent fn , donc cela signifie que les habitants des cités  » sensibles » , dont le 9.3 par ex , votent majoritairement fn….car toutes les études prouvent que ce sont dans ces endroits qu’on trouve le plus d’échecs scolaires . Tous des Fnistes , à la Grande Borne et aux Tarterêts , donc !
      Et encore , comme les moins diplômés sont souvent pauvres , vous crachez donc sur les pauvres , vous les méprisez, , pour vous ce ne sont donc même pas ses hommes , des bêtes , des animaux à la rigueur …..même mentalité que les plus pourris des grands patrons des années 1830 , et ensuite vous vous étonnerez de la haine à votre égard que vos propos suscitent. Au fait , quels sont vos revenus , que je puisse comparer avec les miens et me moquer . Je connais des diplômés bac plus plus plus…qui ne gagnent même pas 2000 euros par mois ou qui sont caissiers à Auchan , vous n’avez pas encore compris que les diplômes ne servent plus à rien . franchement , à notre époque , vaut mieux , pour s’enrichir , un bon CAP dans un bon créneau !enfin , il y aura toujours des neuneus pour croire la propagande de l’Etat qui fait croire que le salut repose dans les longues études , comme s’il fallait des millions de scientifiques ,de physiciens , d’astronomes, d’historiens , d’ingénieurs , d’archéologues , d’économistes ,de procureurs , etc…. la vérité est que l’Etat souhaite que vous fassiez de longues études car pendant ce temps là vous n’entrez pas dans les statistiques du chômage , c’est tout ; il se fiche pas mal que votre filière soit bouchée et que vous retrouviez simple secrétaire médical ou vendeur à Auchan!
      Vous voulez un espoir de vous en sortir ? Faites comme moi , créez votre boîte , et le mec qui se croit super malin parce que diplômé sera votre employé , votre larbin ! Du vécu !


  3. Bien sûr, ce vent de panique s’explique facilement compte-tenu des bouleversements que le nouveau venu provoque : Trump voulant renoncer à certains traités internationaux, cela explique les réactions outrancières de tant de journalistes et de politiciens qui, pourtant, voudraient bien qu’on renonce à certains traités internationaux. Trump étant isolationniste, tous nos journalistes, régulièrement épris d’anti-américanisme, tremblent de peur à l’idée que l’Amérique s’isole et qu’il n’y aura peut-être plus de bombardements au Moyen-Orient, ou quelque chose comme ça…

    cohérence..en effet..

  4. Oui, il y a tout de même une crainte que cette élection fait poindre : Les sondeurs et média avaient sous-estimé le mécontentement (et la base électorale de Trump). Comme dans le cas du Brexit d’ailleurs, Clinton était donnée gagnante dans tous les sondages…. à cause de biais qu’on pourrait retrouver dans le cas Le Pen (peur de s’afficher ouvertement pour une personnalité si clivante).
    🛏🛏🛏les personnalités et parcours sont effectivement très différents, mais le thermomètre est cassé. Question : l’est-il autant dans notre pays?

    1. c’est le problème des sondeurs…et de ceux qui croient que c’est « scientifique »; on a aucun moyen, jusqu’à plus ample informé, de savoir si ce que les gens déclarent est la vérité… alors sauf à supposer qu’ils mentent autant qu’ils ont menti à la dernière élections…vous ne pouvez pas connaitre le résultat des élection avant…et avec quel incertitude…

  5. Analyse clairvoyante comme d’habitude.
    Une prise de position qui tranche avec celles des élites jacassantes obsédées du FN:
    https://www.fillon2017.fr/2016/11/13/interview-au-jdd/

  6. 1. Si Marine Le Pen se retrouve en face d’un candidat de gauche un peu clivant genre notre cher président, y a de très grandes chances qu’elle devienne présidente. Cela dit, le FN étant un parti très peu implanté localement, elle n’aura jamais de majorité. On se retrouverait donc d’emblée avec une cohabitation, ce qui limiterait pas mal les mouvements de notre nouvelle chère présidente.

    2. Le programme économique du FN et celui de Trump partagent plus de similarités que vous ne le dites. Le FN prévoit aussi certaines baisses d’impôts et de taxes, ou la réduction des « frais de fonctionnement » de l’État, avec à côté des augmentations de certaines taxes ou des nouvelles formes d’allocations. Je crois qu’on retrouve un peu ce même mélange de mesures économiques libérales et antilibérales, ce qui rend le programme économique du FN si incompréhensible ou difficile à critiquer pour pas mal d’observateurs ou d’adversaires politiques.

    1. yep
      votre 1. est essentiel. Personnellement, aussi détestable soit-elle, la cohabitation inévitable fait d’elle mon choix contre tous les autres candidats à une exception près (Fillon, pas enthousiasmant, mais de loin le moins anti-libéral du paquet).

      1. Fillon sera toujours mieux que Rama Yade le choix du parti libéral : elle a dû exploser en plein vol car on n’entend plus parler !

  7. Et si vous faites l’effort de vous renseigner ,de lire toutes les études sur ce sujet, vous saurez que c’est dans les proches descendants des populations d’origine immigrée que l’on trouve le plus d’échecs scolaires et de bas niveau d’instruction , donc d’après vous ils votent Fn . Les habitants des tours des cités sensibles seront ravis d’apprendre qu’ils sont d’extrême droite ! Ben oui , Blouclier arabe , d’après vous ce sont les moins diplômés ( dont rien ne dit que vous n’en faites pas partie ) qui votent Le Pen !

  8. Bouclier , indiquez vos sources prouvant que Le Pen a déclaré qu’elle désirait ôter la nationalité française au français d’origine maghrébine ( sans rien retrancher ni ajouter à ses propos ) , sinon veuillez faire votre propagande autre part . Sur Contrepoint nous pouvons échanger , parfois vertement , avec nos contradicteurs , mais nous n’aimons pas les menteurs !

  9. Le plus beau est que les sondages se plantent magistralement A CAUSE DU PARTI PRIS DES MEDIAS. Je m’explique, habitant aux USA, la plupart de mes amis et collègues qui ont voté pour Trump, lassés de se faire pointer du doigt en raison de la chasse au sorcières initiée par les médias qui les taxent de racistes, bigots et sexistes, ont décidé de ne pas exprimer tout haut leurs opinions (la plupart votaient plus pour le parti Républicain et contre Clinton et les Démocrates que pour Trump) et de ne l’exprimer que dans leur vote. La plupart des sondés ayant bien entendu fait de même, on en arrive a la « grosse surprise » du 8 Novembre. Je suis certain que les électeurs du Brexit, lassés d’être diabolisée par la bonne gôche du Camp du Bien a juste fait la même chose. Moralité le parti pris des medias qui ont renoncé à nous informer pour mieux nous endoctriner « à ce qui est bon pour nous » a précisément contribué à fausser les sondages…

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